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Un bureau pour 5€ l’heure ou 50€ le mois, cela existe !

 

Par Olivier Martocq

Même abimé, un terrain urbain peut se transformer en potager ! 1

Cet article s’inscrit dans l’opération la France des Solutions. Du 8 au 14 octobre retrouvez des solutions dans vos médias

 

Pour un startuper, un consultant ou un auto-entrepreneur, la tentation est grande de travailler à domicile. Avec, comme corolaire, des tentations multiples qui déconcentrent, mais surtout l’isolement. Ma femme ayant installé son bureau à la maison depuis 20 ans en raison du coût zéro de cette formule, j’ai cherché à savoir si une autre solution était possible, sans plomber son budget.

 

Sur la question, même l’Etat évolue, puisqu’il reconnaît enfin le coworking et programme 110 millions d’euros d’investissements dans son budget 2019 pour booster les lieux partagés en France. La fondation Travailler Autrement a recensé trois fois plus de tiers lieux dans l’hexagone que ceux officiellement référencés par Bercy – environ 1 800, dont plus de 70 à Marseille. Dans son rapport, la fondation met l’accent sur ces espaces qui permettent les rencontres informelles et favorisent la créativité issue des interactions sociales, notamment à travers l’ouverture, la flexibilité, la convivialité et l’accessibilité. Ouverts, hybrides, numériques, les tiers lieux sont une porte d’entrée dans le monde du « co » – coopération, collaboration, co-construction pour tous ceux qui souhaitent créer du lien social et économique dans les territoires : de l’artisan au designer, du salarié au travailleur indépendant. Les structures concernées sont éclectiques, depuis le bureau collectif, aux cafés, bibliothèques, espaces culturels, ateliers de fabrication, salles de conférence ou de réunion partagés. « Les tiers lieux de demain, conclut le rapport, auront leur spécificité, leur fonctionnement, leur mode de financement propres. Ils favoriseront la créativité, l’initiative et le partage, et de plus en plus l’activité économique ». Difficile de faire plus positif même si le jargon administratif employé apparaît encore un tantinet abscons ! Reste un écueil : à ce stade, faute de label ou de définition claire, la notion de bureaux partagés signifie tout et n’importe quoi. Starbucks et Mac Do estiment ainsi que le wifi transforme leur salle en open space branchés…

Un nouveau concept : I LOV’it

L’immeuble sur lequel est apposé cette enseigne n’est pas un sexshop, mais un centre de coworking global et modulable, agrémenté d’une gamme complète de services. L’auto-entrepreneur au budget serré, le patron d’une PME en forte croissance et même la multinationale implantant une filiale peuvent y trouver un, ou des espaces répondant à leurs besoins. L’histoire retiendra que le nom de cette marque, qui entend essaimer un peu partout en France et en Europe le modèle testé à Marseille depuis un an, est directement liée à son fondateur Guillaume Pellegrin. A 35 ans, le patron du fonds Tivoli Capital, un diplômé d’HEC, est tout simplement adepte du verlan et ne s’embarrasse pas de communicants hors de prix : « Tivoli = Ilovit ». Pour lui l’essentiel réside dans le concept, le produit, et le marketing qui les accompagne. Le concept est né de sa propre expérience d’entrepreneur. Quand il s’est lancé avec ses 7 premiers salariés, la seule solution qui lui a été proposée était un bail de 3 ans assorti de ses classiques contraintes financières et administratives. « Toute l’économie est touchée par la révolution des usages, alors que l’immobilier est le symbole de la possession« . Fort de ce constat, et d’un budget de 15 millions d’euros, le manager investit les cinq étages d’un vieil immeuble haussmannien stratégiquement placé dans le quartier Euroméditerranée, avec la gare Saint-Charles à une station de métro, le tramway et l’autoroute à portée immédiate. Difficile de faire beaucoup mieux côté desserte. Guillaume Pellegrin soigne ensuite l’architecture intérieure pour créer une ambiance à la fois studieuse et chaleureuse. Le made in France est mis en avant pour le mobilier et la moquette, jusqu’aux tables, « fabriquées à L’Estaque « , précise l’entrepreneur à chaque journaliste visiteur. Rien n’a été laissé au hasard !  Une attachée de presse réputée entretient le lien avec une corporation qui permet le meilleur rapport qualité prix en terme de communication, puisqu’en plus d’être gratuits, les articles crédibilisent la démarche en plus de faire connaître le lieu.

Logique hôtelière

La presse est d’autant plus intéressée que l’approche de Pellegrin est novatrice et disruptive. L’entrepreneur est parti des besoins d’un large spectre de clients potentiels et a conçu son projet autour de la notion de service et non d’un prix de location au m². Objectif : pouvoir afficher un coût inférieur de 30 % pour l’utilisateur avec en sus toute une palette de services à forte valeur ajouté. Ainsi, en moins de 24 heures, le « résident » dispose d’une adresse professionnelle et d’un bureau partagé ou privatif. Surtout, il ne s’engage pas dans le temps, peut partir et revenir selon ses besoins. « Une bonne formule lorsque l’activité évolue rapidement, à la hausse comme à la baisse ». Autre atout, la gestion du lieu est totalement prise en charge – ménage, ouverture et fermeture des bureaux, coin cuisine accessible – « ce qui permet de se concentrer sur l’essentiel, le travail ! » Le bien-être et la qualité de vie passent par des univers lumineux et spacieux, qui offrent un vrai confort acoustique. L’équipement des espaces et l’ergonomie du mobilier ont été étudiés par une équipe d’architectes et de spécialistes. « Nous proposons aussi plusieurs services favorisant l’équilibre entre la vie pro et perso (conciergerie, ostéopathie, manucure, tapis de course connectés, salle de détente…). Des rencontres – petit-déjeuner, pique-nique, apéro… – sont aussi organisées. Les résidents peuvent y participer s’ils le souhaitent ». Chez I LOV’it, rien n’est imposé, tout est suggéré, et ça marche ! Marseille est passé de 750 à 2 200 m² – bientôt 3 600 – avec 56 bureaux privés d’une à huit personnes et 300 places de coworking en open space. Une nouvelle offre, I LOV’Ma Suite Office, propose des espaces de 50 m² en moyenne, personnalisables aux couleurs de l’entreprise, pouvant accueillir des PME de 8 à 25 personnes. D’ici 2020, le concept sera décliné dans d’autres métropoles : Lille, Toulouse, Lyon ou Bordeaux. « Nous souhaitons attirer les start-ups qui se développent mais aussi les entreprises parisiennes qui, souhaitant ouvrir une succursale en région, testent leur marché avant d’investir dans l’immobilier ».

Un tarif fonction des services

Difficile de faire moins cher puisque le premier tarif via un carnet de 10 heures qui ne se périme pas est de 5€ l’heure (avec accès illimité à la machine à café). Pour un bureau privatif basique compter 300€ par mois, le double pour un deux à trois postes de travail. Les salles de réunions ou de visioconférences parfaitement équipées se louent entre 10 et 30€ l’heure. Bref il y en a pour tous les portefeuilles. A 50€ par mois, on peut même louer une boite aux lettres avec réexpédition du courrier, ce qui permet aux irréductibles du travail at home d’avoir une adresse professionnelle indépendante. Ce que j’ai finalement conseillé à ma femme, en lui offrant « pour tester » un carnet de tickets ! Qui ne tente rien… @

 

Bonus

  • A Aubagne, un nouvel espace de coworking a été inauguré le mois dernier. Porté conjointement par La Varappe et Cosens, aménagé dans des containers maritimes recyclés, il offre un espace de 30 places en télétravail ainsi que des salles de réunion. Mais aussi la possibilité d’intégrer une couveuse du bassin d’Aubagne.
  • D’autres adresses à Marseille, dans les 1er et 6e arrondissements surtout : Group’Union (150m² avec open-space, 4 bureaux résidents, 2 salons privés et un studio photo. De 24€ pour le pass 1 journée à 260€/mois) ; La Ruche  (400m², micro-crèche, salle de conférence, salles de réunions, bureaux semi fermés. Formule basée sur le temps d’occupation de 80€ à 250€/mois) ; Smack coworking (200 m² sur 3 étages, du bureau flexible en open-space à partir de 4€/heure, au poste fixe en open-space pour 300€/mois au bureau fermé 700€/mois) ; Le Bureau (8 postes de travail, accès illimité à 240€/mois salle de réunion comprise) ; La Fabulerie, café-working (140€/mois) ; Make it Marseille (coworking, fablab et ateliers. Résidents 250€ par mois possibilité de location à la demie journée, la journée etc…via un carnet de tickets) ; ou encore Le Studio Workspace (de 10€ la demie journée à 150€/mois).