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Les urgences sont devenues un service de consultations non programmées

 
Photo Ap-hm

Par Hervé Vaudoit, journaliste

En mars dernier, le journaliste Jean-Marie Godard publiait « Bienvenue aux Urgences » (aux Éditions Fayard), qui décrit par le menu l’enfer que vivent au quotidien les professionnels de santé dans les services d’urgences. Un travail qui trouve aujourd’hui une résonance particulière, avec la énième crise des urgences hospitalières en France et la grève – certes symbolique – menée par un nombre croissant de services submergés par l’afflux de patients et étranglés par le manque de moyens. Est-ce une fatalité dont on ne sortira plus ou existe-t-il des solutions durables à un problème que les politiques de tous bords ont mis 40 ans à ne pas résoudre ? Jean-Marie Godard est convaincu que ces solutions existent. Les appliquer est avant tout question de volonté. Et de moyens.

 

Comment expliquer qu’un problème sanitaire récurrent aussi crucial que celui des urgences n’ait toujours pas été résolu, malgré les audits, les rapports et les crises successives ?

Les urgences sont devenues un service de consultations non programméesLa première chose à souligner, c’est que nos décideurs se plantent depuis le début sur la question. Et quand je dis depuis le début, on peut effectivement remonter à une trentaine voire une quarantaine d’années, c’est-à-dire au moment de la création des services d’urgence hospitalier. À l’époque, il s’agissait de répondre à un problème de sécurité routière. Le SAMU et les pompiers allaient chercher les personnes accidentées sur les routes et les ramenaient vers les services hospitaliers spécialisés. Puis l’idée à commencé à germer d’un accueil global à l’entrée de l’hôpital ; les urgences sont alors devenues la principale source d’admission à l’hôpital, un « service porte » comme on le disait à l’époque, dans les années 1980. C’était l’endroit où on triait les malades pour les diriger vers le bon service. L’activité des urgences a ainsi augmenté de façon régulière, année après année, mais pas les moyens qui leur étaient affectés, qui ont même eu tendance à baisser au nom des économies budgétaires et de la lutte contre le déficit de l’assurance maladie.

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