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[Série] Les souvenirs de voyage ont-ils une âme ?#1

Par Marie Le Marois

Journaliste

Ils paraissent neutres et anodins. Pourtant, les souvenirs de voyage – masque indonésien, perroquet guyanais, moulin à prière népalais, cassettes de zook love des Antilles, statuettes du Zimbabwe… – cachent une signification particulière. Même lorsqu’ils n’ont aucune valeur intrinsèque.           

Impossible de revenir d’un périple les mains vides. Même pour un voyageur chevronné. L’objet est là, sur l’étal du marchand, à nous narguer. Et nous voilà en train d’acheter une babiole (épice, huile d’olive, encens), un objet typique (plat à tajine, masque, maracas) ou mieux encore, la trouvaille. Celle qui nous fait jubiler le plus, qui nous paraît unique. Tellement unique qu’on débourse (presque) sans réfléchir, avec une excitation inhabituelle. Ce fut mon cas lors d’un voyage en Namibie. Je me suis retrouvée dans un village paumé, huttes, habits traditionnels et tutti quanti. Des femmes assises par terre vendaient leur artisanat. J’étais comme une gamine, charmée par l’histoire, les huttes, l’authenticité du lieu. Je ne pouvais pas ne rien acheter. J’ai craqué pour des bracelets, des petits animaux en bois et surtout un collier en écrous dont j’ai à peine regardé le prix : son achat ne contribuait-il pas à faire vivre le village ?

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