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[Bénévoles] Julie a accueilli un enfant privé de vacances

Par Rémi Baldy

Journaliste

Cette année, Julie Simoes a sauté le pas avec le Secours Populaire et s’est portée volontaire pour accueillir quelques jours en juillet Djibril, 10 ans. Originaire de la banlieue parisienne, le jeune garçon n’a pas la chance de pouvoir passer des vacances au bord de la mer. Un enfant sur trois ne part pas l’été.

 

Les mois d’été, la gare saint-Charles sent bon les vacances. Dans la halle Honnorat, les locaux au teint halé et les voyageurs avec des valises au bout des bras se pressent sous les tableaux d’affichage. En ce lundi 15 juillet, c’est un comité d’accueil un peu particulier qui attend un TGV en provenance de Paris. Sur le quai, Julie Simoes, 22 ans, guette les passagers qui descendent des rames. Elle attend Djibril, un petit garçon de 10 ans qui vit à Épinay-sur-Seine, en banlieue parisienne, et n’a pas la chance de partir en vacances avec sa famille. Une situation qui touche un enfant sur trois selon le Secours populaire qui, pour y remédier, invite des bénévoles à les accueillir pendant plusieurs jours.

Julie fait partie de la dizaine de personnes présentes ce jour-là, elle qualifie tout simplement son initiative de « naturelle ». Pour la jeune femme originaire d’Istres, il s’agit d’une première. « J’avais entendu parler de cette démarche à la radio, je me suis dit que c’était l’occasion d’aider quelqu’un, j’en ai parlé à mon mari qui a tout de suite été d’accord », raconte-t-elle.

« Tout sauf un garçon de 10 ans »

Il a ensuite fallu convaincre le Secours populaire. Des membres de l’association sont venus chez Julie pour voir les conditions dans lesquelles serait accueilli l’enfant. La jeune istréenne a ensuite constitué un dossier pour indiquer si elle préférait une fille, un garçon et plutôt de quel âge. « Nous avons su quel enfant nous allions accueillir quatre jours avant son arrivée, d’habitude je crois que c’est plus tôt », glisse-t-elle. De quoi occasionner un premier petit stress car Julie souhaitait absolument… une fille. « Je voulais tout sauf un garçon de 8 ou 10 ans, pour moi c’est vraiment le plus insupportable. C’est peut-être parce que mes cousins me faisaient des misères quand j’étais petite », rigole-t-elle aujourd’hui. Car après 15 jours passés avec Djibril, toutes les craintes se sont envolées. « Cela a été deux très belles semaines, c’est un garçon exceptionnel », s’enthousiasme-t-elle.

Pendant ces deux semaines, Julie, son mari et Djibril ont pu bien sûr se baigner dans la mer, mais se sont aussi rendus au Parc Spirou de Monteux et dans les gorges du Verdon. « Ce qu’il a préféré, selon Julie. Mais globalement, il aimait les choses assez simples comme jouer au foot, ce qui est un bon point car je craignais de devoir faire beaucoup d’activités payantes ». Des moments durant lesquels s’est créée une vraie complicité. « Je ne pensais pas que cela se passerait aussi bien et qu’il s’intégrerait aussi vite dans la famille », reconnaît Julie.

Un apport personnel

Le faible écart d’âge entre elle, son mari, âgé de 25 ans, et Djibril a facilité les relations. « Nous étions un peu comme une grande sœur et un grand frère, j’ai vu que nous étions plus complices que d’autres bénévoles avec leurs enfants lorsque nous l’avons ramené prendre son train de retour », raconte-t-elle. Les bénévoles étant généralement plus âgés, souvent retraités. « On a envie d’aider les enfants, ce n’est pas parce qu’on est jeune que l’on n’y pense pas », répond Julie.

Au-delà de cette rencontre, Julie confie que cette expérience « lui a enlevé des craintes pour sa vie personnelle ». Et pas seulement sur sa phobie des petits garçons de 10 ans. « Nous aimerions adopter avec mon mari, cette expérience peut nous aider dans notre choix ». Elle espère en tout cas pourvoir accueillir de nouveau Djibril l’été prochain. « Nous allons renouveler l’initiative et si nous pouvons l’avoir, lui, cela serait parfait ». ♦

 

Bonus

  • Si devenir famille de vacances bénévole vous tente, vous trouverez toutes les informations utiles ici, sur le site du Secours Populaire.
  • « Un enfant qui n’est pas parti le 15 août ne partira pas » : pour réparer cette injustice, le Secours populaire organise depuis 1979 des Journées des oubliés des vacances, les JOV. Dans les Bouches-du-Rhône, ce sera le 24 août à Martigues. Bénévoles bienvenus !