Fermer

HighCo aide les jeunes entrepreneurs à se lancer

Par Hervé Vaudoit

Journaliste

Les lauréats entourés de l'équipe du Prix.

Success story provençale souvent citée en exemple, le groupe aixois a créé en 2018 un fonds pour aider les jeunes à monter leur business. Une façon de rendre hommage à Frédéric Chevalier, le fondateur d’HighCo trop tôt disparu. L’édition 2019 vient de livrer son verdict.

 

Avant toute chose, un peu d’histoire : en 1990, Frédéric Chevalier fondait High Co, une petite société de services aux distributeurs. Il avait alors 26 ans.

Presque 30 ans plus tard, le groupe aixois est devenu une référence en data marketing et communication pour les marques et la distribution. Il emploie actuellement 750 collaborateurs, pour un chiffre d’affaires de 174 millions d’euros et figure parmi les « success stories » de l’économie provençale les plus souvent citées en exemple dans la région. En grande partie du fait de la personnalité de Frédéric Chevalier, tragiquement disparu dans un accident de moto en juillet 2017, à quelques encablures de ce qui était à l’époque son dernier pari : The Camp, la fabrique à idées dont il préparait la mise sur orbite. Esprit visionnaire, éternel optimiste et leader énergique, il incarnait à merveille ce subtil mélange d’intelligence, d’audace et de séduction qu’il convient de posséder pour espérer réussir dans le business.

C’est d’abord pour lui rendre hommage et poursuivre son œuvre dans le même état d’esprit que ses successeurs ont créé, en 2018, le « Fonds HighCo pour entreprendre », histoire d’aider les jeunes entrepreneurs à concrétiser leurs projets digitaux, à l’image de ceux qui ont cru en Frédéric Chevalier il y a trente ans en lui mettant le pied à l’étrier. À l’époque, pas grand monde, en France, ne se souciait de donner aux jeunes le goût d’entreprendre. « La France fait partie des pays d’Europe les plus touchés par le chômage », rappelle Didier Chabassieu, président du directoire du groupe HighCo, observant que les pays qui s’en sortent le mieux sont souvent « ceux qui ont fait la démarche d’encourager les jeunes à entreprendre il y a plusieurs décennies. » Mais il n’est jamais trop tard pour bien faire.

Permettre à un(e) jeune entrepreneur(e) installé sur le territoire de la métropole Aix-Marseille-Provence de démarrer et de consolider son projet dans le temps, c’est bien l’objet du « Prix Frédéric Chevalier », décerné pour la première fois en 2018. Reconduit cette année, il s’est enrichi d’une seconde récompense, le prix « Coup de Cœur », qui donne accès aux mêmes types d’avantages que le prix Chevalier. À savoir une dotation d’une valeur de 11 000 euros, avec une semaine en immersion à The Camp, un accompagnement sur la durée par des professionnels du groupe HighCo dans tous les domaines (digital, communication, financier, marketing, juridique…), une aide financière pour le développement du projet lauréat (plus importante pour le Prix Chevalier) et un accès d’un an aux ressources de Pépite PACA ouest, le pôle universitaire d’Aix-Marseille Université dédié à l’entrepreneuriat étudiant.

Pour ratisser large, Céline Dargent, la présidente du « Fonds HighCo pour entreprendre », s’est rapprochée d’associations œuvrant dans ce domaine comme « Positive Planet », « La Ruche » ou « Entreprendre pour apprendre ». Une fois les dossiers des candidats déposés, ce sont les collaborateurs d’HighCo qui ont été invités à voter pour sélectionner les dix finalistes, puis les départager.

BeEthic et Shelt-In, deux jeunes pousses à suivre       

HighCo aide les jeunes entrepreneurs à se lancer 1
Les lauréats Alexis Bougy et Julie Boisnard

Au terme du processus, c’est la société BeEthic, fondée par Julie Boisnard et Alexis Bougy, qui décroche le Prix Frédéric Chevalier. Il s’agit d’une application téléchargeable sur tablette ou smartphone, qui permet au consommateur d’obtenir d’un simple scan des informations d’ordre éthique et moral sur le produit convoité : a-t-il fait l’objet de test sur des animaux, est-il bio, contient-il des substances d’origine animale, a-t-il été fabriqué par des enfants ?… autant de questions auxquelles on ne trouvait jusque là aucune réponse fiable. Avec cette récompense, les deux associés sont convaincus de pouvoir faire connaître leur appli plus facilement et d’éviter les pièges qui se dressent généralement sur la route des jeunes entrepreneurs débutants, grâce aux conseils et au tutorat des experts d’High Co.

Le Prix Coup de Cœur revient quant à lui à Shelt-In, une entreprise créée par Lucas Le Ray et six étudiants ingénieurs en informatique actuellement en fin de cursus chez Epitech, à Marseille. Ensemble, ils ont imaginé un équipement « pour sauver la vie des gens qui risquent la leur en essayant de sauver les autres », explique Lucas. En clair, les pompiers. L’idée, c’est de les équiper d’une ceinture bourrée de capteurs et nourrie à l’intelligence artificielle pour mesurer sur chaque sauveteur le rythme cardiaque, la température corporelle, la température extérieure, la composition de l’air ambiant…  Transmises en temps réel au poste de commandement, ces données permettent au chef des opérations de détecter plus rapidement les situations à risques et d’anticiper les accidents. Le produit est actuellement en test chez les pompiers des Alpes-Maritimes. Ses créateurs espèrent en lancer la fabrication industrielle en 2020.

La valeur n’attend pas…

HighCo aide les jeunes entrepreneurs à se lancer 2
Yon et Emma

Dans l’esprit d’une majorité de gens, créer une entreprise réclame des compétences et un aplomb que l’on acquiert à l’âge adulte. Sauf pour les membres de « Entreprendre pour apprendre », l’une des trois associations impliquées dans la promotion de l’entrepreneuriat des jeunes que le « Fonds HighCo pour entreprendre » a décidé de soutenir. Sa particularité : accompagner les graines d’entrepreneurs de 8 à 25 ans qui ont une idée de business et suffisamment d’énergie pour la développer. À l’occasion de la remise des récompenses du 2e Prix Frédéric Chevalier, deux élèves de 4e scolarisés au collège du Rocher-du-Dragon, à Aix, sont venus raconter leur aventure. Yon et Emma, 14 ans tous les deux, ont ainsi développé Ricolo, un jeu de société sur plateau qui met à l’épreuve les connaissances des joueurs sur le développement durable et la responsable gestion des déchets. Fabriqué à partir de calendriers en carton recyclés, le jeu contient des pions en plastique composé essentiellement d’amidon de maïs, donc biodégradable. Encadré par deux enseignants, ils ont imaginé leur jeu, puis sont allés vendre des coupons à 4 euros pour financer son développement et la réalisation d’un premier prototype. Une fois cette étape franchie, ils ont lancé la pré-commercialisation de Ricolo et ont déjà signé une douzaine de bons de commande. « Ils osent, ils vont vers les gens et arrivent à les convaincre », se félicite leur parrain, Rosario Bucaro, ancien patron d’hypermarché, qui avoue les « pousser à dépasser leurs limites », pour la réalisation de l’étude de marché et la vente de coupons de financement. Vendu 16 euros, le jeu devrait atteindre une trentaine de ventes d’ici la fin de l’année. Au total, neuf élèves de 4e du Rocher-du-Dragon sont impliqués dans cette mini-entreprise, aux côtés du Pdg, Yon, et de la directrice « technologie et production », Emma.

L’aventure n’a pas vocation à perdurer – elle prendra fin quoi qu’il arrive quand ses promoteurs entreront au lycée -, mais elle recèle aux yeux d’Arnaud Leroy, l’un des enseignants encadrants, deux vertus très précieuses : « démontrer aux enfants qu’on peut apprendre en faisant » et, surtout, « développer le plus tôt possible les valeurs de responsabilité, de respect et de partage » indispensables à tout futur chef d’entreprise.

 

À quoi peut ressembler une start-up sociale ? 5

* — RushOnGame, parrain de la rubrique « Économie », vous offre la lecture de l’article dans son intégralité —

 

 

Bonus I Réservé aux abonnés I

La lecture des articles est réservée aux abonnés.

Déja membre ? Vous connecter

S'abonner pour lire la suite