Fermer

Yohanne Lamoulère à l’honneur du festival Photo Marseille 

Par Marie Le Marois

Journaliste

[Au fait !] Invitée d’honneur de la 9e édition du festival Photo Marseille, Yohanne Lamoulère présente son exposition « Manger tes yeux – Ici ment la ville ». Un travail inédit de 45 photos où les corps semblent mentir tout autant que les paysages.

Après son livre « Faux bourgs » et l’effondrement des immeubles de la rue d’Aubagne, Yohanne Lamoulère, artiste associée du ZEF, s’est interrogée sur la valeur de l’acte photographique. Au point de cesser de photographier Marseille pendant trois mois. La carte blanche proposée par le festival Photo Marseille et le compagnonnage avec le ZEF ont été l’impulsion pour qu’elle reprenne son appareil argentique Rolleiflex.

« Manger tes yeux – Ici ment la ville » est sans doute son expo la plus autobiographique. « C’est un mélange de photos prises à Marseille et sur les lieux de mon enfance, dans le Gard et en Camargue. Un mélange de nouvelles rencontres, de jeunes déjà photographiés et de membres de ma famille. L’expo parle du mensonge, du mien propre, de celui de la ville – dans quelle mesure est-elle une ville ou un décor – ? Mais aussi le mensonge des corps. On ne sait jamais si les portraits sont réels ou fictionnels, filles ou garçons, enfants ou adultes ».

Par rapport à ses corpus précédents, elle a gardé l’obsession de la photo de jeunesse, avec beaucoup d’ados mais aussi, pour la première fois, des enfants. Il y a également une image des gravats de la rue d’Aubagne et une séquence en prison prise lors de ses ateliers aux Baumettes et au Pontet où ils ont parlé, entre autres, de sexualité. « Par rapport à ‘’Gyptis & Protis’’, ma précédente expo, axée sur la rencontre amoureuse, cette nouvelle série s’inscrit davantage dans la chair. Ma dernière photo est d’ailleurs un portrait de mon premier amour ».

Des projets ? « J’ai 39 ans, j’ai envie de faire moins de photos, voire pas du tout, pendant une année. De retourner voir les jeunes photographiés cette dernière décennie et de raconter avec eux des histoires ». ♦

 

Bonus

 

  • Yohanne Lamoulère – artiste de la Bande du ZEF – invite le photographe belge Vincen Beeckman à rejoindre les murs du ZEF-Le Merlan pour une expo évolutive ponctuée tout au long de l’année de moments publics autour de la photographie. Pour cette première expo, venez découvrir des séries réalisées dans son plat pays pendant plusieurs années : une famille wallonne qu’il suit depuis 2014, un couple de sans-abris, Claude et Lilly, rencontré près de la Gare de Bruxelles, un centre psychiatrique mais aussi Carlos, un acteur du film.

 

  • Lire ou relire notre article du 15 mars 2019 ici 

Yohanne Lamoulère, photographe instinctive et indignée