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Mesure de la qualité de l’air à la sortie des pots d’échappement !

Par Olivier Martocq

Journaliste

[Au fait !] À partir de ce lundi, Atmosud expérimente à Marseille un radar éducatif qui indique aux automobilistes le niveau de pollution produit par leurs voitures.

Placé boulevard de Dunkerque dans le 2e arrondissement, entre la place de la Joliette et la bretelle qui conduit à l’autoroute du Littoral, ce radar-test a plusieurs objectifs. Il va permettre de recueillir durant une semaine des informations à fine échelle sur la pollution générée par les différents types de véhicules en conditions réelles de circulation. Et ces mesures, y compris pour les voitures les plus récentes, vont illustrer ce que l’on sait déjà : les normes constructeurs établies en laboratoire ne reflètent pas la réalité du terrain. La pollution dépend surtout de facteurs extérieurs aux paramètres du moteur comme la façon de conduire, de freiner, d’accélérer. L’état de la circulation entre aussi en ligne de compte. On pollue plus à « touche-touche » que quand on roule sans contraintes.

La réalité du parc automobile marseillais

Plus intéressante sera l’analyse réelle du parc automobile marseillais. Lors de la mise en place de la circulation différenciée en juin pour cause de fort pic de pollution, la Préfecture s’est rendue compte que moins de 10% des voitures et deux roues portaient la vignette Crit Air. Mais elle a surtout été incapable d’avancer la moindre statistique sur l’ancienneté des véhicules en circulation. Dans Marseille, ville pauvre, roulent des diesels qui dépassent les 20 ans et sont donc particulièrement polluants. Or on ne dispose d’aucun chiffre. En extrapolant les résultats de cette étude, on pourra avoir une idée approximative de la répartition des véhicules dans les différentes catégories Crit Air.

Une sensibilisation directe des automobilistes

L’autre volet de cette campagne a pour objectif d’informer, et donc sensibiliser l’automobiliste à la pollution réelle qu’il génère. Un panneau pédagogique comparable à ceux qui existent pour les limitations de vitesse va permettre aux conducteurs de savoir en un coup d’œil, via un affichage en temps réel, le niveau d’émissions polluantes du véhicule. Au-delà, ces données permettront de connaître précisément, sur la zone étudiée, la réalité des émissions qui émanent du trafic routier et d’affiner ainsi la répartition entre les différents vecteurs de pollution atmosphérique que sont le chauffage, les ferries mais aussi les fumées venues des raffineries de Fos.

Un process testé à Lille

C’est sur Rincent Air – société dédiée à la mise en œuvre de campagnes de mesures liées à la qualité de l’air – qu’AtmoSud va s’appuyer pour cette campagne. Rincent Air utilise la technologie RSD (Remote Sensing Detection) comme système de télédétection. Ce dispositif permet de mesurer les émissions des véhicules légers en conditions réelles de circulation avec la mesure des émissions polluantes directement prise à l’échappement via un système complexe de radar et de capteurs. ♦

Lisez ou relisez l’article que Marcelle avait consacré au sujet en avril dernier.

[Série] Pollution de l’air #1 : Marseille sur le point d’adopter Crit’Air