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Des enfants engagés pour leur monde

Par Agathe Perrier, le 9 janvier 2020

Journaliste

Ils ont de 7 à 18 ans et vivent aux quatre coins de la planète. Si rien ne semble les lier au premier abord, ils ont pourtant un point commun : l’envie de faire bouger les choses. De la lutte contre les déchets au refus des mariages forcés, de l’aide aux SDF à la défense des droits des enfants, ils se battent pour défendre leurs convictions. Un film et un livre, « Demain est à nous », mettent en lumière leurs combats.

 

Des enfants engagés pour leur monde
Bernard Pascuito, auteur du livre « Demain est à nous » © AP

C’est Bernard Pascuito, écrivain et ancien journaliste (au JDD, à France Dimanche…) résidant à Aix-en-Provence, qui a pris sa plume pour écrire Demain est à nous. Un ouvrage tiré du film éponyme réalisé par Gilles de Maistre – à qui l’on doit notamment Mia et le Lion blanc sorti en 2018 – et non l’inverse. « Je me suis passionné pour ces enfants et leurs histoires. Toutes dégagent une fraîcheur incroyable, même si certaines vous toucheront plus que d’autres », souligne-t-il, l’œil pétillant. Je n’ai pas besoin de le pousser pour qu’il se lance dans l’énumération de ces récits qu’il connaît par cœur.

 

Des enfants extraordinaires

Son histoire préférée, c’est celle de Flossie Donnelly, une Irlandaise de 12 ans « mignonne comme tout ». En vacances en Thaïlande avec sa famille, elle est frappée par la pollution de la mer. De retour dans son pays, observant que les côtes irlandaises le sont également, elle commence à organiser des opérations de nettoyage des plages après l’école. Quand elle découvre que des Australiens ont inventé une poubelle des mers capable de collecter les déchets flottants à la surface de l’eau, Flossie lance une campagne de financement participatif dans son village pour en acheter une – car un exemplaire coûte environ 3 000 euros. « Cette histoire est finalement arrivée aux oreilles des inventeurs. Ils ont été touchés par sa démarche et lui en ont envoyé une deuxième ! », raconte Bernard Pascuito.

Il y a aussi la petite Aïssatou, qui se bat contre les mariages forcés en Guinée. « Ils ont beau être interdits par la loi, ils sont quand même pratiqués. Et cette jeune fille s’interpose dans les cortèges, appelle la police pour qu’elle interrompe les mariages. Elle prend des risques avec sa propre vie en agissant ainsi ». L’écrivain est admiratif : « Extraordinaire » est un mot qui revient souvent dans sa bouche lorsqu’il évoque les parcours de ces différents adolescents. Comme Peter, Jocelyn et Kevin dont la Bolivie natale considère comme légal le travail des enfants. Ils y ont créé un syndicat des enfants travailleurs pour limiter leur semaine à 55h. En guise de premier pas. De quoi donner des leçons de vie.

Pas des enfants à la Greta Thunberg

La seule différence entre le film et le livre porte sur le nombre d’histoires racontées. Cinq dans le premier contre treize dans le second. C’est Gilles de Maistre qui les a toutes choisies. « Il a fait un gros travail de tri parce qu’évidemment, il y a plein d’autres exemples dans le monde. Mais certains, bien que leurs actions soient nobles, ne correspondaient pas à la philosophie qu’il souhaitait mettre en avant », explique Bernard Pascuito. Le réalisateur a écarté les « enfants stars » pour ne mettre en lumière que des jeunes animés par une réelle envie de faire bouger les choses. Et surtout désintéressés par le fait de passer des messages, notamment politiques. Ce qui est le cas des actions de Greta Thunberg, militante suédoise de 17 ans investie dans la lutte contre le réchauffement climatique. « On a l’impression qu’il y a une récupération politique de ses messages et c’est un peu gênant. C’est pourquoi on ne l’évoque quasiment pas », précise l’écrivain.

 

Des enfants engagés pour leur monde 2« Ils ne se disent pas que c’est impossible »

Les enfants ont-ils le pouvoir de changer les choses ? Difficile à dire. Ils ont en tout cas la capacité d’éveiller les consciences sur des sujets qui méritent qu’on s’y attarde. « Je fais partie d’une génération qui fumait avec un enfant dans la voiture, qui jetait son paquet de cigarettes par la fenêtre. Aujourd’hui, ça ne nous vient plus à l’idée de le faire ». Certains comportements ont changé, mais beaucoup reste encore à faire. Bernard Pascuito se veut optimiste : « Personne ne parlait écologie ou réchauffement climatique avant. Au moins maintenant on en parle ». Pour la génération actuelle, parler n’est pas suffisant. Et les enfants de Demain est à nous le montrent. « À la différence des adultes, ils ne se posent pas de questions quand ils veulent faire quelque chose. Ils ne se disent pas que c’est impossible, ils agissent ! » ♦

 

Bonus –

  • Quelques autres exemples évoqués dans le livre et le film : Heena qui se mobilise pour l’éducation et l’émancipation des enfants des rues à New Dehli ; José Adolfo, capable à l’âge de 7 ans de créer une banque coopérative dans son pays le Pérou, pour permettre aux enfants de son quartier de gagner de l’argent en collectant des déchets recyclables ; Arthur, petit Français de Cambrai qui peint des toiles, les vend et utilise l’argent récolté pour aider les SDF ; Robbie, un américain de Hawaï, qui défend la protection des 27 monuments nationaux américains, notamment des parcs, dont Donald Trump veut réduire la liste.

 

  • Le livre Demain est à nous est paru aux éditions Gründ en septembre 2019. Vous pouvez l’acheter en ligne en cliquant ici (tarif : 5 euros). Le film lui est sorti au cinéma le 21 septembre 2019.

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