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Une pièce de théâtre sur les adultes surdoués

Par Nathania Cahen

Journaliste

[Bref] Longtemps, Ema Perey a ignoré qu’elle était « HPI » (haut potentiel intellectuel). Mais elle n’était pas à l’aise dans sa vie. Le diagnostic l’a libérée et a fait d’elle une comédienne engagée. Avec « Ema, itinéraire d’une surdouée », elle met en scène son histoire et invite à mieux accueillir les différences. Sur les planches à Marseille le 13 mars.

Elle avait 41 ans quand un bilan de potentialité a confirmé ce que, au fond, elle soupçonnait depuis longtemps. Mettant ainsi fin à des années de questionnement et de mal-être. « J’avais depuis ma plus tendre enfance le sentiment d’être décalée et dans mon quotidien d’institutrice, je m’ennuyais. C’était un sentiment diffus, difficile à exprimer ». Elle explique comment on met alors en place un « faux self » – un faux soi -, une image adaptée aux attentes de la société. « Et puis mon père, lui aussi HPI, a eu une vie professionnelle chaotique. J’essayais donc de construire quelque chose de plus apaisé ».

Sa nouvelle étiquette incite Ema Perey à larguer les amarres de l’Éducation nationale. Elle fait alors des infidélités au Massif central pour prendre des cours de théâtre (studio Alain de Bock puis Cours Florent) et d’écriture à Paris. Son premier spectacle, écrit et interprété par ses soins, est « Ema, itinéraire d’une surdouée », qui tourne en France depuis 2017. Un « seule en scène » riche en émotions, où le sourire le dispute parfois aux larmes. « J’y restitue mon histoire et exprime ma vision de la société. Je pense notamment que les gens différents, qu’ils soient HPI ou autistes, sont une chance. » Elle en appelle à la liberté cognitive, à la « libération des HPI » dont l’image est souvent négative, alors qu’aucune pathologie ne s’y rattache. Alors que dans des pays comme le Canada et les États-Unis, c’est tout sauf un drame. Surtout quand on sait qu’Albert Einstein ou Marie Curie en présentaient toutes les caractéristiques.

À l’issue de la pièce, un temps d’échange est toujours ménagé, avec le public et autour d’invités sensibilisés au sujet. À Marseille, ce sera Georges-Edouard Legré qui a créé l’association Étoiles des Autismes (relire notre article), et Cyril Delattre, porteur du projet L’école inspire. ♦

 

  • Vendredi 13 mars à 20h au théâtre de l’Œuvre. 1, rue Mission de France. Marseille 1er. Tarif : 26 euros. Durée de la pièce : 1h15. Infos et réservation en ligne. Puis le 15 mai au théâtre Victoire à Bordeaux – réservations ici.