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Des concerts caritatifs par des chanteurs lyriques bénévoles

Par Agathe Perrier, le 9 mars 2020

Journaliste

Ils donnent de leurs voix pour mettre en lumière certaines luttes sociales et associations locales. À Marseille, une centaine de chanteurs et musiciens professionnels ont rejoint le CALMS, le Collectif des Artistes Lyriques et Musiciens pour la Solidarité. J’ai voulu en savoir plus sur ces concerts caritatifs et l’avenir de ce mouvement qui déborde de générosité.

 

160 artistes bénévoles mobilisés et investis dans  trois heures de spectacle pour sensibiliser contre les violences et maltraitances faites aux enfants. C’était le 19 janvier dernier, sur la scène du  théâtre Toursky, à Marseille. Une soirée à l’initiative du CALMS, le Collectif des Artistes Lyriques et Musiciens pour la Solidarité. La « petite » troupe s’est fixé comme mission d’assurer chaque mois un concert caritatif au profit d’une structure locale. « On leur reverse l’intégralité des recettes récoltées, pas seulement les bénéfices », précise Mikhael Piccone, artiste lyrique indépendant à l’origine du mouvement. Soit près de 12 000 euros en cette seule soirée, remis à l’association marseillaise Parole d’enfant.

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© Jeff Photographies

Découvrir les différentes musiques

Tous les concerts du CALMS n’ont pas cette envergure. « Les autres sont plus petits, avec trois à quatre chanteurs présents. Ils durent aussi moins longtemps, entre une heure et une heure et demie. On tâche de faire découvrir aux spectateurs un style de musique toujours différent ». Chansons et musiques d’Espagne, le baroque, le napolitain ou encore l’opéra ont été mis à l’honneur depuis le lancement de la saison solidaire, en octobre 2019. Suivront ensuite un concert a cappella, une grande comédie musicale, de la mélodie et du lieder (mélodie allemande).

Chaque concert et style de musique présentés sont associés à une cause. Mikhael Piccone, orchestrateur de la saison, cherche à lier l’ensemble autant que possible. À l’image de la représentation de ce mois de mars (bonus). « Elle sera dédiée à la lutte contre l’illettrisme et aura lieu dans le hall de la bibliothèque de l’Alcazar à Marseille ». A cappella, pour que la voix et surtout les mots priment.

 

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Mikhael Piccone, fondateur du CALMS.

Des concerts grâce à une grande solidarité

Si la plupart des manifestations sont organisées à Marseille, elles se délocalisent également parfois à Cabriès et Miramas. Les deux villes sont partenaires du collectif, et mettent gratuitement à sa disposition des locaux municipaux pour les concerts. Des lieux privés – comme les théâtres Tourksy et Nono ou encore le consulat italien à Marseille – jouent aussi le jeu de la solidarité en ne faisant pas payer la location de leurs espaces. « C’est grâce à cette générosité que l’on peut monter notre saison solidaire. Ce serait impossible si on devait louer une salle tous les mois », souligne un Mikhael Piccone reconnaissant.

La mise en place des concerts mensuels a néanmoins un coût. Le CALMS doit louer un piano – ce qui représente à lui seul un budget de 6 000 euros sur l’année  – payer les services techniques et la sécurité, assurer un peu de communication… Entre 1 000 et 2 000 euros sont déboursés à chaque rendez-vous. L’association peut compter sur des dons de particuliers pour les financer, ainsi que d’entreprises mécènes (bonus).

 

Né du drame de la rue d’Aubagne

Les recettes ne servent absolument pas à éponger les frais inhérents à l’organisation, parole du collectif. Elles s’élèvent autour de 2 000 euros en moyenne et attirent une petite centaine de spectateurs. « Ça dépend évidemment du lieu car certains contiennent plus de places que d’autres, de la thématique et des éventuelles têtes d’affiche », explique Mikhael Piccone. Le concert de novembre, dédié au mal-logement avec la présence de Sandrine Piau, soprano de renommée internationale, a fait grimper la jauge à plus de 400 spectateurs et 6 000 euros de recettes. Organisé le jour anniversaire du drame de rue d’Aubagne, il avait un goût particulier pour la troupe.

Car le CALMS est né dans la foulée de cette journée du 5 novembre 2018, où deux immeubles du centre-ville de Marseille se sont effondrés sur huit personnes. « C’est suite à ce drame que j’ai eu l’idée de rassembler des artistes dans le but de venir en aide aux sinistrés et délogés. Le premier concert a eu lieu en janvier 2019. Il devait être unique, mais on s’est rendu compte du sens qu’il y a à unir solidarité et culture », se souvient Mikhael Piccone. Pleinement investi dans le collectif qu’il a fondé, il ne manque pas d’idées pour le faire perdurer.

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Une partie de la troupe du CALMS lors du concert des Voix Solidaires de janvier 2020 © Jeff Photographies

Proposer de vraies productions artistiques

Une deuxième saison solidaire, sur le même modèle que celle en cours, est déjà dans les cartons. Elle devrait être ponctuée par deux créations mettant en lumière le thème porté par les associations soutenues, avec un vrai travail de composition derrière.

Mikhael Piccone souhaite aussi développer des actions pédagogiques à destination des scolaires. Pour leur faire découvrir certaines luttes sociales et les intégrer dans la mise en place des concerts. « Mais ils ne seront pas présents sur scène. Le principe reste de proposer une saison de très haut niveau avec des chanteurs professionnels ». L’essaimage du modèle du collectif est également en bonne voie. Car comme le souligne le baryton, « partout où il y a des artistes, il y a la possibilité de créer un CALMS » ! ♦

 

Bonus –

  • Les besoins – Le CALMS n’est pas en quête de petites mains pour l’aider, mais de moyens. Chaque don peut donner lieu à une déduction fiscale. Il est possible d’en faire un en cliquant ici. Les entreprises peuvent quant à elles se mobiliser en devenant mécène, en cliquant ici.

 

 

  • À (re)lire : notre reportage paru en février 2020 sur l’association marseillaise Parole d’enfant, à qui le CALMS a dédié son concert de janvier.

Lever l’omerta sur la maltraitance infantile

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