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Boris Cyrulnik : ce que la pandémie nous enseigne de notre humanité

Par Nathania Cahen

Journaliste

Pour la première fois dans notre histoire, la vie humaine a primé sur les intérêts économiques. Ce qui n’a pas empêché les plus vulnérables de subir plus que les autres la violence de la maladie, du confinement et de la crise économique. Mais l’émergence de nouvelles solidarités, y compris économiques, est une bonne raison de rester optimiste. Neurologue, psychologue, éthologue, psychanalyste, et spécialiste de la résilience, Boris Cyrulnik nous aide à décrypter l’épreuve que nous avons traversée.

 

Quel est le plus gros enseignement de cette épidémie de Covid-19 ?

Jusqu’à présent, la mort était acceptée. Le fatalisme prévalait. Pour la première fois de l’histoire de l’humanité, on provoque une faillite mondiale pour éviter des morts.

Avait-on le choix ? Cela dépend de l’« ethos » du grec ancien, autrement dit la hiérarchie des valeurs. Des principes moraux. Si l’on pense qu’une vie humaine vaut mieux que de la monnaie, c’était le bon choix. Il y a donc un progrès moral. D’où un progrès économique découlera peut-être. Qui passera par exemple par la fin du stockage alimentaire. Mais aussi la baisse de la consommation de viande, donc celle de l’élevage intensif et du transport de fourrage. Car n’oublions pas que le virus ne se déplace pas, nous le transportons. En Grande-Bretagne, beaucoup se prétendent écologistes mais consomment de la viande trois fois par jour. Dès le petit-déjeuner, avec des œufs et du bacon.

 

Qu’est ce qui peut changer dans notre société ?

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