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Quand les citoyens s’emparent de la France de demain

Par Nathania Cahen

Journaliste

L'équipe de Make.org à l'occasion des « Talent Award for Democracy »

Consommation-alimentation, environnement et politique économique sont les trois grands thèmes qui dominent les 20 000 propositions faites dans le cadre de la consultation « Comment inventer tous ensemble le monde d’après ». Une initiative de la plateforme de lobbying citoyen Make.org. Décryptage.

 

En province, on ne connaît pas forcément Make.org, groupe de lobbying citoyen cofondé en 2016 par Alicia Combaz et Axel Dauchez (ancien président de Publicis et de Deezer). Grâce à sa plateforme unique de consultation massive, il est capable de toucher plusieurs millions de personnes pour des sondages sur les grandes causes et les grands débats, ou pour des consultations de masse.

La consultation citoyenne « Comment inventer tous ensemble le monde d’après » s’est étalée entre le 10 avril et le 25 mai. Elle a enregistré 165 000 participations, 20 000 propositions et 1,7 million de votes. Un succès qui a dépassé, et de loin, les espérances des organisateurs. Avec un profil de participants plutôt diversifié : 60% de femmes, 76% hors Île-de-France, 32% de moins de 35 ans et 18% de plus de 65 ans.

La crise inédite à laquelle nous avons été confrontés pourrait-elle être un nouveau signal de l’urgence à changer nos modèles de société ? C’est en partant de ce constat, et parce que des décisions structurantes pour notre avenir commun sont déjà en discussion, que ce sondage a été mis sur pied. Autour de son berceau, des parrains -la Croix-Rouge française, WWF France, le Groupe SOS- et partenaires -Unis-Cité et le Mouvement UP- de choix se sont fédérés.

 

14 propositions fortes

Parmi les propositions faites en ligne, 14 ont reçu le statut « prioritaires » ou « plébiscitées », à savoir qu’elles capitalisaient au moins 80% de votes pour. Elles feront office de boussole des priorités pour l’ensemble des acteurs de la société civile. Elles ont été dévoilées le 28 mai dernier :

Quand les citoyens s'emparent de la France de demain

  1. Favoriser la consommation locale et les circuits de proximité
  2. Se diriger vers une agriculture alternative
  3. Limiter la production de déchets, notamment les emballages et le plastique, et favoriser le recyclage
  4. Relocaliser certains secteurs économiques stratégiques en France et en Europe
  5. Repenser l’éducation en faveur et de l’humain et de l’environnement
  6. Mettre l’environnement et le social au cœur des politiques publiques et de la fiscalité
  7. Progresser vers la ville durable
  8. Favoriser les mobilités écologiques et limiter les transports polluants
  9. Mieux considérer les métiers essentiels
  10. Augmenter la durée de vie des produits
  11. Rendre plus attractifs les métiers de la santé et donner plus de moyens aux hôpitaux
  12. Modifier en profondeur notre modèle économique pour un système plus soutenable
  13. Protéger la biodiversité, les espèces et leur milieu
  14. Améliorer notre fonctionnement démocratique en donnant plus de pouvoir d’actions et de décisions au citoyen
Des citoyens refont le monde (enfin la France) 2
Axel Dauchez

On le voit, trois pôles forts se détachent : la consommation- alimentation, l’environnement et la politique économique. Axel Dauchez, cofondateur de Make.org, a commenté quasiment à chaud et complété : « Il y a trois facteurs à prendre en compte dans cette consultation. Une communauté d’épreuve inédite. Plus de temps que d’habitude pour réfléchir. L’incertitude concernant le futur ». L’ensemble a inspiré ces réflexions sur ce que pourrait être le monde d’après. Sur quelles bases il pourrait reposer.

 

Consommer plus local

En tête du tableau, alimentation et consommation. Avec la préconisation de consommer local, de favoriser les circuits de proximité – « tendance qui s’est renforcée pendant le confinement. À laquelle s’est adjointe le Bon plan : ces producteurs qui viennent à nous !souhait d’une indépendance alimentaire vis-à-vis des autres pays », souligne Axel Dauchez. Pour l’agriculture, plus de bio. Mais aussi moins d’élevage intensif et une pêche raisonnée. Sans négliger le corollaire d’une production plus locale : moins de transport aérien et routier.

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