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Des cheveux pour dépolluer les océans   

Par Marie Le Marois

Journaliste

Un coiffeur varois recycle les cheveux en boudins anti-pollution. Cette innovation est testée depuis février dans le port de Cavalaire-sur-Mer pour absorber les hydrocarbures des bateaux. Et bientôt à Marseille, pour ceux des voitures. Grâce à cette ingénieuse idée, les cheveux deviennent une matière première inestimable et une ressource pour la planète.

                                                                                       

Thierry Gras est coiffeur depuis 30 ans. Cela représente un volume incalculable de cheveux jetés à la poubelle. « Environ 40 litres par mois », souligne ce commerçant de Saint-Zacharie. À l’échelle de la France, le chiffre est vertigineux. « On compte 79 460 salons de coiffure et, en moyenne, 1,7 coiffeur par salon ». Tous les ans, près de 65 millions de litres de cheveux sont donc mis à la poubelle, « impensable quand on connaît leurs vertus ». Lors de sa formation en 1990, le jeune apprenti apprend en effet que cette matière organique est un formidable lipophile (elle fixe le sébum, les huiles solaires…), un isolant puissant (elle protège notre tête des températures extrêmes). Et un matériau solide : « chaque cheveu peut supporter 100 grammes. Donc 1000 cheveux, 100 kilos ».

 

Le cheveu déjà utilisé dans l’Histoire

Entre deux coupes dans son salon de coiffure, ce quinqua, dont le grand-père peintre fabriquait ses pinceaux avec des cheveux, raconte que cette matière était utilisée par les Moghols dès la préhistoire pour la confection de leurs vêtements, tentes et tapis en feutre. Et plus récemment, par les Japonais pour la calligraphie. Au Moyen-Âge, les nobles s’essuyaient les mains sur la chevelure des domestiques. Et jusqu’à la Seconde Guerre mondiale, ils servaient à la confection des chapeaux, mais aussi pour faire briller les cuivres. « Après 1945 et la découverte des camps de concentration, leur utilisation a été arrêtée », précise Thierry Gras.

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