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Le Talus, ferme urbaine durable !

Par Lorraine Duval

Journaliste

[au fait !] Un des tout premiers articles de Marcelle, en octobre 2018, s’était intéressé à un grand potager urbain en cours d’aménagement. En plein Marseille, entre la rocade L2 et le chemin de fer. Devenu une ferme urbaine expérimentale et écolo, Le Talus cumule les succès et projets.

 

Baptisée « Le jardin », la première parcelle de cette ancienne friche urbaine accueille la ferme, avec sa buvette et sa cantine. Le maraîchage en est la principale activité et s’y déploie sur 800 m2. On y cultive en majorité du mesclun (de 6 à 20 kg produits chaque semaine), ainsi qu’un assortiment de fruits, légumes, racines et herbes aromatiques de saison. Les récoltes sont vendues aux 1 700 adhérents (qui s’acquittent de 1 à 6 euros l’année selon leurs ressources), ou à des restaurateurs avec le soutien de la Plateforme Paysanne Locale. Idem pour les œufs pondus par la vingtaine de poules de race du poulailler.

Plus loin, les 116 bacs potagers ont immédiatement trouvé preneurs. Et le pôle de compostage a aussi son public. Différentes activités sont par ailleurs organisées : des événements, des formations à l’agroécologie, des visites pédagogiques, des chantiers participatifs le mercredi matin….

 

Un tiers-lieu à venir sur la seconde parcelle

C’est maintenant au tour de la seconde parcelle : 5 000 m2 à aménager. Début juillet, la compagnie maritime Marfret a gracieusement livré 13 containers maritimes qui seront l’ossature d’un nouveau tiers-lieu pour Marseille. Il y aura, là encore, une buvette et une cantine, mais également une scène multiculturelle. Et des activités comme la réparation des vélos, le recyclage du bois ou du métal. Un appel à projets va être lancé pour l’occupation des autres boîtes. « C’est ambitieux et enthousiasmant », lance Carl Pfanner. Avec son collègue Valentin Charvet, ils portent le projet du Talus à bout de bras depuis deux ans et demi, et lui ont donné toute leur énergie. À raison.

« Financièrement, notre modèle d’exploitation est à l’équilibre, grâce aux activités salariées. Les objectifs en termes d’impact social, environnemental et de viabilité économique ont été non seulement atteints mais dépassés », souligne le jeune associé. L’autonomie est acquise pour le fonctionnement. Mais il existe des besoins pour ce qui est de l’investissement – des financeurs, des mécènes, des subventions…

La suite, c’est de stabiliser l’ensemble. Et d’essaimer en conseillant et accompagnant des porteurs de projets similaires. ♦

 

Même abimé, un terrain urbain peut se transformer en potager