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Le bistrot de pays, supplément d’âme compris !

Par Nathania Cahen

Journaliste

Le projet Bistrot de pays se situe à la croisée du développement économique, touristique, culturel, et de l’aménagement du territoire. Cette démarche originale initiée en 1993 mobilise bistrots, cafés, estaminets et autres débits de boissons pour animer localement des communes ou zones rurales. À la mi-juillet, j’ai fait une halte à La Terrasse, à Rougon, dans le Verdon, un des 48 labellisés de la région Sud.

 

Cela fait trois ans qu’Océane Balestrière et Mathieu Ferracci ont repris le bistrot de pays de Rougon, village d’une centaine d’âmes perché au bout d’une départementale des Alpes de Haute-Provence. Pas absent des Le bistrot de pays, supplément d’âme compris ! 1cartes et des GPS pourtant, à en juger par l’affluence de ce week-end de juillet – la proximité du Point Sublime, un des points de vue les plus pittoresques sur les gorges du Verdon n’y est pas étrangère. Océane s’active en cuisine – tourte aux blettes, lasagnes maison, cuisine aux petits oignons concoctée avec des produits locaux dès que possible.

Mathieu, par ailleurs maréchal-ferrant, assure sans discontinuer des rotations entre le comptoir et les tables dressées sur la placette qui jouxte le monument aux morts, et le terrain de boules. La clientèle est très touristique, motards, randonneurs, familles en expédition. « Des gens qui aiment prendre leur temps, qui ont envie d’une pause agréable », observe Mathieu. « Hors saison, ce sont davantage les habitants du village qui nous font vivre ».

 

Un gage de qualité

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Photo @Bistrot de Pays

Le lieu fait aussi café-bar (le maire y est justement attablé), et se prolonge par une petite épicerie-dépôt de pain en contrebas d’un escalier, où trouver de quoi dépanner (depuis le papier toilette au paquet de sel) mais aussi une sélection de produits du coin, fromages de brebis ou bière Cordoeil. Le jeune couple a demandé et obtenu le label Bistrot de Pays il y a un an : « Parce qu’il y a une communication autour, et que pour les clients, c’est un gage de qualité », explique Mathieu.

Le bistrot de pays, supplément d’âme compris ! 5La terrasse se vide doucement, Océane fait une apparition discrète avant de battre en retraite sous les applaudissements des clients. « Que du bonheur », glisse un consommateur à la table à côté.

 

48 bistrots de pays dans la région Sud

Depuis de nombreuses années, les bistrots ferment leurs portes. La France en perd en moyenne 1 000 Le bistrot de pays, supplément d’âme compris ! 3par an. Pourtant, ces cafés-restaurants multifonctions font partie intégrante du patrimoine vivant de nos terroirs. Et sont souvent les seuls points de services de proximité encore présents au sein des villages. Selon l’INSEE, il n’en reste que 8 900 dans les communes rurales de moins de 2 000 habitants.

Pour contrer cette hémorragie, le label Bistrot de Pays est arrivé à point nommé. Il a été créé en 1993 pour soutenir les bistrotiers indépendants et a tout d’abord été attribué au bar de la Lavande, à Lardiers (04) qui a fait partie du réseau jusqu’en 2016. On recense aujourd’hui 48 établissements labellisés dans le Sud-Provence Alpes Côte d’Azur, 130 dans toute la France répartis dans 23 départements. Dix petits nouveaux ont fait en 2020 leur entrée dans la grande famille, dont quatre dans le quart sud-est de la France. ♦

 

 

Bonus

  • Le père de Bistrot de pays – Vous vous demandez qui a eu l’idée de créer ce label ? Il s’agit de Bernard Reynal, un personnage dont l’histoire mérite d’être lue ! Découvrez le portrait du fondateur.
  •  Devenir Bistrot de pays ? – C’est possible, suivez le mode d’emploi !
  • La charte Bistrots de pays – Pour décrocher le label, il faut :

Le bistrot de pays, supplément d’âme compris ! 4– Être situé dans une commune rurale de moins de 2000 habitants.
– Constituer le dernier – ou l’un des derniers – commerce(s) du village.
– Être ouvert à l’année.
– Proposer, autant que possible, les services de base non assurés par ailleurs dans le village (tels que dépôt de pain, de tabacs, de journaux, petite épicerie…).
– Disposer des principaux documents d’information touristique locale.
– Organiser des animations festives et culturelles (au moins 3 par an).
– Promouvoir les produits du terroir.
– Proposer au minimum une restauration de type casse-croûte à toute heure, basée sur les produits régionaux.
– Dans le cas où une restauration complète est assurée, proposer des repas où les recettes et les produits du terroir tiennent une place prépondérante.

  • Le guide – Il est possible de le télécharger ou de le commander, ici.