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Des consultations médicales adaptées à la culture d’origine des patients

Par Joséphine Martin

Journaliste

Photo Iwaria

Pense-t-on et panse-t-on différemment selon sa culture ? L’approche transculturelle en médecine fait cette hypothèse et propose d’envisager le patient non comme un corps universel, mais aussi comme celui d’un Indien, d’un Maghrébin, d’un Lapon… habité par ses rites et ses modes de pensée. Peu répandue en France, la psychiatrie transculturelle est notamment portée par la psychiatre Marie Rose Moro, qui a ouvert la première consultation transculturelle destinée aux enfants de migrants1.

 

Des consultations médicales adaptées à la culture d’origine des patients 4
Marie Rose Moro

« Un médecin explique à son patient, atteint d’une maladie grave du foie, qu’elle nécessite une intervention invasive avec risque important. Je ne vous laisse pas m’opérer, docteur, lui répond le patient. En effet, il est Soninké (peuple principalement présent au Mali) et son corps ne lui appartient pas totalement. Il n’en dispose que d’un tiers, les deux autres revenant à la branche maternelle et paternelle. Comme son père est décédé, il faut contacter l’oncle de Moussa Traoré, à 3 ou 4 h à dos d’âne du téléphone… L’oncle se déplace, donne son accord à son neveu qui raccroche : Allez docteur, on va au bloc ! » Écouter Isam Idris, psycho-anthropologue est passionnant. Après des études médicales, celui-ci s’est formé à l’ethnopsychanalyse et exerce sa spécialité comme enseignant, à Paris V, comme co-thérapeute dans la consultation de psychiatrie transculturelle du Pr Marie-Rose Moro (bio en bonus) au CHU d’Avicenne et comme chercheur sur l’évolution des dispositifs de soins et de prise en charge des patients. Il observe que s’il existe d’emblée un décalage dans la rencontre médecin-patient du fait de la vulnérabilité, de la souffrance du malade, cet écart peut encore être renforcé par le fait que le patient ne parle pas la même langue que le médecin. Plus encore, la méconnaissance de la culture du patient, peut-être source de malentendus et bloquer la prise en charge de la maladie.

 

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