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Avec Share-Wood, les amateurs et artisans du bois ont leur coworking

Par Agathe Perrier

Journaliste

Photo Philippe Ruaudel - Pixabay

[parrainé] Les espaces de coworking poussent comme des champignons ces dernières années ! À Marseille, Share-Wood se distingue du lot : il est spécialisé dans le travail du bois. Ouvert à tous, il veut valoriser la filière et accueillir des publics diversifiés.

Scie à ruban ou à format, raboteuse, calibreuse, toupie… Les locaux de Share-Wood sont un peu la caverne d’Ali Baba de tous les amoureux du bois. « C’est pareil qu’un coworking, avec des établis à la place des bureaux. On est spécialisés dans le bois et complètement autonomes grâce à notre offre variée de machines », présente Vincent Chevillot, co-directeur et co-fondateur. Mais contrairement à un espace partagé classique, le lieu accueille aussi bien des professionnels que des particuliers, et même des « associations, des écoles ou tout groupe ayant un besoin d’accompagnement et d’espace ». C’est là sa principale singularité.

À l’origine de ce tiers-lieu, installé dans une ancienne concession automobile du quartier Bon-Secours (14e arrondissement), on trouve quatre experts et spécialistes du bois et de la menuiserie. Désireux d’ouvrir un atelier partagé dédié au bois car la deuxième ville de France est alors dépourvue d’une telle structure (bonus). « Un lieu de ce type crée de l’emploi et la mixité sociale y est phénoménale. Il y a en plus un engouement évident à Marseille, bien que le bois ne soit pas forcément dans la culture locale. La preuve : on a aujourd’hui une vingtaine de personnes sur liste d’attente pour adhérer », se réjouit l’entrepreneur.

 

Une cohabitation harmonieuse

Pour profiter de l’équipement de Share-Wood, il faut s’abonner. Trois mois minimum sans obligation d’engagement supplémentaire. Les formules diffèrent selon les profils, mais toutes permettent d’accéder à un espace de stockage individuel et à l’ensemble du parc de machines. « Chacun est bien sûr formé à leur utilisation. Notre priorité est la sécurité de nos membres », souligne Vincent Chevillot. Un tel matériel, souvent coûteux et encombrant, est presque impossible à acquérir en solo. Y compris pour des professionnels indépendants, à l’image de Julien, ébéniste et adhérent depuis un an et demi. « Les grosses machines sont très utiles pour travailler du bois massif. L’atelier est bien équipé et c’est son point fort, même si quelques outils supplémentaires seraient intéressants à avoir », glisse l’artisan, conscient toutefois que les besoins varient d’un utilisateur à l’autre.

Côté fréquentation, Share-Wood compte 40 particuliers et une dizaine de professionnels. Les premiers disposent de créneaux spécifiques –une vingtaine d’heures hebdomadaires – quand les seconds bénéficient du temps plein. Une cohabitation qui se passe plutôt bien et qui favorise les échanges. « Les particuliers apprécient nos conseils », pense Marc, dessinateur et concepteur de mobilier pour micro-crèche. Des amateurs parfois plus « carrés » dans leur façon de travailler. « Ils viennent sur des plages horaires plus courtes donc quand ils sont là, ils sont à fond », sourit-il. S’il peut exister un « décalage » entre les attentes de ces deux publics, le groupe trouve petit à petit son équilibre.

 

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Vincent Chevillot, co-fondateur et co-directeur de Share-Wood © AP
Valorisation du bois et ouverture aux publics défavorisés

300 000 euros d’investissement ont été nécessaires à la création de Share-Wood (bonus). Qui s’est donné pour mission de répondre à trois enjeux : environnemental, économique et sociétal. Pour le premier, cela passe par la valorisation de bois de récupération dont des artisans veulent se débarrasser – chutes ou fins de série – et vendu aux adhérents moins cher que du bois « neuf ». De quoi aider de jeunes entrepreneurs à se lancer, en plus d’un tarif préférentiel sur l’abonnement et d’un accompagnement pour lancer leur entreprise. C’est là la réponse de l’équipe à son deuxième défi.

Quant au troisième, il repose sur des actions de mixité et de coopération avec des écoles et des associations des quartiers prioritaires de la politique de la ville. Share-Wood aimerait agir davantage sur ce volet, en ouvrant plus régulièrement ses locaux à des jeunes, décrocheurs scolaires ou éloignés de l’emploi par exemple. « On veut leur faire découvrir les métiers du bois et surtout leur montrer qu’il est possible de créer avec ses mains. Cela parle à beaucoup d’entre eux », assure Vincent Chevillot.

Autre évolution à venir : l’agrandissement du lieu. L’équipe ambitionne de doubler ses capacités d’accueil pour les professionnels, en passant d’environ dix à vingt places. Cinq espaces privatifs – en plus des trois actuels – vont pour cela voir le jour dans un hangar de 700 m² accolé au bâtiment principal. Le nombre de machines va également augmenter, avec l’apparition d’outils numériques. De quoi séduire les artisans tout en répondant aux attentes des particuliers et des nouveaux adeptes du « do it yourself », plus nombreux depuis le confinement. Si le pain, les gâteaux et les pâtisseries ont été les stars pendant cette période singulière, c’est désormais le mobilier-maison qui a la cote.

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L’espace où se trouve les plus grosses machines de l’atelier © DR

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