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Correspondances ultimes

Par Nathania Cahen

Journaliste

Maryse. Peinture Michel Cadéo.

« Lettres en vie » est un ouvrage qui témoigne de six années de rencontres au sein de l’unité de soins palliatifs de l’hôpital de La Seyne-sur-Mer. Un rendez-vous du lundi qui réunit les frères Cadéo, l’un écrivain, l’autre peintre, et ceux qui vivent ou travaillent dans ce service. Et qui fait un bien fou à tous.

 

Depuis six ans, quasiment chaque lundi en tout début d’après-midi, les frères Cadéo empruntent la route de l’hôpital de la Seyne-sur-Mer.

Correspondances ultimes
Alain et Michel Cadéo

Depuis six ans, entre 14h30 et 18h, ils partagent mots et maux avec les malades en fin de vie, leurs familles et le personnel soignant de ce service qui compte une douzaine de lits. Michel est peintre. Alain, l’aîné, est écrivain. Après cette visite – parfois juste après, parfois le lendemain – il écrit et envoie des mails. Ils sont la trame d’une correspondance qui s’établit avec les patients eux-mêmes quand ils sont en mesure d’écrire. Ou avec un médecin, une psychologue qui relaient et racontent l’émotion de celui ou celle qui ne peut plus écrire. Qui disent aussi parfois et avec beaucoup de délicatesse leur ressenti, le bonheur et la douceur dont est également fait leur engagement.

« Les frères arrivent comme ils sont, sans blouse, les mains dans les poches, souvent quelques ouvrages sous le coude ou bien quelques objets. Cela commence par un ballet, croisement de fauteuils et déambulateurs, pantoufles qui traînent, mélange de talons, de bottines, sabots d’hosto et crissement de baskets. Bouteilles d’oxygène, perfusions, rouge à lèvres, chacun amène avec soi un petit bout de son univers », écrit Frédérique, une médecin de l’équipe.

 

L’enfance se rappelle toujours à notre bon souvenir

« Nous avons été contactés par la médecin qui dirige ce service. J’ai moi-même perdu des proches et suis donc sensible à ce sujet, explique Alain Cadéo. Je me demandais quand même si j’aurais l’audace, le courage… c’était un peu un défi ». Il ira avec son frère, avec qui il a déjà travaillé en binôme auprès de prisonniers des Baumettes. C’est bon d’avoir un relais quand l’émotion ou l’épuisement gagnent. « Et puis tout s’est mis naturellement en place autour de l’empathie. Avec les paroles, le regard ».

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