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Quand les animaux soignent

Par Antoine Dreyfus

Journaliste

Près de Tourves, dans la Sainte-Baume, Maïka Chenel pratique la zoothérapie et la médiation animale dans une ferme naturaliste. Elle ne guérit pas, mais elle débloque des situations, en utilisant l’animal comme médiateur. En ces temps de crise sanitaire, les familles sont nombreuses à venir se ressourcer auprès de chevaux, poneys, chèvres ou poules, guidées par Maïka.

Quand les animaux soignent 1
Maïka Chenel

« Vous avez votre masque ? Oui ? C’est bien ! » Dès l’entrée dans sa ferme, près de Tourves, Maïka pose les règles et cadre. « Je vous mets du gel, ne vous inquiétez pas. Mais comme j’accueille du public et que nous avons l’habitude des virus et des bactéries dans les fermes, avec les animaux, il vaut mieux un excès de précaution, que pas de précaution du tout. » Maïka Chenel nous accueille dans sa « ferme naturaliste » comme elle l’appelle. Une maisonnette, près de Tourves (Var), posée dans un paysage de vignes, qui a des allures d’un logis des contes de Perrault. Des poules, des lapins, deux chihuahuas (l’une affectueuse, l’autre, un mâle, plus distant), des chèvres, des poneys, des ânes, des chevaux… Plus de soixante animaux. Et des recoins pour se reposer à l’ombre et des bois pour gambader avec les chèvres pour un parcours santé.

Maïka a plus d’une casquette : agricultrice, éleveuse comportementaliste et zootechnicienne. C’est en travaillant avec des animaux qu’elle a trouvé sa vocation. « Parce que ça me fait du bien, dit-elle. Donc, si à moi, atteinte d’autisme, ça me fait du bien, pourquoi ça n’en ferait pas aux autres ? »

Une fois les mains aseptisées, une fois le panaché bu pour étancher sa soif, Maïka nous raconte son parcours, sa vie, et ce qu’elle fait ici. Maïka est bavarde. Je la laisse dérouler le fil de sa vie, et j’attrape des bouts de récit. Ce qu’elle pratique dans cette ferme n’est pas conventionnel, ne fait pas l’objet d’aucune recherche de la part d’équipes scientifiques, mais il se dégage des pistes qui méritent un approfondissement. Atteinte d’une forme d’autisme, elle s’est en effet aperçue que les animaux lui faisaient du bien. Elle s’est alors formée au Canada, pays en pointe dans ce domaine, puis s’est installée ici, dans le parc de la Sainte-Baume, pour proposer cette technique. « Je ne gagne pas beaucoup d’argent, mais je suis heureuse avec mes animaux. Et je suis heureuse de voir que ça peut avoir un effet sur des personnes handicapées ou malades. »

 

La zoothérapie ne guérit pas

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