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Ces chirurgiens au chevet du tiers-monde

Par Agathe Perrier

Journaliste

On connaît bien Médecins Sans Frontières ou encore Médecins du Monde. Moins HumaniTerra. Pourtant, cette ONG marseillaise œuvre, elle aussi, dans des pays du tiers-monde, en réalisant des opérations chirurgicales qui sauvent ou changent des vies. En aidant à (re)construire des structures médicales et à former du personnel.

 

12 janvier 2010, Haïti. Un séisme d’une magnitude comprise entre 7 à 7,3 sur l’échelle de Richter frappe cet état des Grandes Antilles, faisant 280 000 morts, 300 000 blessés et 1,3 million de sans-abris. Huit jours plus tard, une équipe de cinq chirurgiens et professionnels du monde médical débarque dans la capitale, Port-au-Prince, en provenance de France. En trois mois, ils seront 18 au total à s’y relayer, à raison de quinze jours chacun en moyenne. Dont le docteur Mohammed Salem. Pas moins de 117 patients sont passés entre ses mains expertes. Deux semaines sur le terrain, à opérer de 8h à 18h, en avalant un sandwich sur le pouce entre deux interventions, à dormir parfois à même le sol. « Et pourtant, quand je suis revenu chez moi, je me projetais déjà dans la prochaine mission », confie le médecin. C’est ça l’esprit d’HumaniTerra.

 

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Haïti, après le tremblement de terre de 2010 © DR
Une ONG de chirurgie…

Spécialisé en chirurgie viscérale et digestive, Mohammed Salem est depuis septembre 2020 le président de cette ONG marseillaise. Créée il y a 22 ans par le docteur Christian Échinard, elle a toujours eu pour but de réaliser des actes chirurgicaux dans des pays du tiers-monde en souffrance. « Cela va de la campagne de prévention à l’opération jusqu’au suivi post-opératoire. Tout ce qui permet, en fait, que le patient réintègre la vie courante », explique le fondateur, qualifié en chirurgie plastique reconstructrice et esthétique, et toujours actif au sein de l’organisation.

La première mission a eu lieu au Cambodge. L’équipe s’y est rendue au milieu des années 1990 et n’en est repartie qu’en 2018. Christian Échinard n’est pas peu fier : « On a envoyé régulièrement pendant 20 ans des bénévoles pour opérer, aussi bien dans les villes que les zones pauvres. On a également aidé à tout reconstruire (ndlr : le pays a été marqué par 20 ans de conflit entre 1978 et 1999) et former de nombreux chirurgiens désormais reconnus ».

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