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Covid : quand la France snobe les savoir-faire de Marseille ! #1

Par Olivier Martocq

Journaliste

Le camion qui sert de PC opérationnel à l'unité COMETE.

Depuis septembre, grâce à des prélèvements dans les eaux usées, les marins-pompiers de Marseille prévoient six jours à l’avance l’évolution locale de la pandémie de Covid. Le procédé qu’ils ont développé et affiné n’a pourtant pas servi de modèle au niveau national. Les autorités ont préféré investir trois millions d’euros dans un nouveau réseau, OBEPINE, qui a le plus grand mal à fournir des données. Cet exemple d’ostracisme est le premier volet de notre nouvelle série.

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Drôle de climat quand même ! « Vendre » aux médias nationaux des sujets mettant en avant le savoir-faire d’acteurs marseillais dans la gestion de la crise du Covid relève de la gageure. Chaque fois que je propose aux rédactions de Radio France ou du Figaro ce type de reportage, il faut que je développe, argumente, prouve. Il y a un « effet Raoult » qui dessert la ville, reconnaissent les scientifiques et les médecins. Tout comme les politiques à la tête de collectivités : Renaud Muselier, Martine Vassal ou encore Michèle Rubirola toujours en charge de la santé à la Mairie. Ces derniers se décrètent malgré les critiques du Ministère de la santé, unanimement solidaires du patron de l’IHU Marseille Méditerranée.

 

La super traque des marins-pompiers de Marseille
Covid : quand la France snobe les savoir-faire de Marseille ! #1 3
« Un travail d’égoutier »

« La collecte est un travail d’égoutier », raconte le patron de l’unité COMETE (acronyme de COvid Marseille Environnemental Testing Expertise). À la différence de la quarantaine d’hommes du bataillon des marins-pompiers de Marseille détachés pour cette mission, Alexandre Lacoste n’est pas militaire mais ingénieur en chimie analytique. « Ça n’est pas spectaculaire. On récupère l’eau dans le collecteur, ensuite on l’analyse », commente-t-il.

À sa demande, les techniciens de la métropole ont dressé une cartographie de tous les bassins versants des quartiers de Marseille. Soit 37 points névralgiques, en plus du collecteur central situé sous le stade Vélodrome. Ce sont les relevés hebdomadaires de ces eaux usées qui permettent d’analyser la situation sanitaire quartier par quartier. Depuis le camion qui lui sert de PC opérationnel, Alexandre Lacoste montre sur un écran toute une série de cartes et de statistiques : « Nous pouvons suivre l’évolution du taux de concentration du virus et anticiper à six jours l’évolution de l’épidémie ».

 

Semaine 5, Marseille passe au rouge !

La courbe de la concentration hebdomadaire du virus dans les eaux usées s’est brusquement redressée la semaine dernière (25-31 janvier), passant de 695 à 2 271 Copies/ml. Sur la carte découpée par secteurs, le rouge a gagné une grande partie du centre-ville et des quartiers nord. Autant de données immédiatement transmises à l’Agence régionale de santé (ARS) qui peut ensuite relayer les informations auprès des services spécialisés.

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