Fermer

À Calais, des hébergeurs solidaires pour permettre aux migrants de souffler

Par Régis Verley, le 11 février 2021

Journaliste

Calais reste la porte d’entrée pour les migrants dont le but est d’atteindre l’Angleterre. Mais cette porte est dorénavant étroitement verrouillée et la « jungle », où se réfugiaient plusieurs milliers de migrants dans des campements de fortune, a été démantelée. Pour leur venir en aide, un réseau d’hébergement solidaire se met en place.

 

Les occupants de la « jungle » ont été renvoyés dans des hébergements d’attente et d’orientation. Mais la situation est loin d’être apaisée. Sur place, on estime à un millier le nombre de ceux qui errent d’un campement de fortune à l’autre, fuyant les contrôles de la police et les expulsions qui s’ensuivent.

Le coronavirus et les mesures de confinement n’ont pas facilité la situation de ces exilés. Le plus souvent, ils ne bénéficient d’aucune mesure de protection face au risque d’épidémie. « Au contraire, note la responsable de l’antenne calaisienne du « Secours Catholique », les conditions de survie se sont dégradées ».

« Les lieux où il était possible de se rendre en journée ont été fermés. Il n’existe plus qu’un seul point d’eau. Pas suffisamment d’informations, pas de possibilité de recharger la batterie des téléphones. Et donc pas de possibilité d’appeler les numéros d’urgence dont le 15 pour les urgences médicales », raconte Juliette Delaplace.

 

Des bénévoles coincés par la Covid
À Calais, des hébergeurs solidaires pour permettre aux migrants de souffler
Chaque jour des campements de fortune sont démantelés. Photo Utopia 56

Dans le même temps, les bénévoles qui assurent, au sein des associations, les distributions de nourriture ou des aides de toutes sortes, sont restés confinés. Moins nombreux qu’auparavant, ils ont dû réduire leurs interventions. Pour les préserver du risque pandémique, le Secours Catholique calaisien a ainsi été amené à fermer son accueil de jour. Jusqu’alors quelque 300 personnes s’y pressaient chaque après-midi.

Pour autant, les expulsions se poursuivent. Elles rendent de plus en plus précaire la situation des migrants en attente d’une occasion de passage vers la Grande-Bretagne. Chaque jour des campements de fortune sont démantelés. Certes, l’État a mis en place une chaîne sanitaire et la Sécurité civile propose des diagnostics coronavirus. Mais les moyens mis en place sont largement insuffisants. Et beaucoup parmi les migrants redoutent que les diagnostics ne s’accompagnent d’une expulsion.

 

 

Épuisés par la lutte au quotidien

C’est dans ce contexte que l’association Utopia 56 a décidé de développer des formes d’hébergement provisoires pour les personnes en détresse particulière.

Ce contenu est réservé à nos abonnés. Soutenez-nous en vous abonnant !.
Vous avez déjà un compte ? Connectez-vous.

Vous rencontrez un problème ?

Nous avons apportés quelques améliorations techniques sur Marcelle.media. 

Si vous rencontrez des problèmes, n'hésitez pas à nous envoyer un message.

Vous rencontrez un problème ?