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Bayram Tayari fait du social grâce à LinkedIn

Par Lorraine Duval

Journaliste

Avec #1semaine#cv, Bayam Tayari tire le meilleur de LinkedIn @Marcelle

Ce papa trentenaire a assurément deux vies. L’une en tant qu’électricien de la commune de La Seyne-sur-Mer. L’autre comme bénévole et « cogitateur » de moyens d’aider les autres : il a créé le hashtag #1semaine1cv, très populaire sur LinkedIn. Entre ses deux vies, il y a les presque 50 km qui séparent son lieu de travail de Marseille, sa ville.

 

Le bénévolat n’est pas tombé sur la tête de Bayram du jour au lendemain. Il a toujours vu son père s’impliquer pour les autres, militer dans diverses associations. Dès sa jeunesse, à son tour, il s’est investi auprès du public des jeunes. Pour s’ébrouer ailleurs, échapper à la morosité du quotidien et en connaître un minimum sur l’utilisation d’un ordinateur.

Sur les réseaux sociaux, dont il est très friand, il observe très tôt toutes les initiatives et actions qui se mettent en place un peu partout. « Je voulais moi aussi participer, me lancer dans un projet solidaire. Mais je ne savais pas trop comment m’y prendre. Bizarrement, c’est grâce à LinkedIn que tout est arrivé ! »

Avec Bayram Tayari, l’emploi est un (en)jeu collectif 1
La page LinkedIn de Bayram Tayari

Quand, voilà quelques années, Bayram crée son profil LinkedIn, il n’a pas d’idée précise. À sa manière, avec ses mots, sa tchatche, il y parle de ses envies, de ses idées, de sa vision du monde et de la société. Sa façon de penser et de dire séduit de nombreux utilisateurs de la plateforme. Beaucoup de monde s’abonne à son compte qui cumule aujourd’hui plus de 50 000 abonnés (sur son compte LinkedIn, Marcelle en compte 30 fois moins !). À telle enseigne qu’il a été un des 25 « top voices » 2020 de LinkedIn ; la liste des contributeurs les plus en vue de la plateforme.

 

Rendre visibles les CV des autres

Sur ce même réseau social, il voit passer beaucoup de CV, de personnes en galère pour décrocher un emploi, trouver le bon stage, l’alternance qui permet de valider la formation envisagée…

C’est l’étincelle. En 2019 il crée le mouvement « 1semaine1cv » associé au hashtag correspondant. Le principe est contenu dans le nom : « Je voulais donner de la visibilité aux demandeurs d’emploi. Mais je ne me contente pas de partager leur CV, je donne mon avis ou des conseils avec la publication ! » Pas de tri, pas de passe-droits ou de critères particuliers pour les CV postés : « Premier arrivé, premier servi ! Je diffuse au fur et à mesure, dans l’ordre où je reçois ».

Sur la page LinkedIn, le CV de la semaine est celui de Théo, en Master 1 – GPLA (Gestion de production, logistique, achats) à l’IAE de Grenoble. Il recherche un stage. La semaine précédente, c’est celui de Florian qui a été publié : « ingénieur passionné par la physico-chimie des matériaux et prêt à s’investir dans une industrie d’avenir ». Quelques scrolls plus bas, c’est Hilem à la recherche d’un poste dans les ressources humaines.

 

 

De la visibilité… et du conseil !

assure que la formule a immédiatement marché : « le premier a obtenu un job. Le deuxième, une alternance. Le troisième avait absolument besoin d’un stage de fin d’études pour rester en France. Son CV a eu presque 60 000 vues, et bien sûr il a trouvé ».

« C’est ainsi que s’est constitué un top réseau, se félicite Bayram. Tout un tas de personnes, de relais, avec le même état d’esprit. Ils cliquent, likent, relayent, diffusent, taguent des personnes-ressources ».

Puis #1semaine1cv a pris un tournant grâce à Soraya Settouti. « Cette recruteuse très impliquée dans le réseau m’appelle un jour pour me proposer d’ajouter du coaching. De ne pas se contenter de montrer des CV, mais aussi d’aider les personnes en recherche à l’améliorer, se mettre en valeur ». Désormais, l’accompagnement des porteurs de CV se fait en binôme, un diffuseur-un coach.

Si la formule puise dans les bons sentiments, elle n’est malheureusement pas complètement miraculeuse. Néanmoins, sur plusieurs centaines de CV mis en avant depuis deux ans, 20% ont débouché sur un poste, un travail ou un stage satisfaisant.

 

3 heures par jour sur LinkedIn
Avec Bayram Tayari, l’emploi est un (en)jeu collectif 2
Bayram Tayari, geek influent et inspiré @ Marcelle

Carrément très impliqué dans ses campagnes de publicité libres, gratuites et altruistes, Bayram passe au bas mot trois heures quotidiennes devant son écran, sur le site LinkedIn. « Il y a un gros travail de correspondance, pour répondre aux messages reçus, apporter du conseil ou du réconfort. Je fais du consulting gracieux ! » La qualité des messages publiés est également primordiale. LinkedIn a identifié le mouvement #1semaine1cv et « surclasse » certains posts. Cela fait sourire notre geek. « Je n’ai pas fait une scolarité de fou, après le bac, je n’ai même pas réussi mon BTS électrotechnique ! ». Mais aujourd’hui ses parents sont très fiers de ce fils qui a renâclé avec les études.

 

D’autres projets inclusifs

Bayram Tayari est un serial entrepreneur solidaire ! Bardé de bonnes intentions et d’un enthousiasme communicatif, il veut s’attaquer aux failles de la société. Surtout celles qui laissent tant d’invisibles au bord de la route.

Il a donc imaginé un réseau social baptisé Zedayt, « Le premier réseau social qui se joue à l’extérieur ». « L’idée était de faire sortir les gens de chez eux. De leur permettre de décrocher des écrans, de prendre l’air, de faire connaissance avec d’autres… ». Mais las, la Covid est passée par là et l’appli est aujourd’hui en sommeil.

Cette satanée pandémie a également mis à mal un autre de ses projets : OLR, pour « On lâche rien ». Il s’agissait cette fois de maraudes à la rencontre de sans-abris. « Pour repérer les besoins, offrir un sandwich, instaurer un lien, détaille le barbu longiligne. Et surtout parler de leur vie professionnelle. Puis, si le profil le permet, envisager une réinsertion et l’accompagner. »

 

La force du réseau et du collectif

Avant de mettre le projet sur pause, un jeune a trouvé un boulot dans une société de services, et un logement dans la foulée. La force du réseau et du collectif, toujours. « Mais entre mon emploi dans le Var et le couvre-feu, les maraudes ne sont plus possibles pour le moment », se désole Bayram. Promis, on reparle de ce beau projet dès que le vent soufflera de nouveau dans ses voiles… ♦

 

*Tempo One, parrain de la rubrique « Solidarité », partage avec vous la lecture de cet article dans son intégralité *

 

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