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À Polytech Marseille, les règles sont l’affaire de tous

Par Nathania Cahen

Journaliste

[bref] L’opération « Périodes » a été montée par le Bureau des élèves, pour lutter contre la précarité menstruelle des étudiantes. Même si elles ne représentent qu’un tiers de l’effectif de Polytech Marseille. Cela résout du même coup les problèmes écologiques et sanitaires liés à l’utilisation des protections périodiques non bio.

 

En septembre 2020, neuf distributeurs proposant des serviettes et des tampons sont apparus sur les trois sites de l’école d’ingénieurs. Des produits gratuits, 100% bio, 100% hypoallergéniques et sans produits chimiques. Le budget global est de 7200 euros pour 10 mois, avec trois sources de subventions. La direction de Polytech en a pris une moitié à sa charge. Tandis que l’autre moitié est financée par le FSDIE (Fonds de solidarité et de développement des initiatives étudiantes) et par le BDE.

Les garçons ont voté le projet sans rechigner. « Ils sont derrière nous et approuvent l’initiative. Ils trouvent ça juste, qu’il s’agisse de l’aspect financier ou de la place accordée aux problématiques de l’effectif féminin de l’école », confie Elena Person, responsable prévention du BDE.

Quant aux protections bio, elles sont fournies par la toute jeune entreprise « Périodes ». Une marque créée par deux anciennes élèves de l’IAE d’Aix.

À Polytech Marseille, le coût des règles n'est pas tabou

Le coût des règles

Le projet, prévu sur l’année scolaire 2020/2021, pourrait être reconduit. En effet, selon une enquête FAGE-IPSOS réalisée en 2020, 30% des étudiantes connaissent la précarité menstruelle. Estimé en moyenne à 4 500 euros à l’échelle d’une vie, le coût des règles pèse en effet lourd dans le budget des femmes et des jeunes filles plus démunies. Les conséquences de cet accès inégal à des protections périodiques sont à la fois nombreuses et dramatiques d’un point de vue sanitaire et social. ♦