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La Cité de l’Agriculture fait sa crise de (super) croissance

Par Hervé Vaudoit, le 7 mai 2021

Journaliste

La ferme du Capricorne, 8500 m² de verger maraîcher - légumes, plantes méditerranéennes et arbres fruitiers @Cité de l'Agri

[au fait !] Lancée il y a un peu plus de 5 ans par Marion Schnorf, la Cité de l’Agriculture de Marseille n’en finit plus de croître et embellir. À l’image des fruits et légumes qu’elle fait pousser aux Aygalades (15e arrondissement), sur les 8500 m² de terres mises à disposition par la Ville de Marseille.

 

À l’inverse de nombreux secteurs impactés par la crise sanitaire, l’activité de l’association a plutôt bénéficié que pâti du Covid 19. La pandémie a en effet mis en lumière ses thèmes de prédilection : agriculture urbaine, circuits courts et alimentation durable. Début 2019, soit quatre ans après sa création, la Cité de l’Agriculture ne comptait pourtant que cinq salariés, deux stagiaires et quelques bénévoles.

 

« À l’époque où nous nous sommes lancés, personne n’y croyait »

Deux ans plus tard, elle a quasiment triplé ses effectifs, avec 14 salariés, 4 stagiaires et quelques jeunes en service civique. Il est vrai que dans l’intervalle, la Cité de l’Agriculture a acquis une vraie légitimité auprès du grand public et des institutions. « Notre force, souligne Marion, 32 ans, c’est d’avoir été pionniers dans des domaines désormais reconnus, ce qui était loin d’être le cas quand nous nous sommes lancés. À l’époque, d’ailleurs, personne n’y croyait. »

Ramener la production de nourriture au plus près du consommateur, à commencer par Marseille, l’une des zones les plus densément urbanisées du pays. Prendre soin des sols en leur épargnant les intrants chimiques mais pas les fertilisants naturels comme les déchets organiques. Expérimenter de nouvelles façons de produire et de consommer. Initier le public à bien acheter et à cuisiner sainement. Créer et animer des réseaux locaux de solidarité… Ce qui passait pour une douce utopie il y a quelques mois, est devenu entretemps un socle de crédibilité particulièrement solide, sur lequel la jeune femme et son équipe souhaitent bâtir leur avenir.

 

 

Référent régional pour l’agriculture urbaine et l’alimentation durable

« Cette longueur d’avance que nous avions nous a permis de monter en compétences et d’être identifiés par l’Ademe pour être le relais, sur l’ensemble de la région, de l’agriculture urbaine et de l’alimentation durable », se félicite Marion. Dans la corbeille de mariage, un financement sur trois ans pour développer ces thématiques. Dans les Bouches-du-Rhône en 2021 et sur le reste de la région Sud à partir de 2022.
La Cité de l’Agriculture a également obtenu des fonds européens, sur l’enveloppe dédiée à la consolidation de la ville écologique dans le cadre du programme pour la recherche et l’innovation « Horizon 2020 ». L’idée, aujourd’hui, c’est de mutualiser les forces des quelque 350 personnes et 70 structures mobilisées sur ces thématiques à Marseille. D’éditer ainsi un annuaire et de transformer l’essai de « fédération de réseaux » mise en test en 2020 auprès de ces personnes et structures.

 

« Cultivons Marseille », un système alimentaire territorialisé

Autre projet sur les rails, l’initiative « Cultivons Marseille », qui vise à constituer un réseau opérationnel d’acteurs engagés dans la transition agro-écologique. L’idée, c’est de construire un « système alimentaire territorialisé » en mutualisant les actions et les compétences pour structurer cet écosystème d’acteurs engagés. L’objectif étant d’offrir à cet ensemble davantage d’impact et de visibilité. De façon à réunir le plus grand nombre possible d’acteurs qui lancent et développent des projets agricoles et alimentaires durables.

 

Recherche locaux plus vastes

Dernière étape majeure dans l’histoire de l’association : l’ouverture au public de la ferme des Aygalades, qui accueille des visiteurs tous les mercredis après-midi depuis la mi-avril. L’inauguration officielle est prévue à l’automne. « On va y créer un bâtiment d’accueil sympa », indique Marion Schnorf. Celle-ci admet vivre en ce moment « une crise d’hyper croissance qui nous prend beaucoup de temps et d’énergie, mais qui est vraiment porteuse d’espoirs pour l’avenir. »

Une crise positive qui va sans doute contraindre l’association à trouver de nouveau murs pour abriter une équipe toujours plus nombreuse. « Il nous faudra 300 à 400 m² pas loin du centre-ville », précise la jeune femme.
Avis aux propriétaires soucieux de louer utile. ♦




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