Fermer

André Dupon : le patron qui rallume l’étincelle des exclus

Par Marie Le Marois, le 12 mai 2021

Journaliste

Avec 32 filiales, 6000 salariés et 100 millions d’euros de chiffre d’affaires, Vitamine T est le leader en France de l’insertion par l’activité économique. À la tête de ce groupe, André Dupon. Depuis son bureau à Lesquin, dans les Hauts-de-France, il réussit à conjuguer social et rentabilité. Mais aussi à remettre sur pied des femmes et des hommes brisés.

 

Aux portes de Lille, Lesquin est une jolie ville aux briques rouges, si caractéristiques du Nord. Près de la voie ferrée se trouve l’ancienne usine Thomson, autrefois la plus grosse entreprise d’électroménager d’Europe qui employait 6000 salariés. Elle a fermé ses portes en 2005 en laissant sur le carreau 130 ouvriers. André Dupon a fait le pari de tous les reprendre et d’installer Vitamine T (T comme Travail) dans leur ancienne usine.

Aujourd’hui, l’entreprise a essaimé en Île-de-France et dans le Grand Est. Elle réinsère des milliers de personnes éloignées de l’emploi, via ses filiales qui vont du démantèlement de frigo au maraîchage bio. Le président nous accueille dans son bureau, gilet sans manche, bracelets grigri et large sourire. Aussi atypique que l’est son parcours.

 

Aussi à l’aise avec ‘’les invisibles’’ qu’avec les grands patrons
Vitamine T unisse Thomson
@Généanet. Ancienne usine Thomson fermée en 2005.

Son portable vibre toutes les deux secondes, mais cet homme à l’imposante carrure prend le temps de me recevoir. M’enveloppe de ses mots chaleureux et de ses yeux bleus pétillants. Propose un café. Parle de Marseille – notre ville -. De la bouillabaisse et des entreprises d’insertion qu’il connaît bien, La Varappe et Acta Vista. Évoque dans la même minute, Vincent, un jeune exclu qui vient d’intégrer Vitamine T et une grosse fondation qui a alloué un million d’euros au programme innovant Dest1.

Il est aussi à l’aise avec ‘’les invisibles’’ qu’avec les grands patrons. Et force l’admiration. « On se bouscule pour être au CA de Vitamine T, c’est une référence », confie un chef d’entreprise du Nord, membre de son conseil d’administration.

Dans le sud, le PDG de La Varappe, Laurent Laïk, a trouvé chez “le plus Marseillais des Lillois”, un « vrai entrepreneur » dans ce secteur de l’économie sociale et solidaire. « Et c’est d’autant plus incroyable vu son parcours ». L’Aubagnais estime qu’innover et expérimenter sont indispensable dans les métiers d’insertion, mais changer d’échelle est primordial pour vraiment transformer la société « et ça, André l’a bien compris ».

 

 

La petite graine : sa rencontre avec Pierre de Saintignon


Ce contenu est réservé à nos abonnés. Soutenez-nous en vous abonnant !.
Vous avez déjà un compte ? Connectez-vous.

Vous rencontrez un problème ?

Nous avons apportés quelques améliorations techniques sur Marcelle.media. 

Si vous rencontrez des problèmes, n'hésitez pas à nous envoyer un message.

Vous rencontrez un problème ?