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Marseille capitale européenne de la mer : il serait temps !

Par Olivier Martocq, le 21 juin 2021

Journaliste

L'exemple de Trieste, où la Barcolana a vu depuis 50 ans sa popularité grandir au point d’être aujourd’hui l’un des plus grands évènements planétaires liés à la mer @Michel Lamberti

« Marseille capitale de la mer » est le nom d’une association et d’une marque déposée par un collectif marseillais qui, depuis trois ans, planche sur cette grande ambition. Passionnés ou experts, issus du monde associatif ou de l’entrepreneuriat privé, tous sont bénévoles. Des dizaines de réunions ont permis de mettre au point des projets clé en main pour lancer, en 2024, une grande manifestation à l’image de ce qui fait pour la culture en 2013. Détail qui a son importance : pas un d’entre eux n’en retirerait un profit professionnel ou personnel. Pour tenter d’accélérer le projet, ils publient aujourd’hui une tribune.

 

2018, si proche et si loin à la fois. Une année qui a vu émerger des projets inédits. C’est d’abord une chef d’entreprise, Olivia Fortin, qui commence à mêler chez elle lors de « soirées poulets » des citoyens et des politiques pour réfléchir à l’avenir de la ville. De ce collectif Mad Mars naîtra « Printemps Marseillais » aujourd’hui aux manettes de la cité phocéenne. Ensuite, c’est une journaliste, Nathania Cahen, qui fédère dix consoeurs et confrères issus de tous les horizons de la presse pour donner plus de sens et de place à des informations positives. Ils lancent un groupe de réflexion incluant chefs d’entreprise, enseignants, et artistes. Marcelle, un des premiers médias en France 100% solutions, en a émergé.

C’est enfin six passionnés de la mer qui font le constat que Marseille ne valorise pas suffisamment cet atout majeur. Ils se mettent en tête de fédérer les forces culturelles, sportives, économiques et sociales de la ville autour de projets concrets. À ce jour, « Marseille capitale de la mer » existe sur le papier et juridiquement, via une association. Un programme détaillé ambitieux a été élaboré. Mais…

 

Inertie politique, poids des réseaux et des intérêts croisés !
« Marseille capitale de la mer » : il serait temps ! 1
Marseille a le savoir-faire pour de grands événements sportifs. Ici la course Monte-Cristo.

La tribune que nous avons accepté de publier se voulant consensuelle et positive, le journaliste que je suis se permet de la contextualiser. Pour faire simple, un travail considérable a été réalisé par des personnes de la société civile, comme on dit. Des heures de réunions, des dossiers techniques, financiers, des recherches de partenariats possibles. Mais au moment de passer au concret, de déclencher le processus, l’association se heurte à l’inertie politique d’une nouvelle équipe municipale qui découvre la complexité des processus de gestion et de décision. N’arrive pas à se défaire du poids des réseaux et des intérêts croisés paralysant les processus décisionnels. « Ne pas se contenter d’approuver sur le principe, mais faire », enjoint Michel Lamberti, président de la Fédération des sociétés nautiques du 13 et de Marseille capitale de la mer. Ce think tank compte aujourd’hui des dizaines de bénévoles qui travaillent les dossiers par spécialité. ♦

 

[pour les abonnés] Les projets concrets en détail – un festival de la mer (sportifs, culturel, gastronomique, économique) –  bassins de nage – plongeoir de mer sécurisé – école des métiers de la mer – Les premiers signataires de la pétition –

  • Création d’un grand festival annuel 

« Marseille capitale de la mer » : il serait temps ! 2À ce jour, il n’existe aucun évènement annuel qui marque l’identité de Marseille. À l’image de la Fête des Lumières de Lyon, de la grande braderie de Lille, des Francofolies de La Rochelle ou encore du Palio de Sienne…

« Marseille capitale de la mer » avait planché pour organiser le 1er festival de la mer, du 8 au 10 octobre 2021, sur le Vieux-Port. Le rendez-vous serait ensuite devenu annuel et gratuit. Ouvert à la culture, au sport, au commerce, à l’histoire, au respect de l’environnement. Un rendez-vous fédérateur, avec des animations sur terre et en mer. Le point d’orgue d’actions menées tout au long de l’année pour impliquer le plus grand nombre de Marseillais. Le programme est tout prêt !

 

La barcolana de Trieste

La référence dans ce domaine est la Barcolana de Trieste qui, depuis 50 ans, ne cesse en effet de voir sa popularité grandir. Au point d’être aujourd’hui l’un des plus grands évènements planétaires liés à la mer et aux activités nautiques.

À titre indicatif, le bilan économique de la Barcolana s’évalue comme suit : 71,5 millions d’euros de retombées économiques dont 6 de recette fiscale. 44 millions d’euros de dépense totale (public + participants + sponsors). Pour un investissement public de 340 000 euros avec un ROI de 18,14. Il y a enfin, pour l’image, les retombées presse : 19 910 parutions tous médias confondus pour une valeur de 26,5 M€.

 

  • Création de bassins de nage
« Marseille capitale de la mer » : il serait temps ! 3
Bassin de nage Vauclin_Martinique @DR

Le reproche est récurrent, Marseille manque de piscines. Le projet consiste à utiliser le domaine maritime pour implanter des bassins de nage. De quoi pallier les insuffisances à moindre coût, tout en sensibilisant à la protection du milieu naturel.

Développer l’apprentissage de la natation pendant la période de vacances scolaires. Les bassins existent, homologués par la fédération française de natation, 100% fabrication française.

L’ambition initiale consiste à implanter trois bassins, au sud, au centre et au nord de la ville. Les premières études, sur deux mois de pratique, ciblent 1500 diplômes de 25 mètres, distribués par des maîtres-nageurs qualifiés. L’accès serait gratuit. Seule contrepartie demandée, librement, la participation dans l’année à une action citoyenne de nettoyage du littoral, selfie à l’appui.

Les financements étaient trouvés. La Mairie n’avait que 40 000 euros à débourser sur les 400 000 euros budgétés (comprenant le transport des enfants sur site). Une des plages du Prado au sud de la ville, une autre à Corbière, au nord, permettaient de lancer l’expérimentation dès cet été. Las, en dehors d’une lettre type marquant l’intérêt de la ville, le dossier s’est perdu dans les limbes de l’administration municipale. Quant aux adjoints concernés, ils sont aux abonnés absents. Tout comme le cabinet du Maire d’ailleurs.

 

 

  • Création d’un plongeoir officiel sécurisé

Un autre projet concret répond aux risques liés au plongeon en mer. Nombreux à Marseille, et médiatisés par le film ‘’Corniche Kennedy’’. Les ‘’spots’’ les plus prisés des jeunes se situent près du Marégraphe et du pont de la Fausse Monnaie, mais aussi du côté du Mucem. Face à ces dangers, des opérations de prévention et de sensibilisation doivent être menées. À l’instar du projet de bassins de nage en mer, l’objectif premier est ici éducatif. Cependant, il n’existe plus de lieu pour la pratique du plongeon à Marseille depuis la fermeture du bassin olympique de Luminy et de son tremplin de 10 mètres.

Pour toucher une population peu impressionnable, quoi de mieux qu’un champion ? En l’occurrence Lionel Franc, plongeur de tête et recordman du monde avec un plongeon de 36 mètres. Le Cassidain se situe déjà dans une démarche éducative en intervenant en milieu scolaire, notamment pendant la période mai-juin. Dans ce contexte, une tentative de nouveau record du monde était programmée au printemps sur le Vieux-Port. Même constat que pour les bassins de nage !

  • Une école des métiers de la mer 

Elle devra voir le jour avant les JO 2024. L’étude est lancée. Les bases ont été posées, au nord de la ville, tournée vers des savoir-faire ancestraux comme des technologies de pointe. Une école d’excellence, au rayonnement international, ancrée dans la ville et reliée aux acteurs régionaux.

 

  • Bonus – Les premier signataires de la pétition

Simon Bernard, Cofondateur et Directeur général de Plastic Odyssey. Johann Berthault, Proviseur du Lycée des Calanques et auditeur du cycle des hautes études européennes à l’Ena. Morga Bourc’his, Triple champion du monde de plongée en apnée. Christophe Caille, Président d’Entrepreneurs pour la planète. Alec Caizergues, Champion du monde de vitesse en kitesurf et Président Directeur général de Syroco. Jean-Luc Chauvin, Président de la Chambre de Commerce et d’Industrie Aix-Marseille-Provence. Laurent Choukroun, Cofondateur et Directeur Général de Synergie Family, Cofondateur de L’Épopée. Bertrand Collette, Président de l’association « Reconstruire le grand houari Ville de Marseille ». Jean-Bernard Constant, Président du Pôle France de voile. Richard Curnier, Directeur Régional Paca de la Banque des Territoires. Boris Cyrulnik, Neuropsychiatre, Directeur d’Enseignement Université Toulon-Sud. Laurent Debas, Cofondateur et Directeur Général de Planète Mer. Faf Larage, rappeur. Cyprien Fonvielle, Président de Neede Méditerranée. Lionel Franc, Recordman du monde de plongeon de haut vol. Paul Leccia, Président du Cercle des Nageurs de Marseille. Hervé Liberman, Président du Comité Régional Olympique et Sportif Paca. Alexandra Oppenheim-Delauze, Présidente Directrice Générale de la Comex. Déborah Pardo, Scientifique, Cofondatrice et Directrice d’Earthship Sisters. Cécile Poujol, Navigatrice, Fondatrice de l’association Fifrelin à La Ciotat. Didier Réault, Président du Parc National des Calanques. Richard Sempéré, Directeur de l’Institut Méditerranéen d’Océanologie ; Fondateur et Directeur de l’Institut des Sciences de l’Océan. Jean-François Suhas, Président du Club de la Croisière Marseille-Provence. Claude-Emmanuel Triomphe, Président de l’association Citizens Campus. Raymond Vidil, Président de la compagnie maritime Marfret. ♦

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