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Les pompiers volontaires, aussi efficaces que les pro

Par Agathe Perrier, le 23 août 2021

Journaliste

[engagéS] Lionel est sapeur-pompier volontaire, comme près de 80% des soldats du feu en France. Il exerce cette mission sur son temps libre, à côté de son métier de… marin-pompier. Deux activités aux tâches parfaitement identiques, mais bien différentes dans la pratique sur le terrain.

 

À 43 ans, Lionel fêtera l’année prochaine ses vingt ans de carrière en tant que marin-pompier. Et non pas sapeur-pompier. Car, à Marseille comme dans la capitale notamment, les soldats du feu sont militaires et non civils (voir bonus). « C’est un métier où l’on se sent utile, où on est toujours récompensé par un merci ou un sourire après une intervention », apprécie-t-il.

Cet anniversaire sonnera la fin de deux décennies de bons et loyaux services. Lionel prendra sa retraite militaire pour embrayer sur un travail dans le civil. « Le fonctionnement chez les marins-pompiers est pyramidal. Au fur et à mesure des années, il y a certaines missions que l’on ne fait plus. On est par exemple dans les camions quand on est jeune, mais à partir de 40 ans on s’occupe de l’administratif », confie le militaire. Une nouvelle facette de son métier qui ne lui correspond pas. C’est d’ailleurs pour cela qu’il s’est inscrit comme pompier volontaire en 2015, à la caserne d’Allauch, afin d’anticiper cette prise de distance forcée avec le terrain. Chez les sapeurs, l’âge n’empêche en effet pas d’aller en intervention. Une activité qu’il exerce sur son temps libre et qu’il continuera en parallèle de son futur job, en vrai passionné.

 

 

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Lionel est pompier volontaire depuis 2015 en parallèle de son métier de marin-pompier © DR
Comme un pro, sans l’être

Sur le papier, un pompier volontaire exerce les mêmes missions qu’un professionnel. Seul différence : ce n’est pas son métier. « Les interventions sont majoritairement sanitaires, à savoir porter assistance aux gens. À la base, les pompiers sont appelés pour opérer sur la voie publique. Mais aujourd’hui, on fait tout ce que les autres ne font pas. Le médecin ne peut pas se rendre au domicile d’un patient ? On envoie les pompiers. Une ambulance n’est pas disponible ? On envoie les pompiers ». Ils sont évidemment aussi réquisitionnés en cas d’incendie ou de feux de forêt (bonus). C’est d’ailleurs souvent ce qui déclenche les vocations. « On ne souhaite pas qu’il y ait un incendie quelque part, mais le jour où ça arrive, on préfère que ce soit lors de notre garde que le jour d’après », glisse le marin-pompier.

Malgré sa profession, Lionel est passé par les mêmes étapes que n’importe quel aspirant à la mission de pompier volontaire. À savoir des tests sportifs, écrits et un entretien. Il a également suivi la formation commune à toute nouvelle recrue (secourisme, incendie, opérations diverses). Le fonctionnement est ensuite propre à chaque caserne. À Allauch, les gardes en journée sont rythmées par des inventaires, des manœuvres, du nettoyage. Sans oublier l’heure de sport. Le temps est donc bien occupé en dehors des interventions. La nuit par contre, les pompiers peuvent se reposer tant qu’ils ne sont pas appelés. Les gardes s’étendent sur 12 ou 24 heures. Lionel réalise les siennes au milieu de ses trois jours de repos hebdomadaires. En respectant un laps de temps de 11 heures entre ses gardes de volontaire et celles de marin-pompier.

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À la caserne d’Allauch, 110 pompiers sont volontaires sur les 130. Ils ont entre 18 et 65 ans et exercent tous types de métier (ouvrier, ingénieur, infirmier…) © DR
Volontariat mais pas bénévolat

D’un point de vue légal, le volontariat chez les pompiers est limité à 1 500 heures par an, soit 125 heures par mois. Les vacations de Lionel – qui réalise moins d’heures que le quota maximum – lui rapportent de l’ordre de 500 euros net par mois, sachant que cette activité n’est pas imposable. Car non, volontariat ne veut pas dire ici bénévolat. « Sans rémunération, beaucoup n’exerceraient pas cette mission. Or, dans ma caserne, sur 130 pompiers, nous sommes 110 volontaires », souligne le quadragénaire. Certaines communes ne comptent même aucun pompier professionnel et sollicitent leurs volontaires en cas de besoin. Cela s’explique par les coûts : là où les interventions ne sont pas nombreuses, il revient moins cher de missionner une personne ponctuellement que d’embaucher à temps plein.

Cette course à la rentabilité n’existe pas chez les marins-pompiers de Marseille. Les effectifs tournent constamment au complet. Si quelqu’un est absent ou en retard, il est automatiquement remplacé par un collègue. « C’est militaire », reconnaît Lionel. Et d’ajouter : « Ce côté carré me convient. On travaille dans de meilleures conditions puisqu’il ne manque jamais personne, puisqu’on maîtrise parfaitement le métier et qu’on se connaît tous. Ce n’est pas le cas avec les pompiers volontaires, qui n’en ont que plus de mérite ! », considère-t-il. Entre un professionnel et un volontaire, la population ne voit par contre aucune différence, preuve de la qualité du service rendu par les uns et par les autres. ♦

 

Bonus 

[pour les abonnés] – Civils et militaires – Les chiffres en France – Devenir pompier volontaire –

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