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De jeunes Grenoblois agissent pour la santé sexuelle et les enjeux de genre

Par Zoé Charef, le 12 juillet 2022

Journaliste

Juin était le mois des fiertés. L’occasion de rencontrer le Groupe Jeunes du Planning Familial de Grenoble. Ici, des jeunes s’activent pour d’autres jeunes autour d’enjeux de santé sexuelle et de genre.

Alcide a 19 ans. Avec Sam, à peine plus vieux, ils sont en service civique au Planning Familial de Grenoble Gambetta. « Deux salariées ont décidé de lancer des actions sur le thème de la santé sexuelle, du genre et de la sexualité en général, explique Alcide. Depuis mi-octobre, on donne vie à ce projet. »

 

Le plus grand réseau associatif et militant

Le Planning Familial est né il y a plus de 60 ans de la lutte pour l’égalité femme – homme, pour le droit à une sexualité épanouie et à la santé sexuelle. C’est le plus grand réseau associatif et militant à offrir des services de ce type en France. Il compte plus de 70 antennes en France. Dont celle de Grenoble Gambetta, où les actions reposent sur deux axes. D’abord le médicosocial. C’est, comme Alcide le précise, « quand on va voir une conseillère pour qu’elle prescrive une pilule ou des médicaments, pour qu’elle nous aide dans des situations de discrimination sexuelle, ainsi que l’accompagnement des personnes trans. » Il y a ensuite l’axe associatif, comprenant la lutte féministe, avec des manifestations et des distributions de protections périodiques par exemple.

Le Groupe Jeunes du Planning est relié à l’axe associatif puisqu’il organise des groupes de discussion, des projections de film ou encore des soupes collectives. Mais Alcide souligne qu’ils travaillent également avec les conseillères médicales « pour faire des interventions scolaires. »

 

Des jeunes motivés pour se retrouver et « établir un contre-pouvoir »

Le Groupe est né il y a moins d’un an du « réel besoin d’avoir un groupe dans lequel les jeunes peuvent s’investir », confirme Alcide. Une communauté pour se retrouver et discuter, préparer les pancartes pour les manifestations, tenir des stands d’information sexuelle…

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Les membres du Groupe Jeunes Grenoble lors d’une manifestation. © Groupe Jeunes

Lorène, 20 ans, une licence en poche et une motivation hors norme, ne connaissait pas le Planning avant d’intégrer le Groupe Jeunes. « Je n’avais jamais vraiment été impliquée dans un groupe militant, confie-t-elle. J’ai été engagée dans les luttes écologiques et sociales, mais j’allais juste manifester, pas plus ! J’ai vraiment compris l’importance du Planning en entrant dans le Groupe. » Elle fait maintenant partie de la quarantaine de « personnes bien investies. » Alcide, déjà très présent dans le milieu militant, avait « énormément entendu parler du Planning. Surtout dans le milieu trans ! Ça m’a donné envie participer, de pouvoir moi aussi participer à cette structure qui établit un contre-pouvoir. »

Le Planning de Grenoble Gambetta a la particularité d’accompagner les personnes trans dans leurs transitions. Le Groupe est ouvert à tous entre 16 et 25 ans, et Alcide témoigne que « beaucoup de jeunes des communautés et milieux LGBTI de Grenoble viennent nous retrouver. Certains sont déjà formés au militantisme, d’autres font leurs premiers pas ici. »

 

♦ Lire aussi : À Marseille, un havre de santé pour les 12-25 ans

 

Une formation pour qualifier les jeunes bénévoles aux interventions scolaires

Une formation Genre et santé sexuelle est dispensée par le Planning. Gratuite pour tous les membres du Groupe, elle est « qualifiante, faite pour que les jeunes bénévoles et impliqués soient à même de faire des interventions scolaires et des animations sur des sujets de santé sexuelle », présente Alcide. « J’ai fait la formation, raconte Elora, en année de césure et impliquée dans le Groupe Jeunes depuis six mois. Donc je tiens souvent des stands d’éducation et de prévention sexuelles. Par exemple sur le campus de Université Grenoble-Alpes. »

Et Lorène d’ajouter : « Cela permet aux gens de se sentir plus légitimes à prendre des initiatives, à être des éléments moteurs du Groupe ! » Grâce à cette formation, Alcide et Sam ont pu faire des interventions dans des lycées grenoblois. Pour y présenter le Planning Familial 38, pour parler des droits des personnes LGBTI et « pour que les jeunes sachent qu’ils peuvent aider et se faire aider en cas de besoin » ajoute Alcide.

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Le stand du Groupe Jeunes avec ses prospectus. ©Lorène

Si Lorène reconnaît que le Groupe n’a pas encore « la force et l’ampleur nécessaire pour être de toutes les luttes grenobloises », elle se félicite d’avoir participé à plusieurs groupes de travail, que ce soit avec la Coordination féministe (voir bonus) ou pour préparer le premier congrès du Groupe Jeunes.

 

« J’ai un peu foncé tête baissée et j’ai été agréablement surprise »

C’est une amie d’Elora qui a partagé avec elle l’annonce de recrutement de bénévoles en décembre dernier. « J’ai un peu foncé tête baissée et j’ai été agréablement surprise. » Elle se remémore la projection en plein air du film Pride (de Matthew Warchus) qu’ils ont organisée début juin. « On était trop fiers ! On souhaite vraiment s’inclure dans le réseau de militantisme grenoblois. Notre but est de faire le plus d’événements possibles sur la santé sexuelle : des stands, mais pas que ! » Le Groupe a également collaboré avec l’association Rita (voir bonus) en novembre dernier, en organisant une soupe collective et un atelier de pancartes pour la journée internationale de visibilité transgenre.

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Le drapeau du Groupe Jeunes. © Groupe Jeunes

« Ça a créé une dynamique, une implication que je n’espérais même pas, c’est vraiment cool ! », se réjouit Alcide. Tout en nuançant : « Bien sûr, il y a quelques trucs sur lesquels on aurait pu faire un peu mieux. Mais ça prend du temps de s’organiser, de régler chaque détail. »

Apprenant de leurs erreurs, les bénévoles-militants se sont déjà plongés dans l’organisation d’une nouvelle projection du film Pride dans une bibliothèque de Grenoble, avec l’envie d’y convier des scolaires.

L’autre grand projet ? « Un podcast sur les personnes trans menstruées ! clame fièrement Elora, si on veut réussir à se faire connaître du milieu militant grenoblois et plus largement, il faut y aller à fond ! » ♦

 

Bonus
  • Le profil Instagram du Groupe jeunes compte presque 500 abonnés et présente ses actions et événements.
  • L’association RITA s’implique au côté de personnes trans et intersexe et collabore avec le Planning Familial.
  • La Coordination féministe est un réseau de collectifs féministes français dont l’objectif est de créer un espace de rencontres et débats militants.

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