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La boxe, exutoire contre les violences conjugales

Par Marie Le Marois, le 4 mars 2022

Journaliste

Walida boxe pour se libérer des violences subies. Son parcours est évoqué dans le documentaire ''Quand elles passent à l'action'' de Marion Lary

[Au fait] Une projection-débat du magnifique documentaire sur les violences conjugales de Marion Lary – « Quand elles passent à l’action » – a lieu le 5 mars à Paris et le 8 mars à Sète. L’occasion de donner la parole à Walida* devenue libre grâce à la boxe.

 

« C’était en 2019, je m’en souviens encore. J’étais assise sur un banc attendant la fin du cours de boxe de mes filles quand, soudain, je me suis levée. J’ai commencé à courir avec elles. De plus en plus vite. Moi qui ne pratiquais plus aucun sport depuis des années, je suis passée d’un extrême à l’autre en une séance.

 

« Je me lavais de l’intérieur »

J’ai intégré dès la semaine suivante le groupe adulte. Pendant trois heures, on enchaînait course, mouvements, saut à la corde, sac et combat. C’était intense mais je ne ressentais aucune fatigue. Peu importe que je sois malade ou qu’il pleuve, j’y allais. Il fallait que je tape dans ce sac, j’étais devenue accro. Pendant une heure, je cognais sans m’arrêter. Je déchargeais toute la colère et la haine que j’avais au fond de moi et qui m’empêchaient d’avancer. Toutes ces années à subir la violence de mon mari. Je me lavais de l’intérieur, comme le disait mon entraîneur.

 

« J’ai pris confiance en moi »

Dans la salle, il n’y avait que des hommes. Alors, je combattais contre eux. Le fait de me mesurer avec des boxeurs expérimentés, musclés, que je devais regarder droit dans les yeux, m’a donné confiance en moi.

Mon entraîneur était toujours derrière moi, à m’encourager si j’avais des baisses d’énergie ou des doutes sur le fait d’avoir quitté mon mari. Il me rassurait, me confortait dans ma décision. Car c’est dur de partir, j’ai fait plusieurs tentatives, plusieurs allers et retours avant de m’y résoudre.

 

 

« J’ai eu le courage de le quitter définitivement »

Petit à petit, une nouvelle énergie s’est mise en route. Moi qui étais détruite, je me suis relevée. J’ai eu le courage de quitter définitivement mon mari et de trouver refuge à Solidarité Femmes 13 qui m’a mise à l’abri avec mes deux enfants dans un endroit anonyme.

Au bout de deux ans, j’ai arrêté de boxer. J’étais venue à la salle comme chaque semaine, je m’apprêtais à taper dans le sac et puis plus rien. Je n’avais plus de colère. Plus de haine. Toutes ces émotions négatives qui m’empêchaient d’avancer s’étaient envolées. Je m’en étais libérée.

 

‘Je suis devenue une femme libre »

Dès lors, j’ai pu commencer une nouvelle vie, c’est à dire une vie normale. La précédente est tellement derrière moi que j’ai du mal à la décrire mais disons que je vivais tellement dans la peur que j’essayais déjà de tenir la journée. Aujourd’hui, j’arrive à me projeter. La boxe m’a aidée à établir des objectifs, être endurante et ne rien lâcher. Je suis caissière à mi-temps et j’ai repris mes études dans la santé. Je suis une femme libre ».♦

*Témoignage recueilli dans le cadre d’une enquête pour Avantages

 

Bonus

  • Walida intervient dans le film de Marion Lary ‘’Quand elles passent à l’action…‘’ Projection le 5 mars à 11h au Luminor, 20 rue du Temple, Paris 4ème et le 8 mars au cinéma des quais à Sète. +d’infos ici
  • Solidarité Femmes 13 a reçu le Prix de l’ESS 2021, catégorie ‘’Innovation sociale’’, pour le projet ‘’Le Quadrathlon des femmes : se reconstruire par et vers le sport’’. 

 

Doc sur les victimes de violences conjugales

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