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Établir le dialogue entre les citoyens et leurs collectivités

Par Rémi Baldy, le 7 novembre 2019

Journaliste

Après un premier test concluant en Irlande, la start-up Smart Futures veut profiter des élections municipales pour promouvoir sa solution de rapprochement entre citoyens et collectivités. Elle vient de créer un site dédié à Marseille, où les habitants peuvent exposer leurs attentes aux candidats.

 

Rapprocher citoyens et collectivités pour gommer les travers du quotidien : une tâche ambitieuse, bien difficile à coucher sur un programme électoral. Pour Daniel Vanetti et Grégoire Piette, la solution se trouve dans les outils numériques. Avec leur société Smart Futures, ils ont développé une application qui permet à tout un chacun de signaler des problèmes urbains. Vous voyez un tag sur un mur, une fuite d’eau ou un éclairage défaillant ? Il suffit de quelques clics et d’une photo pour le signaler au service compétent. L’application se charge ensuite de jouer les intermédiaires.

La collectivité peut aussi se servir de cet outil pour informer sur le déroulé de l’intervention. Ou quand l’abstrait du numérique rencontre la réalité du quotidien. « Nous voulons favoriser la collaboration avec les citoyens afin d’optimiser les services de la ville », explique Daniel Vanetti, le directeur général de la start-up. Pour inciter les contributions, les utilisateurs de l’application reçoivent des récompenses. Il peut s’agir d’un bon d’achat pour un café ou d’un billet pour une activité sportive et culturelle par exemple. À charge pour les collectivités de choisir les goodies.

 

Un premier test en Irlande

Cette solution doit être mise en place début 2020. La première version de l’application n’étant pour l’instant disponible qu’en… Irlande. En début d’année, un premier test au sein du Tolka Valley Park, à Dublin, a eu lieu pendant six mois. Il se bornait à permettre aux citoyens de livrer leurs suggestions pour améliorer les lieux. Une sorte de référendum d’initiative citoyenne (RIC) ultra local ? « Un peu », sourit Grégoire Piette. Dans le cas de Dublin, « il y a eu comme propositions d’organiser des événements à l’intérieur du parc et de renforcer la sécurité », relate le président de la start-up qui juge ce premier test « très positif ». Un avis partagé côté Irlandais puisqu’une nouvelle version bêta est sur le point d’être lancée, cette fois sur tout le comté de Fringal, au nord de la capitale. Si Smart Futures vise d’abord les collectivités, elle souhaite à terme proposer son application aux professionnels des parcs de loisirs ou de l’hôtellerie.

Jean-Michel Morillon, directeur technique, Grégoire Olivier, développeur mobile & front, Daniel Vanetti, directeur général, et Grégoire Piette, président. Crédits : Smart Futures

Les municipales comme vitrine

Pour l’instant, la start-up aixoise compte cinq personnes et peine à contractualiser avec des acteurs en France. Il faut dire que l’approche des élections municipales ne favorise pas forcément les signatures de partenariats. En revanche, cette échéance peut offrir une belle vitrine. « Nous allons essayer d’en profiter pour gagner en notoriété et montrer ce que nous sommes capables de proposer aux candidats », avance Grégoire Piette.

Un site web MM20, pour Marseille Municipales 2020, vient de voir le jour. « Il s’agit d’une opération de participation des citoyens qui se déroule en trois temps, d’abord une consultation sur les thématiques qu’ils jugent importantes à traiter, puis un vote sur des propositions qu’ils souhaitent pour améliorer leur quotidien et enfin un quizz pour connaître leur taux de compatibilité avec les candidats », décrit le président de Smart Futures. Premier signe encourageant : le prix de l’innovation, décroché lors du salon des maires et des collectivités locales dans la catégorie nouvelles technologies de l’information et de la communication.

En attendant de trouver des partenaires, Smart Futures parvient à s’autofinancer à 30% grâce à son activité irlandaise. Pour le reste, elle bénéficie du soutien de la BPI, Paca Emergence et de l’investisseur Joseph Arakel (président du groupe de logistique Tempo One). Une levée de fonds vient par ailleurs de débuter avec un objectif de 850 000 euros. Une ouverture de capital qui permettrait à la start-up d’élargir ses services. ♦


Bonus

  • C’est le projet dans le projet. Pour Daniel Vanetti, la réutilisation des encombrants est un objectif depuis longtemps. Il avait déjà initié un projet dans ce sens en 2015 baptisé Smart Cycle. Cette fois, l’idée serait donc d’ajouter cette flèche dans le carquois de services de Smart Futures.

« Nous aimerions donner une seconde vie à des objets qui ne sont plus utilisés, en mettant en relation ceux qui les jettent avec des particuliers ou des organismes intéressés », explique Grégoire Piette. C’est pour ce projet que la start-up a intégré l’accélérateur Incoplex Green Sud dédié aux entreprises innovantes dans l’économie verte et circulaire.

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