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Une ONG provençale pilote la journée mondiale de l’environnement

Par Agathe Perrier, le 20 avril 2022

Journaliste

Chaque 22 avril depuis 52 ans, le Jour de la Terre est l’occasion d’inciter le plus grand nombre à agir en faveur de la protection de l’environnement et de la biodiversité. Le Geres, une ONG née à Marseille, est chargé cette année de coordonner les manifestations menées partout en France. Une mission d’envergure, dans la droite ligne de ses actions en faveur de la transition énergétique et de la solidarité climatique.

 

Elle n’a pas la renommée nationale ou mondiale de grosses ONG telles France Nature Environnement ou Greenpeace. C’est pourtant bien le Geres qui a été choisi pour piloter le Jour de la Terre, ce rendez-vous mondial dédié à l’environnement. Organisé pour la première fois en 1970, l’événement s’est depuis imposé comme le plus grand mouvement environnemental participatif de la planète. Plus d’un milliard de personnes dans 193 pays s’y sont été impliquées en 2021, en organisant et/ou participant à des actions en faveur de la protection de nos écosystèmes.

Comment cette ONG, née à Marseille en 1976 et installée à Aubagne, s’est vu confier la tête d’une telle manifestation ? « On partage de nombreux points communs avec le Jour de la Terre Canada, l’association qui porte l’événement au niveau mondial. Car une de nos missions est d’accompagner des entreprises et collectivités qui veulent mettre en œuvre des stratégies et solutions de développement durable », explique Gilles Martin-Gilis, directeur du service développement et mobilisation du Geres. Lorsque la structure canadienne a souhaité passer le flambeau de l’organisation à la France, c’est donc naturellement vers le Geres qu’elle s’est tournée.

 

 

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L’édition 2022 du Jour de la Terre a pour thème l’éco-anxiété, un mal encore méconnu mais qui fait de plus en plus parler.

L’éco-anxiété, fil rouge de 2022

Le Geres est à la manœuvre du Jour de la Terre depuis janvier dernier. À peine trois mois avant la date clé. L’ONG n’a donc pas vraiment eu le temps de monter un événement d’envergure pour animer la journée, mais ce sera le cas l’année prochaine promet-elle. En attendant, elle a joué son rôle de pilote en coordonnant tous les projets portés par des citoyens, associations, entreprises, institutions. Des initiatives regroupées sur une même carte interactive et auxquelles tout le monde est invité à prendre part. « Chacun peut également proposer sa propre action, à condition qu’elle colle aux 10 valeurs de l’événement (ndlr : voir bonus). Ou juste relayer la célébration sur les réseaux sociaux », indique Gilles Martin-Gilis.

La thématique de cette 52e édition est l’éco-anxiété, un mal encore méconnu, néanmoins de plus en plus abordé. Il s’agit d’un sentiment de préoccupation, d’inquiétude, d’anxiété et d’angoisse lié aux crises environnementales. Aussi bien le changement climatique, que la multiplicité des catastrophes naturelles, la pollution, la déforestation…

« L’idée cette année est de montrer qu’on est capables de soigner le monde en engageant des actions simples », glisse Gilles Martin-Gilis, convaincu que chaque geste, quelle que soit sa dimension, peut faire bouger les lignes. Pour lui, ce sont d’ailleurs les citoyens et acteurs locaux (associations, entreprises, collectivités) qui pourront créer une dynamique et compenser la défaillance des États en matière environnementale. D’où ce rappel : « Le Jour de la Terre c’est le 22 avril, mais aussi tous les jours ! ».

 

 

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La zone d’activité électrifiée imaginée par le Geres dans le village de Konséguéla, au Mali © Geres / Fertil Ink

Le Geres, acteur de l’ombre dans le monde…

Contrairement à de nombreuses structures environnementales bien connues de la population, le Geres n’est pas une ONG de plaidoyer. Elle œuvre principalement dans l’ombre, loin des lumières médiatiques. « On développe chaque année des projets qui œuvrent à l’amélioration des conditions de vie et luttent contre les changements climatiques et leurs impacts. On est présents dans une quinzaine de pays du monde »,expose Gilles Martin-Gilis.

Plus de 70 projets ont ainsi été mis en place. Au Mali, le Geres contribue depuis 2015 à l’installation de zones d’activités électrifiées. À savoir des bâtiments bioclimatiques (adaptés au climat et son écosystème) alimentés à l’énergie solaire et destinés à de petites entreprises et artisans. Autre exemple au Tadjikistan, où l’ONG a lancé en 2021 un projet de solutions énergétiques durables pour l’habitat. Il consiste à isoler certaines pièces dans les maisons pour y installer un récupérateur de chaleur. Ce système sert à la fois de four d’appoint et à optimiser le chauffage. Résultat : une réduction de la consommation de combustible et plus de confort dans les foyers.

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Au Tadjikistan, le Geres installe des récupérateurs de chaleur dans les logements pour optimiser le chauffage et servir de four d’appoint © Geres

… et aussi en France

Le Geres agit également en France, en région Provence-Alpes-Côte d’Azur principalement, notamment contre la précarité énergétique. « On réalise des diagnostics de logements puis on met à disposition des ménages des outils pour réduire leur consommation tout en diligentant de petits travaux. C’est d’autant plus important que les conséquences de la précarité énergétique se ressentent aussi bien sur la santé des personnes que sur le psychologique ou les relations sociales. Sans oublier que les économies d’énergies se répercutent également dans le portefeuille », souligne Gilles Martin-Gilis.

Pour mener à bien toutes ses actions, l’ONG compte majoritairement sur des subventions publiques. Elles ont représenté 84% de ses ressources totales en 2020 (près de 7,3 millions d’euros). C’est pourquoi elle souhaite développer le mécénat afin d’avoir plus de marge de manœuvre d’un point de vue financier. En tant que pilote du Jour de la Terre, elle devrait gagner en notoriété et peut-être y parvenir.

Nos soutiens 9parraine la rubrique « Environnement » et vous offre la lecture de cet article *

 

Bonus

[pour les abonnés] – Les 10 valeurs du Jour de la Terre – 3 ans pour garder une planète vivable –

  • Les 10 valeurs des événements du Jour de la Terre Pour faire partie de la liste des événements officiels, chaque initiative doit :
  1. Sensibiliser positivement les citoyens aux solutions existantes et développer de nouvelles pratiques en faveur de l’environnement.
  2. Être inclusif et encourager la participation de toutes et tous, sans aucune discrimination.
  3. Stimuler l’éducation et l’action en faveur de l’environnement.
  4. Être apolitique et non religieux.
  5. Favoriser le passage à l’action.
  6. Rester non-commercial, à l’exception des partenaires autorisés du Jour de la Terre.
  7. Respecter l’environnement et les principes du développement durable.
  8. Demeurer pacifiste et solidaire.
  9. Respecter l’utilisation du logo du Jour de la Terre et de sa marque déposée.
  • 3 ans pour garder une planète vivable – Le 4 avril dernier, le Giec (groupe d’experts du climat de l’ONU) a publié un rapport consacré aux solutions pour réduire les émissions de gaz à effet de serre. Ses préconisations ont pour objectif de limiter le réchauffement climatique à 2°C. Car celui de 1,5°C prévu par l’accord de Paris de 2015 est, pour eux, très voire trop ambitieux. Pour cela, il faut réussir à inverser la courbe des émissions de gaz à effet de serre d’ici 2025 afin de garder une planète « vivable ». Ce qui nécessite des transformations majeures dans tous les secteurs : énergies, industrie, agriculture, transport…

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