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L’aéroport de Toulon-Hyères fait voler les abeilles

Par Olivier Martocq, le 21 juin 2019

Journaliste

Les abeilles sont devenues l’un des symboles de la lutte pour la défense de l’environnement. L’aéroport de Toulon Hyères a profité de la troisième édition de l’opération « Des fleurs pour les abeilles » pour mettre en avant ses ruchers. Prétexte tout trouvé pour dévoiler sa stratégie environnementale. Un aller-retour à Hyères s’imposait et je n’ai pas été déçu.

 

L’aéroport de Hyères fait voler les abeilles 2Les opérations de comm’ sur le sujet sont légion – ce qui n’est pas une critique – afin que le grand public reste mobilisé : ne relâche pas la pression sur les pesticides, les faux miels, la mise en place de labels de qualité incontestables pour l’information du consommateur etc… Il ne se passe pratiquement pas un jour sans que je ne reçoive un mail de Vinci. Quand on pèse plus de 43 milliards, qu’on emploie 211 000 personnes dans 100 pays dans des secteurs aussi divers que la construction, l’énergie, les concessions d’autoroutes, de parking ou d’aéroports, cela donne beaucoup d’informations dont abreuver les journalistes. Le mail concernant AirPact en provenance de l’aéroport de Toulon aurait été glissé directement dans la corbeille si son titre « L’abeille, meilleure ouvrière de France » n’avait attiré mon attention. Il mentionnait de plus une manifestation destinée au grand public et plus particulièrement aux enfants « dans le cadre du programme national Abeille, sentinelle de l’environnement® et de notre partenariat avec l’Union Nationale de l’Apiculture Française » : les APIdays®.

L’aéroport, un site favorable aux abeilles !  

L’aéroport de Hyères fait voler les abeilles 1L’apiculteur qui accueille les visiteurs s’appelle Sylvain d’Estre. Formateur dans une première vie, il s’est lancé dans le métier par passion il y a 4 ans, après avoir reçu une formation d’un an au CFPPA de Hyères et obtenu le brevet de responsable agricole, spécialisation apiculture. Dans le cadre du fameux partenariat mentionné par Vinci, il a installé trois colonies dans l’enceinte de l’aéroport. Ce qui lui permet de comparer la productivité et la qualité de leur miel par rapport à d’autres, disséminées dans la commune très étendue et très agricole de Hyères. Et là, surprise ! Son rucher de l’aéroport est pour la seconde année celui qui produit le plus. « On sait que quand on est sur des zones où il y a de l’électromagnétique, cela rend les abeilles agressives. Ça n’est pas le cas ici. Et j’ai une intuition : les abeilles se sont habituées au bruit et au trafic qui mettent à distance d’autres insectes et des prédateurs comme les oiseaux. D’où une tranquillité paradoxale ». La miellée est importante, constate l’apiculteur, alors que les conditions météo n’étaient pas favorables cette année. Mais depuis 10 ans, l’aéroport ne traite plus la totalité de ses espaces verts et 80% des engins de pistes sont électriques, gages d’un environnement plutôt sain pour les abeilles.

 

L’apiculteur, un paysan très affairé !

L’aéroport de Hyères fait voler les abeillesPour en vivre correctement, un apiculteur a besoin de 250 ruches en production, soit 300 à 400 ruches pour pallier aux pertes. Cela représente un nombre conséquent d’insectes autour de la reine, de 30 à 60 000 selon les ruches et la saison. L’idée selon laquelle l’apiculteur serait avant tout un rêveur passif est totalement fausse. Pour faire du miel, il ne suffit pas d’avoir une ruche et d’attendre. Le premier travail se rapproche de celui du vétérinaire. Il consiste à mettre la colonie d’abeilles dans une atmosphère exempte de stress, notamment sur le plan sanitaire, car les premières pertes sont liées aux infections et aux parasites. Il faut ensuite des ressources en pollen suffisantes, ce qui fait que « l’apiculteur est aussi un déménageur ». Les abeilles butineuses collectent le nectar dans un rayon de 3 km. Sur un même site, un rucher va compter de l’ordre de 30 à 50 ruches. Il doit veiller à ce qu’il y ait des fleurs pour que ses protégées puissent butiner. Et là se pose la problématique des pesticides mais aussi de la floraison liée à la pluviométrie, la chaleur et d’autres paramètres météorologiques comme le vent. Il y a des floraisons successives et il faut aller les chercher là où elles sont. Les miellées sont successives : « On commence par un miel de bruyères blanches puis de maquis de printemps, puis miel de thym de garrigue et dans la période sèche à partir de juin, on va transhumer, et installer les ruchers à la montagne. Parce qu’il fera moins chaud et que les fleurs y seront encore vivaces. »  D’où l’autre nom de l’apiculteur : le berger d’abeilles.

 

Comment reconnaître un bon miel ?

L’aéroport de Hyères fait voler les abeilles 3Les conseils proviennent du dossier de presse de « Miel Martine », une marque née il y a tout juste un an en Provence, au Château La Martinette. Il existe une technique très simple : prenez une cuillère à café de miel, placez-la dans un verre d’eau. Si le miel se dissout, cela signifie qu’il n’est pas pur. Le miel pur, lui, reste solide comme un bloc.

Le miel est le reflet d’un terroir. Comme pour le vin, il y a des termes à connaître. Avant de le porter à sa bouche il faut le regarder et le respirer. •  Sa robe, unie et uniforme, peut prendre des teintes distinctes allant du blanc au noir, en passant par une palette de jaunes, de roux, d’oranges et de marrons. •  Son odeur doit être discrète, délicate. Certains miels comme celui de lavande sont typés et évocateurs. •  Sa texture va de dure à liquide, en passant par crémeuse. La cristallisation est une constante et dépend du taux de glucose. Aux deux extrémités de l’échelle : le miel de lavande cristallisera le plus vite, le miel d’acacia le plus lentement.

 

Et Vinci dans tout ça ?

Ayant été passionné par cette rencontre et les informations recueillies, je vais en signe de remerciement conclure cet article par l’information que Vinci entendait faire passer par mon canal. « Nous sommes fiers de pouvoir présenter des chiffres encourageants pour l’Aéroport Toulon Hyères : -6%* de consommation d’énergie, -25%* de consommation d’eau par passager, 97% des déchets dangereux valorisés ». Autant de bonnes nouvelles pour l’environnement. ♦

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