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Premières Urgences, un docu réconfortant sur l’hôpital

Par Aïssa Grabsi et François Crémieux, le 14 janvier 2023

© Haut et Court

Aïssa Grabsi, directeur de l’association Le Sel de la Vie, et François Crémieux, directeur général de l’Assistance Publique Hôpitaux de Marseille (AP-HM), se réjouissent et commentent ce film  d’Éric Guéret. Le documentaire suit cinq étudiants en médecine pendant leur premier semestre d’internat aux urgences de l’hôpital Delafontaine, en région parisienne.

« Alors que l’hôpital fut au cœur de nos vies pendant ces années de crise COVID et que l’actualité tourne autour de la crise de notre système de santé et de l’avenir de l’hôpital public, suivre ces moments de vie de ce service d’urgence est d’abord une immense bouffée d’optimisme. Ces jeunes futurs médecins sont aussi humbles dans leurs pratiques quotidiennes (« moi personnellement, j’ai peur de mal faire surtout… ») qu’ambitieux pour l’hôpital public (« c’est super de se dire qu’on peut soigner tout le monde sans se poser de question sur leur situation sociale »).

 

Une image de la jeunesse réductrice, fantasmée et dénuée de vérité

Premières Urgences, un docu réconfortant sur l'hôpital
Affiche du film documentaire Premières Urgences ©DR

Ces jeunes nous donnent une grande bouffée d’optimisme et d’enthousiasme, eux dont on dit trop souvent n’importe quoi : qu’ils ne seraient plus comme ceci ou comme cela, qu’ils n’auraient plus le même engagement qu’avant, qu’il en faudrait trois pour succéder à un qui part en retraite et qu’ils pinailleraient sur les repos de garde ou la rémunération des dimanches quand avant on aurait tout donné sans jamais compter. Ces diatribes renvoient parfois à une part de vrai mais pour finalement construire une image réductrice, fantasmée et dénuée de vérité de la jeunesse qui fait tourner nos hôpitaux.

Les jeunes qui quittent les bancs des facultés de santé ou des instituts de soins infirmiers pour prendre la relève dans nos hôpitaux publics ont pour principale particularité qu’ils sont… jeunes. Ils et elles ne portent pas moins les très belles valeurs d’humanisme, de solidarité ou d’engagement. Ils n’ont pas moins de courage ou d’ambition pour l’hôpital public.

Et pourtant, Guéret filme l’équipe du chef de service Mathias Wargon, sans rien esquiver des difficultés : « J’en ai partout, il me faut du personnel en plus ! ». Un peu après « c’est vraiment la merde ce matin ». Et encore « c’est un Monsieur qui a attendu une heure dans l’ambulance afin de lui trouver une place ».

Mais face aux problèmes de notre système de santé et de nos hôpitaux publics, Premières Urgences est à la fois un documentaire qui donne à voir le réel mais devient presque fiction quand les jeunes deviennent les vrais acteurs de leur propre vie et nous donnent à penser, rêver, imaginer au-delà du réel. L’hôpital Delafontaine est en région parisienne mais l’action pourrait se dérouler à Marseille, à l’hôpital Nord ou à la Timone. Ou encore ailleurs.

 

♦ Mathias Wargon accueille ses internes ainsi : « Bienvenue ! Je suis le chef de service. J’espère qu’on va passer un bon semestre. Et donc l’idée c’est que vous passiez six mois bien, que vous vous fassiez plaisir, que vous appreniez la médecine… ».

 

L’injustice d’avoir à payer cher une « écurie »

L’association Le Sel de la Vie s’est construite autour de jeunes qui ressemblent à ces cinq personnages. Des jeunes filles et garçons de nos quartiers qui rêvent de devenir médecin, pharmacien, sage-femme, dentiste, kiné ou infirmier… Dont la belle ambition se heurte trop souvent à l’injustice de devoir payer cher une « écurie » qui prépare aux concours, de ne pas connaître « quelqu’un » qui aide à comprendre, anticiper, surmonter les peurs et dépasser les mauvaises pensées (« Médecin ? J’en rêverais, mais c’est pas pour moi !»).

Avec Médenpharmakiné, l’écurie solidaire, Le Sel de la Vie n’a pas seulement l’objectif de faire réussir les concours aux jeunes qui en rêvent sans y croire. L’association croit aussi que des équipes médicales et soignantes qui portent la diversité des parcours de ces jeunes seront de meilleures équipes pour accompagner la diversité des malades.

Elle a pour objectifs de creuser des sillons pour irriguer le changement dans nos quartiers et promouvoir des émancipations, et d’abord celle des jeunes eux-mêmes.  Le credo de l’association est de rendre tangible l’égalité femme-homme, l’inclusion, la mixité sociale et soutenir des parcours professionnels d’excellence qui nourrissent une cohésion sociale renforcée.

L’association considère à l’inverse de la formule de l’artiste Ben que : « Venir de…n’empêche pas… n’empêche plus de devenir…»

Plusieurs professionnels de l’AP-HM, attachés aux valeurs de l’hôpital public sont personnellement engagés et contribuent à diverses formes de mentorat pour transmettre leurs expertises et leurs savoirs aux jeunes de l’écurie». ♦

 

 

 

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