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Stéven Le Hyaric, un VTT pour alerter

Par Philippe Lesaffre, le 23 décembre 2021

Journaliste

Le projet 666 de Stéven Le Hyaric passe par six déserts ©Florent Schneider

Stéven Le Hyaric se lance des défis physiques hors-normes pour sensibiliser au dérèglement climatique. Dernier en date, il a commencé à traverser à vélo des déserts du monde entier et affronte ainsi des températures extrêmes. Pour la bonne cause.

 

L’été dernier, le cycliste Stéven Le Hyaric a traversé à vélo le désert namibien. Souvent sous un soleil de plomb, l’aventurier a pédalé 4 300 km en 18 jours, soit la première étape de son « Projet 666 » (bonus). Une initiative un peu folle visant à rouler sur six déserts mythiques situés sur l’ensemble des continents, afin de sensibiliser aux fragilités de la planète et à l’amenuisement des ressources. L’idée, dit-il : « Montrer la beauté de la Terre, ses paysages, sa faune, dévoiler sa splendeur afin de la préserver. »

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L’aventurier devrait s’attaquer, au printemps 2022, au désert de Gobi ©Florent Schneider

À 35 ans, Stéven Le Hyaric est un récidiviste. Jamais loin d’un deux-roues, l’aventurier aime les challenges. Il a imaginé ce projet totalement dingue… en traversant l’Himalaya d’est en ouest à VTT. « J’avais vu des populations migrer sur des territoires plus vivables pour eux afin de mieux se nourrir et s’hydrater. Les réfugiés climatiques sont de plus en plus nombreux, en Asie comme ailleurs », précise-t-il.

 

Namibia Deserts project

Plus de neuf mois après avoir été dans le désert du Namib, « l’un des plus vieux du monde« , comme il l’explique, l’aventurier devrait s’attaquer, au printemps 2022, au désert de Gobie, situé entre la Chine et la Mongolie. En attendant la suite des événements, Stéven a sorti, juste avant les fêtes de fin d’année, son premier ouvrage, après une campagne de prévente sur Ulule réussie (plus de 220 contributeurs) : Namibia Deserts project. C’est un carnet de bord (publié aux éditions Phénicie), dans lequel il revient sur son périple et dans lequel il mêle textes et photos. Des clichés pris par les deux personnes qui l’ont suivi via un chemin parallèle à bord d’un véhicule (sur le toit duquel chacun passait les nuits, loin du sol et des rampants) et avec munitions et bouteilles d’eau potable. « C’était vraiment un rêve d’enfant de partir à l’aventure dans ce lieu, ajoute-t-il, il y avait une espèce de pureté, de calme, même si c’est très dur physiquement… »

Le plus compliqué ? Enchaîner les journées et surtout s’adapter aux températures extrêmes. « En Namibie, il y avait de grandes différences entre la nuit (0°) et la journée (près de 50°). La chaleur arrivait très vite, vers 9h30, et tombait juste après 17h. » Le corps souffre, le mental peut être en berne… « J’ai traversé des zones qui se trouvent à plus de 1 800 mètres d’altitude. Il faut une grosse préparation physique, notamment pour tester sa résistance là où il fait très chaud ou très froid. » Utile dans la mesure où il veut poursuivre, après le désert de Gobi, son « Projet 666″… en Antarctique, à la fin de l’année 2022. « C’est comme un militaire : il faut se tenir prêt à partir en permanence », sourit Steven.

 

 

Faire passer des messages à vélo

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Stéven Le Hyaric, 35 ans et la planète en bandoulière ©Florent Schneider

Or, cela vaut le coup, selon lui. Car ses aventures lui permettent de « faire passer de nombreux messages« . D’abord sur l’importance de pratiquer une activité sportive, que ce soit dans des conditions extrêmes, ou non. « Je pédale dans des endroits qui font rêver, c’est magique, alors j’arrive à inciter quelques-uns à sortir un deux-roues. » Il en est certain : « Le vélo deviendra de plus en plus central, y compris dans les villes. »

Ensuite, en particulier sur Instagram, il mentionne les fragilités de la planète et les dérives de notre surconsommation. « J’ai réalisé, il y a quelques mois un Paris-Dakar, et j’ai par exemple montré les collines de plastiques. Je me souviens, il y avait beaucoup de déchets d’origine américaine. C’est révoltant. » Or, voit-il poindre un changement de comportements autour de lui ? « Les gens qui me suivent sont assez jeunes, dans l’ensemble. Il y a un petit coup de pied aux fesses, c’est positif… »

Aujourd’hui, il apprécie de jouer ce rôle de « lanceur d’alerte », comme il dit, et semble à sa place. Pourtant, le fils de Patrick Le Hyaric, ex-eurodéputé communiste (entre 2009 et 2019) et ancien directeur du groupe L’Humanité, a longtemps cherché sa voie.

 

Burn-out et contemplation de la nature

À la fin de sa carrière de cycliste (en amateur, en particulier au sein du club CC Villeneuve Saint-Germain), en 2011, Stéven s’est transformé en consultant free-lance pour des personnalités. Communicant pour une marque automobile pendant le Tour de France, puis pour la Fédération française de triathlon. Autant de missions qui ne lui convenaient pas au final. « Elles ne m’ont pas rendu heureux, et j’ai ressenti une forme de burn-out… » Alors il a tout lâché. « Je suis parti au Népal. Je n’en pouvais plus du sport de haut niveau et de la culture de la performance poussée à l’extrême… »

Il s’imagine un temps moine bouddhiste, pratique un peu de méditation silencieuse, s’aventure au Népal, rencontre Matthieu Ricard à Katmandou, mais comprend qu’il est fait pour s’évader… loin de tout, avec son vélo, son meilleur allié. Manière également de contempler son environnement, activité que ce garçon épris de liberté a toujours appréciée, aussi loin qu’il s’en souvienne. « Enfant, je me posais dans un arbre à observer les oiseaux, je me promenais en forêt« , explique en effet le trentenaire, issu d’une famille d’agriculteurs. Loin du milieu des siens, à mille lieues du monde politique et journalistique qu’a connu son père, Stéven a tracé sa route, en solitaire. Maintenant, il sait quelle direction il prend. Et pourquoi il transpire. La Terre sue… ♦

 

Nos soutiens 9parraine la rubrique « Environnement » et vous offre la lecture de cet article *

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Traversée du désert de Namibie ©Florent Schneider
Bonus
  • Le « Projet 666″ : Sensibiliser (citoyens, entreprises, politiques) sur le dérèglement climatique, et plus particulièrement sur la désertification des territoires, en traversant 6 déserts sur 6 continents en 6 mois. Le tout à vélo. En traversant les plus vieux déserts du monde, ceux que Stéven Le Hyaric considère comme les plus hostiles pour l’homme et toute forme de vie. Les déserts d’Atacama, de Gobi, Arctique, Antarctique, désert de Simpson en Australie, et déserts du Kalahari et Namib sur le continent africain.

 

 

 

 

 

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