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Tourisme #3 : Et si on préférait le train ?

Par Juliette Pic, le 23 juillet 2021

En gare de Niolon, le TER de la Côte Bleue est déjà une invitation au voyage - ©CC_Didier Duforest (recadrée).

On peut s’accorder un voyage en avion à l’autre bout du monde. Mais on peut aussi essayer de trouver une autre solution. Partir moins loin, par exemple et choisir un autre mode de déplacement. Dans les années 1990, la SNCF avait pour slogan : « À nous de vous faire préférer le train ». Il est temps de le prendre au pied de la lettre. Et de renouer avec la couchette.

 

Cet été, Mathilde, jeune musicienne habituée à randonner en bivouac, part de Genève pour rejoindre la Vanoise. Depuis Genève, ça n’est pas si loin, mais tout de même : « près de huit heures, avec une escale à Grenoble », s’amuse-t-elle. Peu importe : pour elle, les vacances commencent avec ces heures de trajet. Comme beaucoup, « avant », elle partait toujours loin, « et en avion. J’adorais ça ». Une prise de conscience plus tard, elle ne conçoit ses voyages qu’en train, en bus, ou en covoiturage.

Renoncer à partir loin pour éviter l’avion, puis renoncer à prendre l’avion tout court : le pas est vite franchi. En quelques minutes, un calculateur d’empreinte carbone livre un résultat sans appel : un Paris-Nice « coûte » 9,41 tonnes de CO2 en avion, contre 0,3 tonne en train.

 

 

Reporter les trajets de moins de 4 heures sur le train

Le Réseau Action Climat publiait il y a quelques semaines à peine une étude intitulée : « Le train peut-il absorber les voyageurs des lignes aériennes intérieures en France ? ». C’était déjà le postulat de la Convention Citoyenne pour le Climat : basculer les trajets de moins de quatre heures de l’aérien vers le ferroviaire.

Sans surprise, le Réseau Action Climat abonde dans ce sens. Ce transfert « permettrait de multiplier par trois le bénéfice climatique de la mesure, avec une réduction des émissions de CO2 issues des vols métropolitains de 33,2% contre 11,2% ».

L’étude affirme en outre que le réseau ferroviaire actuel serait en mesure d’absorber le trafic aérien sans grandes modifications. Et souligne que « le report des voyageurs aériens vers le train ne justifie a priori aucun investissement supplémentaire sur le réseau, hormis ceux déjà actés, programmés et financés ».

Le train-couchette

L’avion est souvent une solution de facilité, notamment parce qu’il réduit les distances et qu’en un claquement de doigts, on est déjà à plusieurs centaines de kilomètres. Mais réjouissons-nous : le train de nuit reprend du service ! Voilà qui devrait pallier à ce problème de temps « perdu » sur la durée des vacances.

Qu’il semble loin, le temps où Guillaume Pépy, alors à la tête du groupe SNCF, souhaitait en finir avec les réseaux de trains de nuit, jugés dangereux et coûteux et ne vivant selon lui que du soutien de l’État, comme il le disait en 2017 au micro de France Inter :

Aujourd’hui le train de nuit reprend du galon, montrant son utilité dans les territoires peu ou pas desservis, en montagne notamment, son intérêt écologique et sa compétitivité face à l’aérien.

Ce revirement de situation n’en est qu’à ses balbutiements, tant le saccage de ces réseaux un peu partout en Europe a réduit l’offre à peau de chagrin. Il revient pourtant, doucement mais sûrement.

En 2018, la ministre des Transports Elisabeth Borne change de cap et annonce « plus de 30 millions d’euros » pour la rénovation des trains-couchettes. Le ministre des Transports Jean-Baptiste Djebbari est sur les mêmes rails et promettait en début d’année : « une dizaine de trains de nuit en 2030 ».

Tourisme #3 : Slow tourisme, et si on préférait le train ? © collectif Oui au train de nuit
© collectif Oui au train de nuit

Le réseau reprend donc du service, avec la remise en circulation du Paris-Nice by night, inauguré par le premier ministre en mai dernier, et l’arrivée de compagnies spécialisées, comme Midnight Trains, qui compte proposer des voyages dans toute l’Europe.

En tout cas, l’autrice de ces lignes se rappelle avec émotion un Paris – Rome en train couchette. Une expérience en forme de petite aventure, la nuit apportant toujours une atmosphère d’ailleurs et rendant plus élastiques l’espace et le temps.

La voiture, mais à plusieurs

Vous n’êtes pas convaincu par le train, de jour comme de nuit ? Choisissez le covoiturage !

Si l’on s’en tient aux chiffres de l’Agence européenne pour l’environnement (Eurostat), le taux d’occupation des voitures en France se situe depuis 40 ans autour de 1,8 personne. Si on considère en parallèle le rapport du WWF sur la question des SUV, et celui du Comité des Constructeurs Français d’Automobile indiquant une croissance du parc automobile en 2019 pour un nombre de ménages stables, il y a de quoi déprimer sérieusement.

Pour autant, restons positifs : le covoiturage est une solution alternative idéale. Une bonne manière d’inverser les courbes statistiques et de commencer ses vacances en faisant de nouvelles connaissances. Une bonne manière aussi de réduire le taux de carbone en évitant les embouteillages ou la fabrication d’une voiture supplémentaire.

En France, on compte près d’une centaine (!) de sites de covoiturage, c’est dire l’engouement pour la pratique. Une réglementation existe d’ailleurs, régie par le ministère des Transports. Elle précise les règles notamment en ce qui concerne les données personnelles et la transaction.

Si le covoiturage concerne avant tout des déplacements quotidiens domicile – travail, une étude BlaBlaCar citée par le ministère de l’Écologie indiquait tout de même : « En 2018, 272 746 tonnes de CO2 sont évitées en France grâce à la pratique du covoiturage sur des distances moyennes d’environ 239 km par trajet et la présence de 3,5 personnes par véhicule en moyenne ».

Le boum du cyclotourisme

Aucune de ces solutions ne vous convient et vous préférez le vélo ? Et si vous faisiez votre tour de France ? Le site France vélo tourisme propose des itinéraires en voie cyclable pour tout niveau, du cycliste grimpeur au touriste en famille.

Tourisme #3 : Slow tourisme, et si on préférait le train ? - © Juliette Pic
Et pourquoi ne pas faire un tour en vélo jusqu’à Helsinki, où il règne en maître – © Juliette Pic

L’Europe n’est pas en reste : EuroVélo recense les routes cyclables d’Europe. On peut partir du sud de l’Espagne et se rendre au nord de la Norvège, de l’ouest du Portugal jusqu’à la lointaine Russie, à vélo.

Plébiscité, le cyclotourisme est de fait un moyen de valoriser le slow tourisme en ajoutant une pincée de conscientisation. En douceur, on (re)découvre des paysages sous un autre angle. Engagé ou non, le cyclotouriste promeut de fait un tourisme plus durable et plus respectueux de la nature et l’humain.

Et si vous ne vous sentez pas la force de faire Marseille – Helsinki à vélo, vous pouvez toujours opter pour une randonnée plus courte, et vous y rendre en train ! ♦

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