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Véligood, la vie solidaire des vélos

Par Zoé Charef, le 13 juin 2022

Journaliste

Chez Véligood, la structure d’insertion iséroise, on collecte, on répare et on vend des vélos. Certains sont même destinés à la mobilité professionnelle des personnes en insertion. On s’y applique aussi à réduire les déchets et les coûts de réparation. Tous en selle ! 

 

« Votre vélo a des problèmes ? Nous avons des solutions ! » peut-on lire sur le site internet de Véligood, rubrique révision/réparation. Anne Barbier, l’encadrante technique d’insertion de l’association, détaille les différentes missions, toutes axées autour des vélos et de la récupération. « Et on ne fait pas que de la réparation ! Il y a aussi des vélos solidaires [soit une vingtaine de vélos], destinés à la mobilité professionnelle des personnes en insertion – que ce soit en alternance, en intérim, en stage ou en recherche d’emploi. Les vélos peuvent être loués pour 25 euros par mois. » Un projet mené en collaboration avec le pays voironnais, comme d’autres projets Véligood. « On ne reçoit pas de subvention financière, explique Anne Barbier, mais comme nous sommes des prestataires de service, on rémunère le temps de travail de l’équipe grâce à des contrats et des partenariats. »

De toute façon, la petite structure d’insertion n’a pas vocation à faire des bénéfices, mais plutôt « à sortir un chiffre d’affaires suffisant pour proposer des emplois et activités variés », précise encore l’encadrante. 

Un groupement d’initiatives solidaires

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L’atelier vélo de Véligood, ici avec une stagiaire © groupe Adéquation

Véligood voit le jour en octobre 2020 grâce au Groupe économique solidaire Adéquation implanté à Voiron (Isère). La structure développe plusieurs activités ayant pour but l’accès au travail pour tous. Entre l’entretien d’espaces verts pour des collectivités locales et la blanchisserie, l’univers du vélo a trouvé sa place.

Avec l’intention de développer l’utilisation des deux-roues dans le pays voironnais, Véligood travaille par exemple en partenariat avec le restaurant La Belle Chartreuse pour livrer les repas aux clients.

Toujours pour réduire les déchets et les coûts de réparation, Anne raconte que les trois personnes en parcours d’insertion chez Véligood réparent les vélos des particuliers. « Dans notre atelier, ils réalisent des travaux assez classiques comme le réglage des freins et le changement de pneus. Et sur tout type de vélo, ancien ou nouveau, électrique ou non ! » C’est d’ailleurs l’activité en pleine croissance dans la structure, notamment sur la période estivale.

 

 

« Je me perfectionne à la mécanique des vélos »

Emmanuel, une cinquantaine d’années, est en parcours d’insertion chez Véligood. Il a postulé après de cette entreprise d’insertion parce qu’il recherchait « un job qui a du

 sens, un job d’avenir. Pas un travail dans une grosse entreprise avec un gros rendement et du gaspillage. Je voulais aussi faire quelque chose

 d’adapté au bien-être des gens et de la planète. » Pour lui, cette structure était parfaite : « On a en plus la chance d’être une association solidaire, donc on aide à la mobilité des gens démunis et en précarité. » Chargé de remettre des vélos en état pour ensuite les vendre, Emmanuel se dit épanoui. « Je me perfectionne à la mécanique des vélos. J’espère aussi en apprendre plus sur les modèles électriques et l’électricité. » Anne soutient que pour travailler chez Véligood, il faut avoir une appétence pour le vélo… et être prêt à s’engager, « notamment à faire du vélo toute l’année, peu importe la météo ! » Du moins pour les livreurs-cyclistes. 

 

♦ Lire aussi : À Lyon, le modèle vertueux des Free Velo’v

 

La dimension politique de travailler chez Véligood

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L’équipe Véligood devant son atelier. © groupe Adéquation

Structure d’insertion depuis mars 2021, Véligood s’agrandit petit à petit. L’encadrante technique accorde beaucoup d’importance à la dimension insertion de l’association. « Nous accueillons des gens en chômage longue durée ou qui ne trouvent pas leur place dans le monde professionnel classique. Ici, ils se réapproprient le monde du travail et effectuent des tâches variées. On s’adapte à eux ! » Emmanuel travaille par exemple à temps partiel. Un choix de vie, selon lui : « Je ne souhaite pas travailler plus de 26 heures par semaine parce qu’en travaillant moins, j’espère faire travailler plus de gens. En fait, il y a une dimension politique au choix de travailler chez Véligood. »

Entré dans l’association il y a un mois, Emmanuel s’imagine bien continuer à travailler ici. Et les projets ne manquent pas, comme le souligne Anne :
«
D’ici novembre, on fera des ramassages de déchets dans le centre-ville de Voiron, avec deux vélos et deux remorques. Ça évite que des camions circulent dans la ville ! ».

 

 

Le vélo c’est la santé !

L’autre axe d’évolution porte sur le (ré)apprentissage de la pratique du vélo. L’équipe aimerait mettre en place des ateliers pour les personnes qui n’en ont plus fait depuis longtemps. « On organise déjà de tels ateliers deux fois par an, mais ça reste trop peu. Il faudrait pouvoir en proposer plus régulièrement. Il faut du temps pour réapprendre le vélo », confie Anne Barbier.

Mais si une inquiétude reste présente, c’est bien celle du financement des personnes en parcours d’insertion. « Notre objectif est de stabiliser nos finances sur toute l’année. On y travaille, mais on doit trouver l’équilibre entre les périodes bien remplies estivales et les périodes plus creuses. » Cela-dit, le bilan est positif ! Et Emmanuel de conclure : « Le vélo, c’est intéressant parce que c’est comme un ami de la famille. Pour beaucoup de gens, c’est un peu précieux, ça permet de se déplacer, de voyager localement, et ça fait du bien à la santé ! »

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