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Un ballon de foot éco-responsable

Par Maëva Gardet Pizzo, le 9 avril 2022

[bref] 27 000 tonnes de déchets chaque année. Une main-d’œuvre payée en dessous du seuil de pauvreté… La production des ballons de foot cache une réalité bien peu reluisante. Une entreprise tente d’y remédier en proposant un ballon cousu main par des personnes en insertion, à Marseille et au Kenya. Avec des matériaux recyclés.

Quel objet fédérateur qu’un ballon de football ! Tous les quatre ans, les finales de Coupe du Monde réunissent un milliard de personnes, au même moment, derrière un écran de télévision. Mais derrière le rêve, la réalité de la production de ce produit emblématique a de quoi laisser perplexe.

Chaque année, 60 millions de ballons sont ainsi fabriqués, consommant un total de 27 000 tonnes de plastique. Et ce sont autant de déchets produits sur la même période puisque la durée de vie moyenne d’un tel ballon n’excède pas un an.

Or, « il n’existe aucun savoir-faire en matière de réparation, de revalorisation. Ni de filière de récupération », pointe Jean-Baptiste de Tourris, cofondateur des ballons Vista. D’autant que les ballons de football sont constitués à 100% de sept types de plastique.

Et côté conditions de travail, pas de quoi se réjouir non plus puisque les ballons sont tous produits en Asie dans des conditions de travail obscures. En échange de rémunérations ne permettant pas de vivre dignement.

 

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Jean-Baptiste et Agathe, fondateurs des ballons Vista. @Vista
Proposer une alternative

Cette réalité, Jean-Baptiste de Tourris la découvre grâce à sa compagne, Agathe. « Elle cherchait un ballon de foot éco-responsable mais elle n’est pas parvenue à en trouver un».

Le couple, qui travaille alors dans le domaine de l’insertion, décide de remédier à cette carence en planchant sur la conception d’un produit respectueux de l’humain autant que de la planète. Et qui soutienne par ailleurs l’emploi local.

« Pour cela, nous avons travaillé avec douze étudiants d’une école d’ingénieur ». Leur but : tester la faisabilité du projet. Pas facile étant donné que le savoir-faire a totalement disparu au niveau local.

Mais le couple parvient à un compromis. « Nous avons trouvé une manière de co-fabriquer un ballon responsable aussi performant que ceux présents sur le marché ».

Concrètement, Agathe et Jean-Baptiste coopèrent avec une ONG présente au Kenya, « Alive and kicking ». Celle-ci les aide à récupérer des matières usagées (revêtement de sièges de voiture et d’avion) qui composent la moitié du ballon Vista. Elle leur permet aussi de faire fabriquer 80% du produit par des personnes en insertion au Kenya.

Les 20% restants – qui consistent en l’assemblage des différents panneaux- reposent sur un atelier d’insertion marseillais, La Ficelle. « Nous n’avons pas pu opter pour une fabrication totalement française pour le moment car du fait du coût de la main-d’œuvre, le ballon aurait été beaucoup trop cher ».

Cousu main, le ballon a la vertu d’être plus solide. Et d’être réparable.

 

Lire aussi : Plus éco-responsable, la mode marseillaise ?

 

Une campagne de prévente qui a vite dépassé les attentes

En discussion avec de grands acteurs comme Décathlon ou la Fédération française de football, l’entreprise souhaite tester le marché en lançant une campagne de préventes qui doit s’achever le 6 mai.

Et en quelques jours, l’objectif de 100 ballons commandés a largement été dépassé. De quoi motiver les jeunes entrepreneurs qui tablent sur la mise en place d’un site de e-commerce courant septembre.

Quant à la gamme – qui comprend pour l’heure des ballons de foot pour enfants, adultes et personnes malvoyantes- elle pourrait s’élargir à d’autres pratiques comme le football à cinq ou même le rugby. Dont la coupe du monde 2023 se déroulera en France.

 

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