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Quand nos parents deviennent nos enfants, comment garder la bonne distance ?

Par Marie de Ménibus

Journaliste

Photo @Jean-Pierre Vallorani

Si la vieillesse est parfois pénible pour ceux qui la vivent, elle peut l’être aussi pour les enfants… Près de 4 millions de Français aident un parent, voire deux. Mais il est difficile de trouver sa place, sans sacrifices inutiles, ni culpabilité excessive. À Marseille et dans la région, l’association 3A propose un accompagnement individualisé. Un soutien précieux.

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Photo @Jean-Pierre Vallorani

Elle n’en peut plus. À chaque fois que Séverine va voir sa mère en maison de retraite le dimanche, elle appréhende : « Elle critique tout, se plaint tout le temps mais moi je n’ai pas le droit de me plaindre. Il n’y a plus aucun dialogue possible. Je suis à bout ». Ce témoignage est loin d’être unique : avoir des difficultés avec son parent vieillissant arrive à tout le monde. Et nombreux sont les ‘’aidants’’ qui oscillent entre détresse, culpabilité et colère. Avec l’allongement de l’espérance de vie (voir chiffres), ces femmes et ces hommes forment une génération pivot, tiraillée entre une fille qui accouche, un petit-fils qui passe son bac, un père en début d’Alzheimer et, pour certains encore, un boulot prenant. « Ils sont sur tous les fronts et ont toujours l’impression de ne pas en faire assez, confirme le Dr Agnès Saraux, gériatre, auteur de Mes parents vieillissent. Du coup, ils culpabilisent ». Sentiment mêlé à une peur lancinante de la vieillesse dans une société où les ‘’petits vieux’’ sont considérés encore comme dépassés, inutiles, voire ‘’encombrants’’. Ce parent qui est en train de décliner sous nos yeux nous renvoie à notre possible devenir, nous confronte à la mort, la sienne comme la nôtre.

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