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L’empathie, comment ça marche ?

 
Photo Jean-Pierre Vallorani *

Par Paul Molga, journaliste

La faculté que nous avons à nous mettre à la place des autres dépend majoritairement de notre éducation et de notre expérience. Mais de récentes études montrent que la bienveillance provient aussi de nos gènes.

 

Nous ne naissons pas tous avec le même capital d’empathie. La capacité humaine à lire les émotions des autres dans leur regard ne dépend pas que de notre éducation et de notre expérience, elle est aussi influencée par nos gènes, suggère une vaste étude franco-britannique parue dans le journal Translational Psychiatry. Ces travaux ont été menés conjointement par l’Institut Pasteur, le CNRS et les universités de Cambridge et de Paris Diderot, sur 46 000 clients de la société d’analyse génétique 23andMe.

Il n’existe pas de mesure objective de l’empathie. Les scientifiques se sont donc basés sur le « quotient d’empathie » que jauge un questionnaire mis au point en 2004 à l’université de Cambridge. Il mesure les deux types d’empathie dont nous sommes pourvus : cognitive pour reconnaître les sentiments des autres, affective pour y apporter une réponse émotionnelle adaptée. Les personnes sollicitées pour l’étude ont toutes complété ce questionnaire en ligne et fourni un échantillon de salive. Le rapprochement des données a montré qu’au moins un dixième de la variation des sentiments de bienveillance, de compassion et de sollicitude dépend de notre ADN. Les chercheurs ont aussi démontré que les femmes sont en moyenne plus empathiques que les hommes, mais ils suspectent là « d’autres facteurs biologiques non génétiques », hormonaux par exemple, ou des facteurs « non biologiques tels que la socialisation ».

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