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La musique influence-t-elle notre vie ?

Par Marie Le Marois

Journaliste

Classique, électro ou rock, écouter de la musique n’est pas seulement un loisir. Elle agit sur nos humeurs. Selon le morceau choisi, elle calme et adoucit, stimule et fortifie. Des études ont même démontré son impact positif dans certaines maladies. Dans mon travail, elle m’aide à me concentrer. En ce moment-même, j’écoute le sublime Marvin Gaye.

 

Un proverbe populaire dit que la musique adoucit les mœurs. Il est prouvé aujourd’hui qu’elle harmonise notre état intérieur. Musique baroque, spirituelle ou de relaxation apaisent nos sens et atténuent notre agitation. Le tempo lent diminue notre rythme cardiaque et libère notre respiration. Stéphanie Khalfa, chercheur au CNRS à l’Institut de Neurosciences de la Timone à Marseille, a pu vérifier au cours d’une expérience que la musique douce faisait même office d’antistress : le taux de cortisol diminue (voir article). Ecoutez Vangelis, le morceau de l’étude. Quel effet sur vous ?

 

La musique décompresse

Après une journée de travail intense, rythmée par les dossiers à traiter et le relationnel à entretenir, quoi de mieux qu’une décompression musicale, écoutée pendant le trajet boulot-maison ou cinq minutes dans sa chambre ? Pour toute la famille, la musique diffusée dans les pièces communes – Deep House, funk ou Beethoven selon les goûts – peut également diffuser de bonnes ondes. Ou… de mauvaises lorsque le grand de 15 ans met son rap à fond. Dans mon cas, je deviens d’avantage bouledogue que chamallow. Pour me calmer, je m’immerge…. dans une bulle de chants grégoriens et ma respiration se fait naturellement plus lente.

 

Et rend heureux

La musique peut chasser la mauvaise humeur ou pallier une déprime passagère. Le plaisir intense ressenti en écoutant un morceau agit sur notre cerveau par la sécrétion de la dopamine, hormone du bonheur qui régule les émotions négatives et nous rend joyeux. Et si votre ado vous affirme qu’avec sa techno boum-boum, il se sent maître du monde, c’est vrai. La musique, surtout les basses, entraîne en effet un sentiment de puissance et booste la confiance en soi. Bien-sûr, ses effets sont subjectifs. Un même morceau peut provoquer de la tristesse chez l’un, en lui rappelant sans doute un être cher disparu, et chez l’autre une exultation liée à une rencontre amoureuse. La musique a une telle influence sur notre comportement que l’industrie de la mode fait depuis longtemps appel à des designers sonores dans ses boutiques pour amener le client à se sentir bien et donc consommer plus (voir Bonus). La musique peut même fédérer, mettre, provoquer fusion et empathie. Emmanuel Bigand, professeur de psychologie cognitive, chercheur, auteur (Les Bienfaits de la musique sur le cerveau, Ed Belin) et contrebassiste, parle même de l’effet ‘’Woodstock’’ : « la musique peut mettre à l’unisson émotionnel une foule entière. Ce pouvoir lui confère une force de cohésion sociale essentielle dans la plupart des cultures du monde » (article ici). On pense à La Marseillaise dans les stades de foot.

 

La musique atténue la perception de la douleur

Faire son footing en musique peut nous détourner de la souffrance musculaire et adoucir l’effort, offrant une douce impression de s’envoler. Elle est utilisée comme antidouleur dans certaines pratiques médicales, diminuant ainsi l’état d’anxiété et le raidissement du corps. Parfait pour les soins pas vraiment agréables, telle que la coloscopie ou l’arrachage des dents de sagesse ! Stéphane Guetin, musicothérapeute et Docteur en Psychologie Clinique, avec le Professeur Jacques Touchon, spécialiste de la maladie Alzheimer ont même développé un programme de soins par la musique : Music Care.

 

Permet de traiter certaines pathologies

Le neuropsychologue Daniele Schön, violoncelliste et chercheur à l’Institut de Neurosciences des Systèmes à Marseille, a démontré comment la dyslexie peut être traitée grâce à la musique (voir bonus). Il travaille actuellement avec des enfants malentendants pour montrer qu’à travers la pratique musicale, les propriétés rythmiques peuvent améliorer leur perception de la parole. La musique a un impact positif sur certaines maladies neurodégénératives. Dans le cas de l’Alzheimer, elle permet de stimuler les patients, de les amener à communiquer mais aussi de diminuer leurs troubles du comportement (voir interview d’Hervé Platel, musicothérapeute).

 

Et rend plus performant

Rock, électro ou acide-jazz, la rythmique, quelle qu’elle soit, est un bon stimulant. Elle donne énergie et courage quand il s’agit d’aborder des tâches ingrates comme ranger notre cave ou faire notre paperasserie. Une musique douce, de préférence instrumentale – les paroles dans notre langue maternelle sont souvent sources de distraction-, est enfin un formidable outil de concentration. Écoutée dans un casque au bureau, telle une bulle, elle nous affranchit des nombreuses sollicitations (mails, Facebook, conversation de la voisine…). On redevient monotâche et donc plus performant. Selon mon énergie et le sujet du papier que je dois écrire, j’oscille entre Bach joué par Hélène Grimaud, du reggae et Nicolas Jaar. Et vraiment, si je suis raplapla, j’écoute Comme Back To Mee d’Holly Size. Et alors, là mes mains virvoltent sur le clavier. ♦

* Le FRAC Fonds Régional d’Art Contemporain parraine la rubrique « Société » et vous offre la lecture de cet article dans son intégralité.

 

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