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Des conservatoires pour préserver la biodiversité des cépages

Par Frédérique Hermine

Journaliste

Conservatoire de Plaimont @ F. Hermine

Ils fleurissent dans toute la France pour préserver la biodiversité, miser sur des cépages identitaires, chercher des solutions aux problèmes liés au réchauffement climatique et mieux répondre à la demande de vins plus légers et moins chargés en alcool : les conservatoires de cépages. Petit tour en Gascogne.

 

Il semble loin le temps où les vignerons faisaient la course aux rendements et aux degrés dans une logique de produire toujours plus. On se préoccupait moins il y a quelques décennies d’élaborer des bons vins que de faire pisser la vigne, car seuls les volumes payaient. Dans l’Hexagone, le vin était souvent considéré comme un aliment ; on buvait plus et moins bon. L’importance du bien-être et de la santé ayant changé les mentalités et les comportements, les vignerons se préoccupent davantage d’élaborer des jus de qualité pour une consommation de plus en plus occasionnelle. Et suivant l’adage « à bon raisin, bon vin », ils cherchent à mieux exploiter leur vignoble en apprenant à connaître leurs terroirs et leurs cépages (les variétés de raisins). Le réchauffement climatique aidant et le goût général évoluant de plus en plus vers des vins fruités et légers à moindres degrés, la filière viticole s’est attachée à travailler avec d’autres cépages, à moins pousser les maturités pour limiter le degré et éviter qu’il ne dépasse trop souvent les 14,5-15, à moins extraire les tannins… Les vignerons se sont donc replongés dans leurs manuels d’agronomie avec des ampélographes passionnés, ces spécialistes des cépages.

 

Retrouver des cépages autochtones
Des conservatoires pour préserver la biodiversité des cépages 1
@F. Hermine

Dans le Sud-Ouest sont apparus plusieurs conservatoires visant à mieux étudier les caractéristiques des cépages autochtones. D’abord pour élaborer des vins différents et identitaires selon les appellations, afin de préserver la biodiversité et le patrimoine viticole. Mais également pour dompter certains cépages comme le malbec, le tannat, le fer servadou produisant souvent des vins rouges puissants, tanniques et rustiques. Pour mieux lutter contre le réchauffement climatique qui génère souvent un stress hydrique épuisant la vigne. Et pour tenter de trouver des solutions à des maladies dues à de méchants petits champignons (oïdium, mildiou, esca) ou de vilains insectes (flavescence dorée) menaçant la production du vignoble et l’économie viticole.

 

Chercher des cépages moins fragiles

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