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Aix-Marseille Université remet les « humanités » au goût du jour

Par Hervé Vaudoit

Journaliste

Image par lil_foot_ de Pixabay

Alors que depuis un siècle, les forts en maths ont supplanté les forts en thème dans la hiérarchie des études post-bac, l’enseignement supérieur redécouvre les vertus des « humanités » classiques pour former les esprits, sans pour autant renier la valeur des connaissances scientifiques. C’est en tout cas le pari qu’ont fait les enseignants de la faculté Saint-Charles en ouvrant leur licence « Sciences et Humanités », en 2012. Huit ans après, le pari semble gagné.

Jadis considérées comme l’alpha et l’oméga de la distinction intellectuelle, les « humanités » ont peu à peu perdu leur prestigieux statut au bénéfice des sciences dures et de leur langage, les mathématiques. Au point de marginaliser les élites lettrées héritières des Lumières, substituant les forts en maths aux forts en thème au sommet de la hiérarchie sociale, en France comme dans le reste du monde.

Un peu plus d’un siècle après la disparition des « humanités classiques » dans l’enseignement secondaire (1), on constate pourtant leur timide mais bien réel retour en grâce. Plusieurs universités ont ainsi ouvert récemment de nouvelles unités de formation et de recherche (UFR) qui reprennent le terme « Humanités » dans leur intitulé. C’est vrai à Lille, à Bordeaux, mais aussi à Aix-Marseille, où une licence « Sciences et Humanités » existe depuis l’année universitaire 2012/2013.

 

Une autorisation à titre expérimental

Aix-Marseille Université remet les « humanités » au goût du jourInstallée à la Faculté des Sciences de Saint-Charles, à Marseille, l’équipe enseignante ne regrette pas un choix qui, à l’époque, a pu paraître passéiste. Y compris aux yeux du ministère de l’Enseignement supérieur qui refusa, dans un premier temps, la création de ce nouveau diplôme. Au contraire du Conseil national de l’enseignement supérieur et de la recherche (Cneser), qui validera le principe et permettra la délivrance d’une autorisation à titre expérimental, pour un effectif maximum de 60 étudiants. « Avec cette nouvelle licence, nous revenons aux racines de l’université, en renouant avec la grande liberté pédagogique dont disposaient les enseignants à l’origine », se félicite Gaëtan Hagel, un physicien impliqué dès le départ dans le projet.

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