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« Sang gêne » : les ragnagnas décryptées au collège !

Par Paola Da Silva, le 8 mars 2021

Journaliste

Image @ Patricia Moraleda de Pixabay

Depuis fin 2020, le département de Loire-Atlantique mène des actions destinées à lutter contre la précarité menstruelle. Installation de distributeurs de protections, distributions de « kits premières règles »… La collectivité expérimente notamment des actions auprès des adolescents de huit collèges pilotes. Parmi eux, un établissement va plus loin en proposant aux élèves une journée « Sang gêne », qui s’adresse aussi bien aux filles… qu’aux garçons.

Parler des règles à l’ensemble des adolescents afin de briser le tabou. « C’était notre souhait, que les règles deviennent un sujet dont on ose parler. Car même si on touche à l’intime, c’est un phénomène naturel », explique Gaëlle Dubois, conseillère principale d’éducation au sein du collège Louise Michel de Paimboeuf.

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Le kit « premières règles » @Paul Pascal

L’établissement est situé dans une zone rurale de Loire-Atlantique, à 50 minutes de Nantes. Il fait partie des huit établissements pilotes retenus en 2020 par le Conseil départemental pour des actions destinées à lutter contre la précarité menstruelle. La collectivité leur a ainsi livré deux distributeurs de protections menstruelles gratuites. Et chaque jeune fille élève de 6e s’est vue remettre « un kit premières règles », constitué de protections en coton biologique et d’un guide très concrets sur les règles.

 
Un collectif Louise = Michel

Ce collège a été retenu par le Conseil départemental du 44 pour ces expérimentations car, depuis 2020, il organise une journée « Sang gêne » à destination des élèves de 5e et 3e. « Un collectif, nommé Louise = Michel, composé d’enseignants, du chef d’établissement, de l’infirmière… réfléchit au sein de l’établissement à des actions autour de l’égalité garçons/filles et de l’éducation affective et sexuelle. C’est là que nous avons décidé de créer cette journée autour des règles », détaille Gaëlle Dubois.

Ainsi, en janvier 2020, les élèves ont pu naviguer dans une salle d’exposition où la thématique des règles était déclinée de diverses manières. « Nous avons constaté que l’exposition n’était pas assez interactive. Notre collectif essaie de mener des actions innovantes, nous nous sommes donc dit qu’il fallait aller plus loin et avons fait évoluer notre concept. »

 

Mettre une serviette hygiénique, ouvrir un tampon
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Le tablier « démonstration » de l’infirmière @ Paul Pascal

Cette année, l’exposition a donc été proposée sous une forme plus interactive. En plus des panneaux reprenant le sujet des règles dans différentes matières (la problématique des règles dans différents pays, dans le sport, dans l’art…), les élèves ont passé une à deux heures à parler des règles et expérimenter des actions. « Des filles, mais aussi des garçons, ont ainsi ouvert des tampons, mis une serviette périodique dans une culotte… L’infirmière portait en outre un tablier avec des morceaux de tissu qui se soulèvent au niveau du pubis. Dessus est imprimé un utérus à divers moments du cycle féminin. Il a marqué les esprits ! »

Au-delà de l’aspect éducatif, l’objet de cette démarche est aussi de sensibiliser les garçons afin d’éviter les moqueries, les clichés ou les propos sexistes. « C’est vrai que les garçons se demandent d’abord ce qu’ils font là. Mais on voit rapidement qu’ils s’intéressent au sujet. Certains sont contents de trouver des informations concrètes. Et les filles peuvent discuter avec eux, les aider à manipuler les protections. »

 

Des réactions variées
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Protections en libre service @Paul Pascal

Les organisateurs de l’exposition « Sang gêne » ont mis en place un « mur d’expression » afin de recueillir les réflexions des élèves ayant participé. Avec un bilan globalement positif. « Les filles disent qu’elles ont moins de gêne avec les garçons qui sont désormais plus au courant, que les règles sont moins tabou, moins cachées. » Les parents, prévenus au préalable de cette action par le biais d’un courrier du collège, apprécient également. « Ils sont plutôt satisfaits qu’on en parle. On essaie de faire ce travail avec eux. »

Néanmoins, un collège partenaire ayant également organisé cette journée en 2021 a vu plusieurs garçons faire des malaises. Pas de quoi freiner pour autant le collectif Louise = Michel. « Nous poursuivrons l’an prochain en faisant encore évoluer l’exposition pour que les élèves ne se lassent pas. »

D’ici là, d’autres actions thématiques impactantes seront menées au sein du collège. Notamment l’organisation d’une journée de la jupe, portée par les filles… et les garçons ! ♦

précarité menstruelle

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