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À Marseille, le dépistage massif s’intensifie !

Par Olivier Martocq, le 20 avril 2020

Journaliste

[Bref] Les habitants munis d’une ordonnance peuvent se rendre dans des centres référencés mais aussi, depuis une semaine, dans certaines mairies de secteurs. L’IHU Méditerranée Infection que dirige Didier Raoult continue de son côté à tester sans aucune restriction. La dernière antenne ouverte est spécifiquement dédiée aux habitants des quartiers nord. Bref, un parcours sanitaire global se met en place progressivement.

L’IHU délocalise une antenne !

Chaque matin, les marins-pompiers dressent une tente sur le parking de l’Espace Santé dépendant de l’AP-HM qui se situe derrière le marché aux puces, face à la station de métro Capitaine Geze. Un lieu stratégique pour le docteur Saïd Ouichou dont le cabinet est à 100 mètres de là. « Une grande partie de cette population n’est pas confinée. Tout simplement parce qu’il s’agit de personnes qui travaillent dans la sécurité, aux caisses des supermarchés, comme livreurs, magasiniers, brancardiers, éboueurs. Tous ces métiers dont on découvre aujourd’hui qu’ils sont essentiels ». Pour ce médecin, dépister massivement devrait permettre d’éviter des foyers d’épidémie dans ces arrondissements qui concentrent l’essentiel du parc social de la ville. Le passage sous la tente pour le test proprement dit dure moins d’une minute. Il suffit de présenter sa carte Vitale et de donner son numéro de téléphone pour recevoir une réponse sous 24 heures, seulement si le test est positif.

Toujours dans les quartiers nord, deux autres centres de dépistage et d’orientation ont été mis en place : en appui du Château en Santé, Parc Kalliste dans le 15e et du Centre régional de Malpassé, dans le 13e.

Tester les enfants est essentiel pour… les adultes 

Pour le Pr Brigitte Chabrol, cette campagne de dépistage sur une population pauvre, qui échappe souvent aux radars, pourrait s’avérer essentielle au moment du déconfinement. « Nous avons testé 3 300 enfants à Marseille jusqu’à présent. Or 300 d’entre eux étaient porteur du virus mais totalement asymptomatiques. Ils représentaient donc un danger invisible pour leur famille ». La chef de service de pédiatrie au CHU La Timone reconnaît que très peu d’enfants ont des complications dues au virus : « Pour l’instant, nous n’avons pas d’explication scientifique, mais c’est un constat statistique ».

Quand Didier Raoult joue la transparence

Au cœur de la machine de dépistage marseillaise, il y a bien sûr l’IHU Méditerranée Infection. Chaque jour, entre autres données, son site internet publie le nombre de tests effectués : 89 524 au 20 avril soit 10% de la population de la ville. Si ce ratio est à pondérer car une personne peut se faire tester plusieurs fois ou venir d’une autre commune de la région, il n’en demeure pas moins considérable. Évoquant Marseille, Didier Raoult ironise : « On est le pays qui a le plus dépisté au monde ».

…ce qui est loin d’être le cas des autorités sanitaires

À Marseille, il y a des tests pour tout le monde, c’est un fait ! En revanche, comme partout en France, le nombre de cotons tiges disponible reste un secret d’état. Personne – préfecture, ARS, APHM et même IHU – ne veut donner le moindre chiffre. « Car ce serait mettre en évidence le manque criant ailleurs », avancent les responsables contactés. Mais tous reconnaissent qu’il y a un « effet Raoult ». Et que l’infectiologue travaille depuis longtemps sur les pistes d’approvisionnement. Bref, qu’il n’a pas été pris au dépourvu ! ♦

 

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