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Un festival pour dire que l’art n’est pas un luxe

Par Maëva Gardet Pizzo, le 22 septembre 2022

Journaliste

L'ambition : mettre à l'honneur la puissance créative des personnes en situation de grande précarité. Et peut-être changer les mentalités. @C'est pas du luxe

[bref] Du 23 au 25 septembre, la sixième édition du festival artistique « C’est pas du luxe » se tiendra à Avignon. Un rendez-vous quelque peu atypique. Qui met à l’honneur la créativité des personnes en situation de grande précarité.

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@C’est pas du luxe

L’art n’est pas du luxe. Même quand on peine à se nourrir et à se loger. Voilà l’idée qui sous-tend ce festival qui vivra du 23 au 25 septembre, à Avignon, sa sixième édition.

À l’origine, une initiative de la Fondation Abbé Pierre qui accompagne les associations dans leurs actions auprès des personnes mal logées. « Dans ce cadre, explique Patrick Chassignet, responsable du secteur « de la rue au logement » au sein de la Fondation, nous avons accompagné des associations qui proposaient à leur public des ateliers artistiques. Tous nous disaient combien ce type d’activité était intéressant ». Pour les personnes précaires elles-mêmes, qui se révèlent et améliorent leur estime d’elles-mêmes. Pour les travailleurs sociaux qui voient se dessiner des relations plus riches entre eux et les personnes qu’ils accompagnent ; « cela les oblige à sortir de relations habituellement assez descendantes. L’art bouscule la place des uns par rapport aux autres ».

Mais aussi pour les artistes qui interviennent dans ces ateliers. Puisqu’en faisant la rencontre de ces publics, ils « se nourrissent d’autres messages à porter, de questionnements nouveaux sur la vie et la société ».

 

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Sortir les œuvres de leurs sous-sols

Et au-delà de la richesse de la rencontre entre ces trois types d’acteurs, ces ateliers donnent parfois vie à de véritables œuvres. Qui ne sont malheureusement que peu valorisées. « Elles finissent parfois dans le sous-sol d’une MJC [Maison de la jeunesse et de la culture, ndlr], alors qu’elles sont pour certaines très intéressantes ».

Il faut donc les sortir de leurs cartons et sous-sols. Et les rendre accessibles au plus grand nombre. C’est ainsi que la Fondation, en lien avec l’association Le Village et La Garance, scène nationale de Cavaillon, donnent naissance à la première édition du festival, en 2012. A Cavaillon d’abord. Puis Avignon dès 2018. Une ville bien identifiée dans le champ de la culture, ce qui permet de conférer à l’événement une dimension nationale.

 

Un festival pour dire que l’art n’est pas un luxeChanger les mentalités

Ce festival met à l’honneur les créations issues d’ateliers artistiques menés dans toute la France auprès de personnes en situation de grande précarité. Et a vocation à bousculer les mentalités. Non, les personnes en situation de grande précarité ne le sont pas par manque de volonté. Oui, elles peuvent produire du beau, de l’inattendu. Et ont des talents dont la société aurait tort de se priver.

Cette sixième édition compte bien le prouver. 600 à 700 personnes viendront ainsi présenter une soixantaine de propositions artistiques en tous genres, dans des lieux clos comme certaines rues d’Avignon. Des ateliers seront par ailleurs accessibles à tous. Pour que la flamme artistique se répande dans toujours plus d’esprits.

L’an dernier, au moins 3000 spectateurs ont été comptabilisés. Et Patrick Chassignet de se réjouir : « Les gens viennent et reviennent. Parfois de loin. C’est un rendez-vous qui commence à compter ». ♦

 

  • Informations pratiques – le festival est accessible à prix libre. L’intégralité du programme est disponible sur le site internet dédié.

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