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« Un péage urbain pour financer les alternatives à la voiture »

Par Guylaine Idoux

Journaliste

[Aux urnes] #5 « Monsieur autopartage » à Marseille, c’est lui : Yvon Roche, 59 ans, est le directeur de Citiz, l’opérateur historique de voitures partagées dans la région. Lancée en 2002, implantée à Marseille et Avignon, Citiz gère désormais 120 voitures pour 2 800 abonnés.

Son état des lieux : « Depuis quinze ans, il y a une tentative de régénération du centre de Marseille, principalement à partir de l’implantation du tramway et de l’opération Euroméditerranée. Ces ambitieux projets étaient nécessaires. Mais ils ne sont certainement pas suffisants pour permettre aux Marseillais de se sentir « Un péage urbain pour financer les alternatives à la voiture »mieux dans leur ville… La propreté, la civilité, la réduction de l’emprise de l’automobile restent, entre autres, des enjeux vitaux si nous voulons apporter localement des réponses aux questions climatiques, sociales et citoyennes qui sont posées pour notre avenir commun. Une plus grande implication des citoyens dans la gestion de la ville est surtout nécessaire. C’est ce que nous nous efforçons de mettre en œuvre au sein de notre coopérative Citiz Provence. »

 

Ses 100 premiers jours à la mairie : « À Marseille, je lancerai une grande concertation en vue de la création d’un péage urbain, comme à Londres ou Oslo. Les objectifs d’un tel projet : réduire le nombre de voitures qui stationnent en ville, améliorer la qualité de l’air, collecter des recettes pour le financement des alternatives à la voiture individuelle. Un péage incite à choisir un autre moyen de se déplacer, mais aussi, dans un deuxième temps, à habiter plus près de son lieu de travail. Les voitures électriques seront exemptées de péages ainsi que certains métiers. Avec les recettes du péage urbain, je financerai les alternatives à la voiture, aujourd’hui insuffisantes. Je créerai des parkings-relais autour (à Vitrolles, Gardanne, Aubagne…), directement reliés au centre-ville par tram, train ou bus. J’organiserai aussi des points multimodaux dans chaque quartier (tram, bus et métro, mais aussi vélos, voitures partagées, trottinettes…) et je m’inspirerai de Brême, en Allemagne, qui a créé de nombreuses rues à trafic apaisé. Dans chaque quartier, une rue sera mise en cul-de-sac par l’aménagement d’un petit massif fleuri. Il n’y a plus de trafic automobile traversant, uniquement de la desserte locale. À Marseille, de nombreuses artères s’y prêtent, je pense par exemple aux rues un peu larges autour de la place Sébastopol, où cela pourra se faire assez rapidement. » ♦