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Anne Lambert : contrer l’essor des horaires atypiques et « leur débordement sans fin sur la vie privée »

Par Maëva Gardet Pizzo, le 21 septembre 2022

Journaliste

Alors que les horaires à rallonge des femmes cadres ont été étudiés sous l'impulsion de directives européennes, les conditions de travail des femmes peu qualifiées ont été relativement ignorées par la sociologie. C'est pour corriger cela qu'Anne Lambert a souhaité s'y pencher. @MGP

Comment les institutions modèlent-elles nos vies ? Voilà la question qui guide le travail d’Anne Lambert, sociologue à l’Institut national d’études démographiques (Ined). Après avoir étudié l’impact de l’accès à la propriété pour les plus modestes, elle s’intéresse désormais aux conséquences des horaires atypiques de travail. Un sujet qu’elle abordera à l’occasion de la troisième édition du Festival « Allez savoir », organisé par l’École des Hautes études en sciences sociales, en partenariat avec la Ville de Marseille. Qui traitera du 21 au 25 septembre de la thématique du temps.

 

Marcelle : Depuis quatre ans, vous vous intéressez aux horaires atypiques qui concerneraient 36% des salariés en France -les indépendants ayant été mis de côté dans vos travaux. De quoi parle-t-on précisément ?

Anne Lambert : Les horaires atypiques, ce sont les horaires de nuit, très tard le soir, c’est-à-dire après 21 heures. Mais aussi tôt le matin ou le week-end. Sachant qu’il est possible de combiner plusieurs des contraintes horaires.

 

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« La crise a montré avec acuité ce type d’organisation du travail, qui n’est pas l’apanage des pays anglo-saxons » @DR
Pourquoi ce sujet a-t-il retenu votre attention ?

Dans le cadre de ma thèse, j’ai travaillé sur les politiques d’accès à la propriété en faveur des familles modestes. C’est là que je me suis aperçue que beaucoup de femmes de ces familles travaillaient selon ces rythmes. Des infirmières de nuit, des caissières… Elles étaient très loin des horaires de bureau standards, de la norme temporelle fordiste qui s’est imposée pendant les Trente Glorieuses. J’ai eu envie de creuser ce sujet.

Puis le Covid-19 a intensifié la demande d’un travail continu pour les personnes exerçant des métiers du soin, les caissières, les agents de propreté… La crise a montré avec acuité ce type d’organisation du travail, qui n’est pas l’apanage des pays anglo-saxons et des économies libérales.

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