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Projet pilote, Le Passage rempile (de livres) dans les foyers pour mineurs délinquants

Par Nathania Cahen, le 16 janvier 2020

Journaliste

[Au fait !] « Le Passage » est le nom d’un projet de co-construction d’espaces de lecture dans des foyers « PJJ » (protection judiciaire de la jeunesse) de la région Provence Alpes Côte d’Azur. Porté par l’Agence Régionale du Livre, testé en 2019, il inclut plusieurs objectifs : soutenir le développement des compétences des adolescents placés, encourager des rencontres autour du livre et, par ce biais, avec des personnes issues d’horizons divers. La lecture, comme la rencontre de l’autre ou la confection d’un repas en commun, constitue autant de terrains d’expérience, de supports de la réflexion sur soi et de la construction d’une identité.

Au mois de novembre, les professionnels engagés dans la première édition ont fait une restitution et un retour sur cette expérience inédite. « La plupart des retours sont positifs mais pas naïfs, personne ne pensait faire des grands lecteurs de ces jeunes », résume Claire Castan, responsable des projets culture et justice à l’ARL Paca.

« Les livres n’ont pas été massacrés, les divans ne sont pas éventrés. Un certain respect entoure l’initiative. Et les nouveaux pensionnaires se coulent dans cet environnement. »

Une deuxième saison a donc été lancée. Cette fois, chaque jeune concerné par le projet a reçu ou recevra un chèque-livre d’un montant compris entre 30 et 50 euros, afin que l’objet soit le sien et non plus celui d’une collectivité.

Comme en 2019, les étagères et bibliothèques sont fabriqués avec l’aide des Compagnons Bâtisseurs. Avec une nouveauté côté mobilier : les élèves du master design d’objet à Aix ont planché sur des projets d’assises propices à la lecture, mais aussi solides, pas trop envahissantes, avec une fonction rangement. La construction des trois modèles qui seront choisis pourrait être confiée à l’unité bois du lycée Diderot de Marseille. Des élèves de cet établissement sont du reste allés à la rencontre des pensionnaires d’un des CEF du projet. « La rencontre a été fructueuse de part et d’autre ».

Outre les six établissements pilotes qui, tous, renouent avec l’expérience (à Marseille, Martigues, Toulon et Nice), trois autres structures d’hébergement pour les jeunes placés sous main de justice rejoignent l’aventure : le CEF (centre éducatif fermé) de Brignoles, les UEHC (unités éducatives d’hébergement collectif) d’Avignon et des Chutes-Lavie à Marseille. Le budget consacré à l’opération se monte à 60 000 euros, sans compter la création d’un poste de chargée de gestion de ce dossier (mais aussi des projets en milieu carcéral). ♦

 

  • Quelques chiffres : En 2017, la délinquance des mineurs traitée par les parquets a concerné 224 900 jeunes (3,3% de la population âgée de 10 à 17 ans en 2017). 78% sont « poursuivables » et nombre d’entre eux auront une réponse pénale.

Près de la moitié de ces mineurs (49%) ont entre 16 et 17 ans, 42% entre 13 et 15 ans, 8% entre 10 et 12 ans et 1% moins de 10 ans. Les garçons représentent 85 % des mineurs traités par les parquets. Dans la publication Chiffres clés de la justice 2018, le nombre de placements au titre de la jeunesse délinquante représenterait (secteur public et privé confondus) 9 288 jeunes, dont seulement 10% de filles auteures d’infractions.

Tous les placements sont effectués au pénal. Il s’agit très souvent d’accueil immédiat, en alternative à la détention.

 

 

 

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