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« Quelque chose bouge », au FRAC Marseille

Par la rédaction, le 20 avril 2022

Catherine Melin, Sans titre, 2018-2021, Divers objets tramés du quotidien récupérés et graphités. © ADAGP, Paris, 2021.

[bref] La pratique de Catherine Melin est nourrie de ses déplacements et résidences. Elle ne réside jamais pourtant tout à fait : c’est à l’extérieur, passant dans les rues de diverses villes du monde et de leurs périphéries, passant du dessin à la photographie et du glanage à la rencontre, que l’artiste installée à Marseille constitue son vocabulaire. Une langue commune sur les usages et les façons d’habiter, à découvrir au FRAC.

 

Les œuvres de Catherine Melin résultent des rencontres et de ses voyages dans diverses villes. Sans pour autant que l’on expose celles-ci, leurs rues, leurs vies informelles, dans le confort d’un espace de culture occidentale. Ce sont plutôt des nœuds d’usages et de lieux, qui fleurissent dans l’exposition comme sur nos passages dans les rues de Marseille. On y trouve l’essence de ces rencontres impromptues qui balisent nos traversées de l’espace public, et offrent comme un banc pour s’asseoir, un pont pour s’abriter, une esplanade pour s’amuser. Des moments où le corps se prend à contempler, s’éprouver, se poser. Ce n’est pas tout à fait une installation non plus, mais un aménagement provisoire : les chariots, les cerfs-volants se déplacent, rien n’est fait pour demeurer tout à fait.

« Quelque chose bouge », au FRAC Marseille
« Certaines choses font appel à des technologies ou à des objets manufacturés que j’achète, comme les sacs sur les chariots » © FRAC

 

L’art du réemploi

Catherine Melin fait souvent atelier avec les espaces publics qui l’entourent, elle y intègre des objets issus d’autres environnement de voyages. Elle s’en explique : « Cette question du réemploi fait apparaître des éloignements et des proximités ; mes obsessions me font retrouver des choses qui m’intéressent dans la rue marseillaise, et je réhabite ma ville autrement. Dans mes productions, certaines choses font appel à des technologies ou à des objets manufacturés que j’achète, comme les sacs sur les chariots. Mais j’ai aussi besoin de créer une histoire avec les futures installations et les futures sculptures, et donc de trouver des matériaux qui ont un contexte. Le plus souvent ce sont des rebuts, des choses que je trouve dans la rue, jetées… Quand je ne trouve pas ce que je veux, je peux aller aux Emmaüs, à l’abord des chantiers. Ou dans ces espaces de mutations, semblables à ceux que j’ai pu trouver en Chine. À certains moments, ces objets peuvent apparaître dans leur neutralité, c’est-à-dire tels que je les ai trouvés ; il y en a d’autres que je vais m’appliquer à transfigurer. Les jeux d’associations qui font sens pour moi peuvent commencer. »

« Quelque chose bouge » de Catherine Melin ne répond pas tout à fait à nos codes habituels d’exposition. Et c’est ça qui est bien. ♦

 

*Jusqu’au 15 mai au FRAC. 20, bd de Dunkerque, Marseille 2e. Tarif plein : 5 euros.

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